Joyce Echaquan : la famille de cette mère autochtone veut intenter une poursuite

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — La famille de Joyce Echaquan, décédée lundi à l'Hôpital de Joliette, a l'intention d'intenter des poursuites judiciaires.

Elle détaillera ses intentions lors d'une conférence de presse qui aura lieu vendredi après-midi au Centre d'amitié autochtone de Lanaudière, situé à Joliette.

Mme Echaquan, une mère de famille autochtone, s'est filmée avec son téléphone cellulaire de son lit d'hôpital lundi.

Dans cette vidéo, on entend deux employées tenir des propos dénigrants et dégradants envers leur patiente, qui semble très souffrante et qui halète.

Les deux femmes ont depuis été congédiées.

Dans un communiqué, l'avocat de la famille Echaquan et de la communauté, Me Jean-François Bertrand, indique qu'«en raison des circonstances entourant le décès de Madame Echaquan combinées au traitement raciste et dégradant qu'elle a injustement et tristement subi, la famille de cette dernière souhaite obtenir une réparation juste et appropriée».

L'objectif est aussi de «s'assurer que de tels gestes discriminatoires et répétés, d'une violence inconcevable à l'égard des Autochtones, cessent enfin», écrit-il.

Pour l'instant, il n'est pas indiqué si la poursuite vise uniquement le comportement des deux employées de l'hôpital ou si une faute médicale sera aussi alléguée.

La vidéo filmée par Mme Echaquan a largement circulé dans les médias sociaux et a déclenché une onde de choc et d'indignation. De nombreuses voix se sont levées pour dénoncer le racisme existant envers les Autochtones.

Mais pour Me Bertrand, en 2020, la simple dénonciation du racisme systémique est insuffisante : «la triste histoire de Mme Echaquan démontre une fois de plus que rien n'a changé, les Autochtones sont victimes de préjugés et de discrimination injustifiés. Les temps doivent changer».