Un vétéran canadien à la cérémonie de Juno Beach, à Courseulles-Sur-Mer

Jour J: des vétérans émus et heureux d’être là

COLLEVILLE-SUR-MER — En ce 75e anniversaire du débarquement, les vétérans, souvent centenaires ou presque, ont exprimé jeudi leur émotion et leur joie d’être là en ce jour si particulier, même si les cérémonies ont parfois réveillé en eux les images terribles du Débarquement.

Le président Emmanuel Macron a salué jeudi matin à Bayeux les «héros» du débarquement du 6 juin 1944 et souligné l’importance de continuer à commémorer le jour J. «Il ne faut jamais oublier ce que nous leur devons. Ces héros sont vivants et ceux qui sont tombés en martyrs, nous leur devons notre liberté», a-t-il dit.

Dans la foule, souvent accompagnés par leur famille, ces «héros» de toutes nationalités, de moins en moins nombreux, ont reçu un hommage appuyé au cours des différentes cérémonies en Normandie.

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Comme Jack Ewald, 94 ans. Alors qu’il marche doucement sur un chemin du cimetière américain de Colleville-sur-mer, surplombant Omaha Beach, des bateaux militaires passent au large sous un grand soleil rafraîchi par une petite brise.

Déjà venu en 2010, il est aujourd’hui de retour accompagné de sa petite fille pour une cérémonie importante à ses yeux.

«Mon Dieu, je n’aurais manqué ça pour rien au monde», assure-t-il à l’AFP. «Je ne me suis jamais senti aussi en forme de ma vie, je n’ai jamais eu autant d’énergie depuis 10 ans, à voir ces vieux bonshommes qui ont tenu, qui sont encore en vie et je suis très heureux de l’être encore aussi!» affirme le vétéran.

Jack Ewald a participé au Débarquement sur Omaha Beach. «C’était si terrible et horrible et maintenant c’est si beau», constate-t-il. Est-il un héros? «Tout le monde dit ça ici. Mais je suis juste un vieil homme comme les autres qui ont fait cette guerre. Nous n’avons rien fait de spécial. Nous nous sommes protégés les uns les autres».

«Fatigué, mais content»

Pour certains, le retour sur les lieux du débarquement est une première, comme pour le Canadien Alphonse Vautour, bientôt 100 ans. Le 6 juin 1944, il a débarqué sur Juno Beach, dans un tank. Jeudi, il était de retour sur place pour la cérémonie canadienne à Courseulles-sur-mer.

«Ça fait se sentir bien de voir tout le monde; de voir qu’il y a encore de vieux camarades, des vieux soldats... Les vieux soldats, ça meurt pas», lâche-t-il.

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Parmi les vétérans présents, il y a aussi de rares femmes comme la Québécoise Eugénie Turner, 96 ans, qui était dans la division féminine de l’aviation canadienne. Si elle n’a pas débarqué, elle a cependant participé au Jour j.

Parmi les vétérans présents, il y a aussi de rares femmes comme la Québécoise Eugénie Turner, 96 ans, qui était dans la division féminine de l’aviation canadienne. Si elle n’a pas débarqué, elle a cependant participé au jour J.

«Je suis très émotionnée parce que ça rappelle tellement de souvenirs. Mais je suis très heureuse de pouvoir participer», explique-t-elle.

«Je reviens chaque année. Tant que je pourrai, je viendrai, je ne le raterai pour rien au monde. C’est un jour important de ma vie», explique David Leon Teacher, un vétéran britannique de 95 ans de la RAF, lui aussi présent à la cérémonie.

Pour d’autres anciens soldats, ces cérémonies renvoient au drame qui s’est joué sur ces plages il y a 75 ans, comme pour Clifford Guard, 96 ans, qui a débarqué avec les Américains à Omaha Beach et a été blessé à la jambe.

«Je suis fatigué, mais je suis content», explique-t-il. Même si la cérémonie au cimetière américain le rend triste, «ça me rappelle le débarquement. Certains de mes amis ont été tués. Je m’en souviendrai toujours».

«C’était triste de voir les pauvres gars dans l’eau, en train d’essayer de porter leurs fusils et leurs bicyclettes, c’est impossible de les oublier», se souvient aussi Victor Urch, 94 ans, vétéran de la Royal Navy britannique qui a débarqué le 7 juin.

Élections 2019

Sondage Mainstreet: les libéraux écorchés par le «blackface»

L’histoire du blackface de Justin Trudeau fait mal. Les libéraux ont perdu presque 3 % des intentions de vote en trois jours à travers le Canada, laissant passer les conservateurs en tête. Au Québec, par contre, l’affaire a eu peu ou pas d’impact.

C’est ce que révèle le plus récent sondage Mainstreet réalisé du 19 au 21 septembre, soit jeudi, vendredi et samedi, auprès d’un important échantillon de 2124 Canadiens adultes.

«Ce sont nos premières données où on a un échantillonnage complet sondé au moins 24 heures après la sortie publique de Justin Trudeau sur l’histoire du blackface. Et on constate que ça vient égratigner le Parti libéral», affirme le président de la firme pour le Québec, Luc Fortin.

Environnement

Dans la rue pour sauver la planète

Le 27 septembre prochain, des milliers de personnes, principalement des étudiants, se retrouveront dans les rues pour manifester dans le cadre de la grève mondiale pour le climat. Comment tous ces jeunes se préparent pour cet événement d’envergure?

Tout a commencé au début de cette année. Le mouvement Earth Strike avait annoncé une grève mondiale pour le climat le 15 mars, et plusieurs grandes villes dans le monde, dont Montréal, ont voulu y participer.

La Capitale

100 ans et en pleine forme

Paul Reny conduit régulièrement sa voiture, il marche deux fois par jour et joue régulièrement au golf. Il est aussi équipé d’une mémoire phénoménale, il faut demander à ses proches!

M. Reny fête ses 100 ans cette année. Toute sa famille élargie et des amis ont voulu célébrer sa fête, mais aussi sa forme, au Domaine Cataraqui dimanche. Son épouse, ses frères et sœurs ainsi que ses trois enfants sont malheureusement tous décédés, il est le dernier survivant de sa famille proche. M. Reny a été le président de la Chambre de Commerce et fondateur de la première station de radio, à Chicoutimi. Il reste d’ailleurs impliqué dans l’Association des aînés de Sillery.  

Élections 2019

Prestations des anciens combattants: Scheer veut éliminer les retards

CANOE COVE, Île-du-Prince-Édouard — Le chef conservateur Andrew Scheer a promis dimanche d’appuyer les anciens combattants en créant un régime de pensions fiable et surtout, en éliminant les retards dans leurs demandes de prestations dans un délai de deux ans s’il est élu.

M. Scheer a expliqué qu’un gouvernement conservateur passerait par la voie législative pour veiller à ce que chaque vétéran soit traité avec respect et obtienne des services en temps opportun.

«À tous les vétérans qui ont connu et qui continuent de connaître des difficultés sans le soutien et les prestations qu’ils ont mérités à travers leur service, mon message est le suivant : vous avez été trahis, mais vous méritez mieux», a-t-il lancé en anglais, pendant son annonce réalisée à l’Île-du-Prince-Édouard.

Éducation

Commissions scolaires: sur un pied de guerre, la Fédération recherche l’appui des femmes

La survie des commissions scolaires telles qu’on les connaît passera-t-elle par les femmes?

C’est ce qu’espère la vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Louise Lortie. En entrevue à La Presse canadienne, elle demande aux femmes de mettre tout leur poids dans la balance lorsque viendra le temps de débattre du projet de loi caquiste visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de service.

Elle craint que la réforme promise par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’entraîne des pertes d’emplois et que les femmes soient particulièrement affectées. Par ailleurs, elle considère que le pouvoir citoyen doit rester à l’ensemble de la population; les femmes doivent continuer de pouvoir voter aux élections scolaires.

«Je vois ça comme un mouvement d’appui des femmes du Québec aux femmes en politique scolaire, aux femmes qui ont atteint la parité et qui se dévouent dans ce travail-là d’être représentantes des citoyens», a déclaré Mme Lortie, qui est également présidente de la Commission scolaire de Laval.

Selon la FCSQ, la démocratie scolaire est le seul palier électif à avoir atteint la parité entre les hommes et les femmes. À l’heure actuelle au Québec, il y a 309 commissaires et 23 présidentes femmes sur 656 élus scolaires, ce qui représente une majorité de 50,61 %.

Offensive multi-volets

La fédération a lancé une véritable offensive multi-volets en vue du dépôt du projet de loi, prévu cet automne. Elle demande entre autres aux élues de l’Assemblée nationale, tous partis confondus, de l’appuyer en apposant leurs signatures au bas d’une déclaration sur l’importance de préserver la démocratie scolaire.

Déjà, une dizaine d’anciennes élues, telles que Marie Malavoy, Suzanne Tremblay, Élizabeth Larouche, Colette Roy Laroche et Josée Bouchard, ont signé cette déclaration, dont certains extraits se lisent ainsi : «Aucun recul des femmes en politique n’est acceptable. [...] Très souvent, les femmes hésitent à s’engager en politique. Les progrès réalisés à ce chapitre et l’atteinte de la parité seront grandement compromis par l’abolition de la démocratie scolaire.»

Les élus masculins préoccupés par la place des femmes en politique sont également invités à manifester leur appui. «Je vous dis, s’il le faut, je vais les appeler tous, et puis mes collègues commissaires à travers le Québec sont prêts à m’aider à mobiliser l’ensemble de la population, assure Mme Lortie. Je pense que ce mouvement-là va partir et il ne s’arrêtera pas.»

La FCSQ mise sur le fait que les Québécois en général sont désormais beaucoup plus sensibles à l’importance de la parité hommes-femmes dans les lieux de pouvoir, notamment. «La parité fait plus de sens dans la tête de tous les citoyens québécois», insiste sa vice-présidente.

Par ailleurs, l’élimination d’un droit démocratique n’a jamais fait progresser une société, fait valoir Mme Lortie, qui suggère plutôt au gouvernement de François Legault de concentrer ses efforts à améliorer la participation citoyenne lors des élections scolaires en mettant en œuvre des propositions déjà convenues, telles que le vote électronique.

Le Québec compte 72 commissions scolaires. Les élections scolaires sont en général boudées par les citoyens, le taux de participation n’atteignant même pas 5 %.

Actualités

Assignation libre

Le photographe Patrice Laroche revenait tranquillement au bureau après une assignation à Stoneham.

Quelle n’a pas été sa surprise lorsqu’il a vu un cheval dans la file d’attente du service au volant au restaurant McDonald du coin! Il a pu rapidement capturer le moment, avant que le cowboy ne reparte avec son dîner. Il faut s’éloigner du centre-ville de Québec pour assister à des moments comme celui-là. Patrice se trouvait au bon moment, au bon endroit.  

Données techniques: Nikon D4; zoom 70-200mm; ISO 400; 1/500e s; f.14

Politique

«Fake news»: démêler le vrai du faux

Comment faire pour démêler les vraies des fausses nouvelles? Ces fake news se partagent rapidement sur les réseaux sociaux et mènent à une désinformation de la population. Un nouvel outil de littératie médiatique national vient d’être lancé pour aider les internautes à s’y retrouver.

En pleine campagne électorale, cet outil arrive à point. Selon l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI), 70 % des Canadiens craignent que de fausses informations n’affectent le résultat des élections. Il est aussi calculé que jusqu’à 90 % des citoyens ont, à un moment ou à un autre, déjà cru qu’un faux reportage lu en ligne en était un vrai.

«Essayer de contrer les fake news, c’est une guerre qu’on ne peut pas gagner. Si les journalistes devaient trier les fake news, ils y passeraient toute leur journée. Quand on sait ce qui s’est passé aux États-Unis, on sait qu’il y en a qui jouent avec ça en campagne électorale, c’est trop facile de faire fâcher les gens», indique Pierre-Paul Noreau, porte-parole de la campagne Vrai ou Faux en ligne et éditeur du quotidien Le Droit. 

La campagne se déploie partout au pays. Elle espère donner des compétences numériques aux citoyens. Vrai ou Faux en ligne est l’un des 20 projets de la grande initiative de Patrimoine canadien sur la citoyenneté numérique à laquelle Patrimoine canadien consacre 7 millions $. De cette somme, Médias d’Info Canada a obtenu 484 300 $ pour la campagne. L’outil consiste donc en un site Web, qui regroupe les conseils et astuces pour démêler le vrai du faux.

Quatre questions clé

«L’outil fournit quatre questions clés que les Canadiens peuvent se poser lorsqu’ils voient des nouvelles et des informations douteuses en ligne. Celui qui s’alimente de nouvelles par les médias sociaux, c’est surtout pour lui. Il faut regarder d’autres sources pour valider l’information. Ou bien le temps des publications : des fois on ressuscite de vieilles nouvelles qui ne sont plus d’actualité. Il y a aussi les pièges à clics, des moyens de vendre de la publicité en ligne, ça aussi c’est trompeur.»

Les écoles se muniront également d’outils de littératie numérique. Dans la société actuelle, il devient primordial d’équiper les jeunes le plus tôt possible à filtrer les bonnes des fausses nouvelles, surtout s’ils sont déjà actifs sur les médias sociaux. 

«Les vidéos, les images, les textes déformés... on fait tout ce qu’on peut pour faire valoir ses idées, il faut s’armer contre ça et essayer de se prémunir. Si on fréquente davantage les sources que l’on sait fiables, on est moins susceptibles de se faire attraper. Les journaux sont liés à des codes d’éthique, des codes de déontologie. Les gens peuvent facilement contester pour pointer les erreurs. Je pense que si les gens prennent juste un peu de temps, ils peuvent facilement se dépêtrer pour ne pas se faire manipuler.»

Le dernier conseil de M. Noreau? Si un internaute doute d’une nouvelle, rien qu’un tout petit peu, il est préférable de ne pas la partager.

SITE WEB: http://vraioufauxenligne.ca 

Élections 2019

Impôts et cellulaires: les libéraux promettent des baisses

BRAMPTON — Justin Trudeau s’est engagé dimanche à baisser les impôts et les factures de cellulaires, tentant de remettre le thème de la classe moyenne à l’avant-plan après que sa campagne eut été monopolisée par la saga des «blackface».

Le chef libéral était de passage à Brampton, en Ontario, dimanche, pour annoncer que, s’il est réélu, il rendra la première tranche de 15 000 $ de revenus libre d’impôts pour la plupart des Canadiens.

«Avec cette baisse d’impôts, nous sortirons environ 40 000 personnes de la pauvreté - deux fois plus que dans le programme conservateur - et nous rendrons la vie plus abordable pour les Canadiens», a-t-il lancé en point de presse.

Éducation

Plus de 2,3 milliards $ pour rénover les écoles délabrées

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé dimanche un investissement de plus de 2,3 milliards $ dans des projets de rénovation des écoles. Les sommes seront engagées durant l'année financière en cours, mais les commissions scolaires auront jusqu'à trois ans pour mener à bien leurs projets.

Accompagné du président du Conseil du trésor, Christian Dubé, dans l'Est de l'île de Montréal, le ministre Roberge a promis de remettre en état 60 pour cent des établissements scolaires à travers la province d'ici 2022.

«Aujourd'hui, nous lançons une opération grand rattrapage pour retaper nos écoles, qui ont tant manqué d'amour dans les dernières années, a déclaré Jean-François Roberge. C'est une excellente nouvelle non seulement pour les élèves, mais également pour les enseignants et pour tout le personnel scolaire.»

Selon M. Roberge, l'enveloppe consacrée «au maintien des bâtiments et à la résorption du déficit de maintien» est deux fois et demie supérieure à celle qui avait été investie par le gouvernement libéral lors de sa dernière année au pouvoir.

1800 écoles visées

Les projets de rénovation des écoles jugées les plus désuètes seront priorisés.

M. Dubé estime que 60 % des quelque 3000 établissements scolaires du Québec pourront être remis à niveau.

«Ça veut dire qu'il y a 1800 écoles qui vont être touchées et qui sont en ce moment avec un taux de désuétude, c'est-à-dire qu'on dit qu'elles sont vétustes, qu'on a besoin de les améliorer», a souligné le président du Conseil du trésor.

La ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, était également présente à l'école primaire Montmartre, dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies--Pointe-aux-Trembles, car près de 625 millions $ de cette somme seront accordés aux cinq commissions scolaires de la métropole.

Les montants pour chacune des autres régions du Québec seront dévoilés dans les prochaines semaines par les ministres titulaires.

La liste complète des projets de rénovation par école sera connue l'automne prochain.

Plus tôt cet été, le gouvernement de la Coalition avenir Québec avait annoncé l'injection de 1,7 milliard de dollars pour la construction et l'agrandissement d'écoles.

Une remise à niveau du parc immobilier scolaire figurait parmi les promesses électorales de la formation de François Legault.

Environnement

2015-2019 devrait être la période la plus chaude enregistrée depuis 1850

NATIONS UNIES — Les cinq années 2015 à 2019 devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, après le caniculaire été dernier, a rapporté dimanche l’ONU, à la veille d’un sommet climat en présence d’une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York.

La température moyenne pour la période 2015-2019 devrait être plus élevée de 1,1°C par rapport à la période 1850-1900, indique ce rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et qui fournit l’état des lieux le plus actuel sur le climat de la Terre.

Les dernières données confirment la tendance des quatre années précédentes, qui étaient déjà les plus chaudes jamais enregistrées, c’est-à-dire depuis 1850. On savait aussi que juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, avait battu le record absolu de température.

Mais ce degré de différence est une moyenne qui cache des disparités régionales. Les pôles se réchauffent plus vite, et les zones côtières sont plus rapidement menacées.

«Les effets du changement climatique ne sont pas ressentis de façon égale», a commenté le scientifique en chef du bureau météorologique britannique, Stephen Belcher. «Certains pays ressentent certains effets, comme des canicules plus intenses ou des inondations plus graves, plus tôt que d’autres».

Le rapport, publié deux jours après la gigantesque grève de l’école mondiale de vendredi et alors que les dirigeants de la planète convergent sur New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, dresse un bilan sévère de l’inaction des États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et encore, les scientifiques ont tendance à être «conservateurs», a prévenu l’une des responsables du rapport, Leena Srivastava. En réalité, les décideurs publics «doivent agir avec beaucoup plus d’urgence», a-t-elle dit en présentant le rapport dimanche.

Pas de recul des émissions

La liste de mauvaises nouvelles sur l’état de la planète est longue et minutieusement détaillée par le rapport de l’OMM.

Ainsi, la montée du niveau des océans s’accélère. Dans la dernière décennie, le rythme est passé à 4 millimètres par an, au lieu de trois par an, à cause de la fonte accélérée des calottes glaciaires aux pôles Nord et Sud, confirmée par de multiples études et observations satellitaires.

Les émissions dues au charbon, au pétrole et au gaz ont poursuivi leur croissance en 2018 et continueront ainsi jusqu’à 2030 au moins, estiment les scientifiques.

Pour 2019, elles seront «au moins aussi élevées» qu’en 2018, prévoient les scientifiques qui ont planché sur ce rapport pour l’ONU en prévision du sommet de lundi.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait atteindre un nouveau pic à la fin de l’année 2019, selon des données préliminaires, soit 410 parties par million.

C’est pour le professeur Dave Reay, de l’université d’Edimbourg, la pire nouvelle du rapport.

«On dirait un relevé de carte bleue après cinq ans de dépenses sans compter», a-t-il écrit. Poursuivant la métaphore bancaire, il ajoute: «Notre plafond global de crédit de carbone est atteint. Si les émissions ne commencent pas à chuter, le prix sera infernal».

Dans l’état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 à 3,4°C d’ici 2100.

Il en ressort que les efforts anti-carbone des pays doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5°C, comme le prévoit l’accord de Paris de 2015, un objectif que beaucoup d’experts semblent désormais considérer comme illusoire. Ou au minimum par trois pour s’en tenir à +2°C, la limite maximale stipulée par le texte.

En réalité, le réchauffement réel pourrait être encore plus élevé, selon des modélisations climatiques plus récentes, mais qui ne sont pas encore validées par l’ONU, comme celle d’une équipe française qui prévoit +7°C dans un scénario du pire.

«Le fossé n’a jamais été aussi grand» entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient le rapport.

C’est ce fossé que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, veut commencer à combler en accueillant une soixantaine de dirigeants lundi.

Beaucoup de leaders devraient promettre d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, selon lui. À charge pour eux de concrétiser ensuite ces engagements très ambitieux.

Insolite

Un combat entre grizzlys capté sur vidéo en Colombie-Britannique [VIDÉO]

Une Canadienne qui circulait sur l’autoroute Stewart-Cassiar entre Stewart et Meziadin Junction, en Colombie-Britannique, a été témoin d’un spectacle rare, un combat entre deux grizzlys.

Cari McGillivray a partagé vendredi sur Facebook la vidéo d’un duel entre les deux animaux. On peut voir les deux grizzlys se faire face et grogner. Ils ont échangé des coups, passant de la route au fossé pour revenir sur l’asphalte. 

«C'était de loin l'une de mes rencontres préférées avec la faune», a écrit Cari McGillivray dans les commentaires.

À la fin de la vidéo, le plus petit des grizzlys abandonne le combat, poursuivi par l’autre animal. Également, au loin sur la route, on peut apercevoir un loup s’arrêter pour observer la scène.

La vidéo a été visionnée plus d’un demi-million de fois depuis vendredi. Elle a été partagée par plus de 21 000 personnes et a reçu de nombreux commentaires et j’aime.

Justice et faits divers

Un cycliste grièvement blessé à Rimouski

Un cycliste de 25 ans lutte pour sa vie après une collision avec une voiture, à Rimouski, dimanche.

L’accident s’est produit vers 4 h 45 à l’intersection du boulevard René-Lepage (route 132) et de la rue Moreau. Selon la Sûreté du Québec, le cycliste, qui circulait sur la piste cyclable le long du fleuve, ne portait pas de casque. Il aurait traversé le boulevard René-Lepage pour tourner à gauche sans prendre le temps de s’assurer qu’il n’y avait pas de danger. 

L'automobiliste, qui roulait en direction ouest, n’a pas pu éviter le cycliste. La conductrice a été transportée à l’hôpital pour y soigner un choc nerveux. L’homme de 25 ans a été grièvement blessé et on craint pour sa vie.

Un enquêteur spécialisé dans les scènes d’accident s’est rendu sur place et une enquête est en cours pour établir les circonstances précises de l’accident.

Actualités

La projection du «Bat-Signal» à Montréal annulée par les policiers

Montréal n'aura eu des airs de Gotham City que pendant quelques minutes samedi soir. La projection du «Bat-Signal» au centre-ville, qui devait avoir lieu à compter de 20h pour souligner le 80e anniversaire du héros Batman de l'univers de DC Comics, a été annulée à la demande des policiers.

Le «Bat-Signal», ce symbole utilisé par les policiers pour convoquer le ténébreux justicier, devait illuminer la Place Dupuis de 20h à minuit. Il n'a finalement été projeté que pendant une très courte période.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé à La Presse canadienne avoir demandé aux organisateurs — ce ne sont pas eux, ont-ils précisé — de reporter, voire d'annuler, la projection afin de ne pas nuire à une opération dans un parc à proximité de l'édifice.

Un homme souffrant de problèmes de santé mentale se trouvait depuis 17h35 «dans une structure» située dans le parc Émilie-Gamelin, qui est adjacent au lieu de la projection.

Il est finalement descendu à 21h50 au terme de négociations avec les policiers et a été arrêté pour méfait public, a précisé l'agent Jean-Pierre Brabant, un porte-parole du SPVM. Le parc a été entièrement fermé durant l'opération.

Montréal est le seul endroit au Canada qui devait prendre part à l'événement, qui réunit 12 autres villes à travers le monde.

Symbole international

Le troisième samedi du mois de septembre marque l'anniversaire du personnage, créé par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger en 1939.

Le symbole de chauve-souris a d'abord brillé sur le Fed Square de Melbourne, en Australie et, selon le site Web de DC Comics, il devait également faire son apparition à Tokyo, à Berlin, à Barcelone et à Londres.

Le «Bat-Signal» a également éclairé le ciel new-yorkais, avant d'être projeté une dernière fois sur l'hôtel de ville de Los Angeles.

«Le ''Bat-Signal'' est l'une des images les plus facilement identifiables dans toute l'iconographie des superhéros et il sera remarquable de le voir transcender les frontières, les langues et les cultures pour nous unir à travers une seule expérience», a déclaré Pam Lifford, du studio Warner Bros, dans un communiqué plus tôt cette semaine.

Actualités

Saison de la chasse: la SQ rappelle l'importance de quelques précautions de base

MONTRÉAL — La Sûreté du Québec (SQ) profite de la saison de la chasse pour rappeler à ceux et celles qui pratiquent cette activité de ne pas oublier de prendre certaines mesures de précaution de base.

La SQ lance cet appel puisque chaque année, les policiers de la Sûreté du Québec doivent intervenir à la suite d'un signalement pour une personne portée disparue en forêt durant la période de la chasse.

Dans les prochains jours, les chasseurs seront de plus en plus nombreux à s'adonner à leur activité favorite dans les milieux isolés.

À la SQ, la sergente Marie-Michèle Moore a rappelé samedi à quel point il est important de fournir l'itinéraire prévu aux proches, ainsi que la date et l'heure du retour.

Même si les conditions météo peuvent sembler favorables, il faut aussi prévoir une trousse de survie contenant notamment des articles de premiers soins de base et des allumettes, puis être en mesure de s'alimenter si un chasseur devait passer plus de temps que prévu en forêt. Des vêtements pour être en mesure de faire face à la pluie ou au froid peuvent aussi s'avérer pratiques.

Évidemment, les cartes et les boussoles sont des outils très utiles pour les chasseurs, mais les moyens de communication comme un téléphone cellulaire et un GPS peuvent s'avérer indispensables.

Ceux qui possèdent un téléphone satellite devraient aussi connaître le numéro de téléphone des services d'urgence de la région où ils se trouveront, rappelle la SQ.

Actualités

Google prétend avoir atteint la «suprématie quantique»

NEW YORK — Le géant informatique américain Google prétend avoir franchi une étape importante désignée sous le nom de "suprématie quantique" en fabriquant une machine aux capacités bien supérieures à celles des ordinateurs classiques les plus puissants, selon le «Financial Times» vendredi.

Ces calculateurs d'un nouveau type sont capables, pour certaines tâches, de les réaliser bien plus rapidement que les machines actuelles car ils peuvent utiliser des propriétés étonnantes des particules permettant d'échapper aux règles de la physique classique.

Une étude des chercheurs de Google décrivant cette innovation, vue par des journalistes du quotidien économique, a été brièvement publiée sur le site de la Nasa cette semaine avant d'en être retirée.

Les chercheurs y affirmeraient que leur processeur est capable de mener une opération en trois minutes et vingt secondes là où il faudrait 10 000 ans au plus avancé des ordinateurs actuels.

Ils auraient atteint ainsi la «suprématie quantique», en démontrant clairement qu'un ordinateur quantique bat en performance un ordinateur classique.

Une étape «essentielle»

Alphabet, la maison mère de Google, n'avait pas dans l'immédiat répondu aux sollicitations de l'AFP.

Selon les chercheurs de l'entreprise californienne, la machine ne peut résoudre qu'un seul calcul à la fois et l'utilisation des machines quantiques pour de réelles applications industrielles ne se fera pas avant plusieurs années.

Mais c'est «une étape essentielle vers l'informatique quantique à grande échelle», écrivent-ils dans l'étude selon le Financial Times.

S'il existe déjà des prototypes d'ordinateurs quantiques, ces derniers ne peuvent actuellement que réaliser des tâches similaires à celles effectuées par un ordinateur normal, mais plus rapidement.

Des ordinateurs quantiques aboutis pourraient changer la donne dans des domaines tels que la cryptographie, la chimie ou l'intelligence artificielle.

L'entrepreneur de la tech Andrew Yang, en lice pour la primaire démocrate, a salué cette avancée.

«Que Google mette en œuvre l'informatique quantique est une étape importante. Cela signifie, entre autres choses, qu'aucun code n'est indéchiffrable», a-t-il écrit sur Twitter.

Élections 2019

Le coût de la vie est le principal enjeu de la campagne, selon un sondage

OTTAWA — Les données d'un nouveau sondage dressent le portrait d'une population canadienne rongée par l'anxiété et le pessimisme économiques, des résultats qui pourraient expliquer pourquoi l'enjeu du coût de la vie se démarque comme le principal thème de la campagne électorale fédérale.

Toutefois, s'il faut tirer un constat du plus récent coup de sonde mené par Léger, c'est que les électeurs ne savent toujours pas quel parti est le plus susceptible d'apaiser leurs inquiétudes.

Dans son enquête, Léger a demandé aux gens de choisir quelle affirmation correspondait le mieux à leur situation financière personnelle.

Plus d'une personne sur quatre, soit 26 % des répondants, a indiqué que son revenu était adéquat, mais qu'elle avait tout de même de la difficulté à joindre les deux bouts et qu'elle ne s'en sortait pas.

Pour 13 % des répondants, leur revenu est tout simplement trop bas et ils s'enfoncent dans l'endettement.

Chez les 35-54 ans, ce sont 36 % des répondants qui admettent joindre difficilement les deux bouts, même avec un revenu décent, alors que 15 % d'entre eux s'endettent. Il s'agit du taux le plus élevé parmi tous les groupes d'âge interrogés.

Ne cherchez plus pourquoi les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates ont tous passé la première semaine de campagne à courtiser les familles, affirme le vice-président de Léger, Christian Bourque.

«Ils ont probablement des données similaires en main qui leur indiquent qu'il y a là une masse de gens pour qui la vie semble plus difficile», explique-t-il.

Le sondage a été mené du 13 au 17 septembre auprès de 1598 électeurs sélectionnés au sein du panel en ligne de Léger. Comme il ne s'agit pas d'un échantillon probabiliste, il est impossible de définir une marge d'erreur.

Élections 2019

Le «blackface» éclipse une annonce du Parti vert sur la décriminalisation des drogues

Même en l'absence du chef libéral Justin Trudeau qui a pris une journée de repos — tout comme le chef conservateur Andrew Scheer, le «blackface» a rattrapé les autres partis et leurs annonces, sauf au Québec.

Le néo-démocrate Jagmeet Singh, à Toronto, et la chef du Parti vert Elizabeth May, à Winnipeg, ont dû composer avec la controverse entourant la parution de photographies du visage grimé de noir de Justin Trudeau. Le Québec a échappé à la tourmente.

Le chef bloquiste a tenté de profiter de la fenêtre médiatique qu'il disposait pour marteler de nouveau sur le clou de l'environnement.

De l'ombrage aux verts

La controverse a porté ombrage à une importante annonce électorale des verts.

De passage à Winnipeg, Elizabeth May a annoncé que son parti voulait décriminaliser la possession de toutes les drogues actuellement illégales afin de résoudre la crise des opioïdes. Selon elle, il faut que cet enjeu ne soit plus traité «comme un problème criminel», mais comme «un problème de santé».

Mais l'annonce est presque passée inaperçue puisque la chef de la formation a dû passer plus de temps à commenter les photographies de Trudeau que de parler de l'engagement de son parti.

Mme May semblait être plus encline à absoudre M. Trudeau. Un de ses propres candidats vedettes à Terre-Neuve-et-Labrador a reconnu lui-même avoir coloré sa peau dans le passé.

Greg Malone, qui se présente dans la circonscription d'Avalon, a raconté qu'il avait teint sa peau pour interpréter Mahatma Gandhi dans un sketch diffusé pendant un épisode de la série CODCO, une émission humoristique de la CBC dans les années 1980 et 1990. M. Malone en en parlé dans un article publié sur le site internet de la société d'État. Il y soutient que les Blancs doivent faire un plus grand effort pour se placer dans les souliers des minorités visibles.

Actualités

S’élever au-dessus de la maladie... en hydravion!

Hugo Desrochers a combattu une leucémie en 2010. En rémission, il souhaitait s’impliquer auprès d’autres personnes atteintes d’une maladie. Puis il a décidé d’unir ses deux passions, l’aviation et le désir d’aider les enfants, pour créer la fondation Vol d’un survivant à l’autre.

Hugo et son équipe offrent la chance aux enfants malades et à leur famille de faire un tour d’hydravion au-dessus du Lac Saint-Augustin, tout à fait gratuitement. Cette année marque la huitième édition de l’événement.

«C’est comme un petit Rêves d’enfants. La première édition, il y a eu un vol. Après on a grandi, et grandi. L’année passée, il y en a eu 13 et cette année, on est rendu à 34, avec quatre avions pour réaliser les vols.»

En plus de tenir une journée d’activités, où les enfants et leurs familles s’amusent pour ensuite sauter dans un hydravion pour voler au-dessus de la ville, la fondation de M. Desrochers amasse des sous. La somme entière est remise à la Fondation Charles-Bruneau, qui partager leurs valeurs et objectifs.

«Je suis fier de dire que cette journée, c’est notre équipe qui crée l’activité, avec tout plein de bénévoles et de commanditaires. Ça prend quelqu’un du milieu, sinon ce genre d’activité n’existerait pas. La Fondation Charles-Bruneau nous offre un soutien et une notoriété.»

Un cadeau

Samedi en début d’après-midi, M. Desrochers revenait tout juste de compléter un vol avec une famille. Le petit garçon débarquait de l’avion tout heureux, les yeux brillants.

«Les parents disaient qu’il était en traitement de chimiothérapie toute la semaine. Il pensait à son tour d’avion et ça a été sa motivation. Entendre ça, c’est ma paie pour l’année. C’est trippant de voir l’émotion des gens quand on les entre dans l’avion, quand on revient. On sort de l’avion et on est émerveillés.»

L’objectif de cette journée de vol est d’offrir un moment de répit aux familles, de les aider à passer au travers de moments difficiles. Après huit ans, le fondateur et pilote réalise moins de vols qu’avant, il est bien occupé avec l’organisation de la journée, les jeux gonflables ou l’alimentation.

«Au début, je faisais tous les vols, je me suis distancé pour organiser la journée, mais c’est important pour moi de continuer à faire quelques vols pour rester connecté avec ce que j’ai bâti. C’est le plus important.»

Vol d’un survivant à l’autre aura amassé plus de 20 000 $ en dons cette année.

Politique

La CAQ est un gouvernement de climato-sceptiques, selon Dominic Champagne

Bien campé chez les climatosceptiques, le gouvernement Legault ne répondra pas à l'appel des Nations unies (ONU) qui demande d'arriver à New York la semaine prochaine avec des solutions en vue de combattre les changements climatiques.

C'est la conviction du porte-parole du Pacte pour la transition écologique, le metteur en scène Dominic Champagne, scandalisé par l'inaction du gouvernement caquiste après bientôt une année au pouvoir.

Il avait pourtant rencontré M. Legault dans la foulée du lancement du Pacte l'an dernier et même adhéré à la Coalition avenir Québec (CAQ) en signe de bonne foi. Mais au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne publiée samedi, il a exprimé sa déception, mais aussi son espoir que la mobilisation force le gouvernement à agir.

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, et son collègue à l'Énergie, Jonatan Julien, débarqueront à New York la semaine prochaine pour le Climate Week, un grand sommet annuel coordonné par l'ONU, mais Dominic Champagne est persuadé qu'ils ne présenteront aucun plan concret.

Depuis Jean Charest, la tradition voulait que le premier ministre aille en personne au Climate Week, puisque le Québec joue en rôle important en diplomatie climatique chez les États fédérés, mais François Legault y envoie plutôt ses ministres.

«ll n'est pas dans sa zone de confort, il n'est pas prêt, il ne débarquera pas là sans avoir l'ombre d'une solution», a déploré M. Champagne.

Un appel de l'ONU

Pourtant l'an dernier le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait lancé un appel à la société civile, ainsi qu'un cri du coeur aux dirigeants du monde entier, comme quoi «il n'y a plus de temps à perdre» devant l'urgence climatique: il exigeait des solutions pour cette année et non plus des discours.

«Le gouvernement Legault demeure dans le camp des climatosceptiques [ceux qui réfutent le consensus scientifique sur les bouleversements climatiques]», a poursuivi M. Champagne.

«C'est légitime de demander [si les caquistes] sont climato-sceptiques, parce que pour l'instant ils agissent et gouvernent comme des climato-sceptiques. Quels gestes ont-ils posés depuis un an? À peu près le néant. [...] Quelle réponse les ministres donnent-ils à l'appel de l'ONU? Quel plan concret? Le gouvernement est dépassé, déphasé par rapport à l'urgence.»

Il reconnait que la CAQ a mis en place des mesures, par exemple pour encourager l'achat d'autos électriques. Cependant, «ces gestes ne sont pas à la hauteur du défi», et «le préjugé favorable» envers des projets comme l'usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay «vient annuler toute velléité d'effort du gouvernement».

Le Plan d'action du Québec sur les changements climatiques de 2020-2030 se fait encore attendre, tandis que pour le plan 2013-2020, le Québec est en voie de rater sa cible de réduction de 20 pour cent des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport au seuil de 1990.

«Le gouvernement n'a encore rien à nous soumettre et ce qu'il va nous soumettre, je suis persuadé que ce ne sera pas à la hauteur de la situation, a déclaré M. Champagne. Après ils vont se défendre en disant qu'ils sont pragmatiques et qu'on aura encore besoin du pétrole longtemps.»

Garder espoir

Néanmoins il garde espoir et compte sur la mobilisation populaire pour finir par infléchir le gouvernement, «amadoué par une industrie toute puissante qui a “runné la business” depuis plus d'un siècle». Car au-delà des gestes individuels, il faut des politiques publiques pour répondre à la crise actuelle et se «désintoxiquer du pétrole», estime-t-il.

Le Québec a la chance de compter sur une «potion magique», selon ses mots: l'hydro-électricité. M. Champagne appelle le gouvernement à miser une fois pour toutes sur l'inventivité, les ressources et le génie québécois, pour entreprendre un véritable virage vert.

«On a décidé de devenir “maitres chez nous” et fonder notre modernité sur deux valeurs fondamentales: énergie propre et partage de la richesse liée à l'exploitation de cette énergie. Mais aujourd'hui, les projets qui chatouillent le coeur de notre gouvernement sont basés sur une énergie sale au profit d'intérêts privés, c'est tout le contraire de ce que nous sommes.»

Élections 2019

Un bébé en campagne avec les conservateurs

TORONTO — La petite Georgia Hubick n'a que neuf semaines, mais elle accumule déjà des milliers de kilomètres au compteur.

Georgia suit la campagne électorale des conservateurs avec sa mère, Kenzie Potter, conseillère politique principale du chef Andrew Scheer. En sept jours à peine, la petite a visité près d'une quinzaine de villes et villages dans sept provinces canadiennes, alors que sa mère continue d'exercer ses fonctions.

«Beaucoup de gens la voient descendre de l'autocar et ils sont plutôt surpris, ou bien ils demandent: "tu amènes un bébé en campagne?"», a déclaré Mme Potter, dans une entrevue accordée à La Presse canadienne lors d'une rare pause électorale, cette semaine à Toronto. «Je ne sais pas trop s'ils trouvent ça exagéré ou sympathique.»

Andrew Scheer et sa femme Jill, eux, trouvent ça éminemment sympathique. «Je ne pourrais plus imaginer la campagne sans elle», dit le chef conservateur.

Entrainer un bébé dans la tourmente d'une campagne électorale est assez inhabituel pour un membre du personnel politique; mais pour M. Scheer et sa femme, qui sont très «famille», ce choix était tout naturel. Les Scheer ont cinq enfants — Thomas, Grace, Madeline, Henry et Mary, âgés de 14, 12, 10, 8 et 3 ans - et le chef conservateur aime bien rappeler en rigolant que pendant toutes ses campagnes électorales depuis 2004, sa femme était soit enceinte, soit nouvelle maman. «C'est Kenzie qui l'a fait cette fois-ci pour perpétuer la tradition», plaisante M. Scheer.

Il reste que Mme Potter, âgée de 37 ans, ne voulait pas dire à son chef qu'elle était enceinte — et qu'elle allait accoucher environ deux mois avant le déclenchement des élections fédérales. «C'est tout ce dont on pouvait rêver : c'est la coupe Stanley pour nous», déclare Mme Potter, la petite Georgia dans les bras, assise sur un canapé dans un hôtel d'aéroport entre M. et Mme Scheer.

Le moment, par contre, était un peu mal choisi: la conseillère avait l'impression de laisser tomber un ami au moment précis où il avait le plus besoin d'elle. Mais elle soutient que M. Scheer l'a immédiatement rassurée en lui rappelant que pour lui, les enfants sont ce qu'il y a de mieux dans la vie, et il l'a aussitôt invitée à emmener Georgia dans l'avion. «Affaire classée.»

Élections 2019

«Blackface»: Singh ne veut pas devenir un instrument de relations publiques

TORONTO — La campagne du chef néo-démocrate Jagmeet Singh n'a pas fait relâche samedi, pendant que ses adversaires libéral et conservateur s'accordaient une journée de repos.

En après-midi, le chef du Nouveau Parti démocratique est revenu une fois de plus sur la controverse dans laquelle s'est embourbé Justin Trudeau au cours des derniers jours, en raison des vieilles images le montrant avec un maquillage auparavant employé pour dénigrer les personnes noires.

L'équipe libérale avait rapidement contacté les néo-démocrates pour organiser un entretien avec Jagmeet Singh, la seule personne racisée à diriger l'un des principaux partis fédéraux.

M. Singh a précisé samedi que la rencontre n'avait pas encore eu lieu. Il a dit avoir accepté l'invitation, mais à condition que leurs échanges demeurent privés.

«Je ne veux pas être instrumentalisé pour exonérer M. Trudeau, a-t-il fait valoir. Je ne veux pas être impliqué dans un exercice de relations publiques.»

M. Singh a expliqué sa position en point de presse à Toronto, à l'issue d'une table-ronde avec de jeunes leaders communautaires racisés. «Je veux utiliser ma tribune pour amplifier vos voix», leur a-t-il lancé.

Des participants ont relevé que cette saga de blackface ne devrait pas être analysée comme un cas isolé de racisme au sein du Parti libéral du Canada, évoquant notamment les relents colonialistes de leur politique étrangère.

M. Singh a saisi l'occasion pour présenter les engagements du NPD en matière de lutte au racisme systémique. Il propose notamment d'interdire les pratiques policières discriminatoires au sein de la Gendarmerie royale du Canada, comme les contrôles d'identité de routine.

Il s'engage aussi à tenir les réseaux sociaux responsables d'éliminer les contenus haineux et extrémistes sur leurs plateformes.

Le NPD veut également s'attaquer aux disparités salariales liées à l'origine ethnique, de même qu'à la surreprésentation chronique des personnes noires et autochtones dans la population carcérale fédérale par le biais d'une approche collaborative avec les communautés concernées.

Actualités

Près de 500 employés de la Sépaq en grève, perturbant les activités de chasse

MONTRÉAL — Près de 500 employés de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) sont en grève depuis minuit samedi, perturbant ainsi les activités de chasse.

Toutes les 13 réserves fauniques et l'Auberge Port-Menier sont touchées par ce débrayage. Ces endroits demeurent ouverts au public, mais certains services pourraient être affectés. Par exemple, les chasseurs ont accès au territoire et à leur zone de chasse, mais ils pourraient être affectés dans les services de restauration, de ménage ou de guide. Dans ces cas, des remboursements ont été prévus, a expliqué le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin.

Mais avant même d'amorcer le débrayage, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui représente les employés de la Sépaq en grève, a toutefois accusé l'employeur d'avoir planifié le recours à des «briseurs de grève potentiels». Une mise en demeure a donc été envoyée à la Sépaq, vendredi à midi, a indiqué le président général du SFPQ, Christian Daigle, en entrevue à La Presse canadienne samedi matin. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a été mis en copie sur le document.

«On a des informations comme quoi des gens auraient été embauchés comme guides de chasse, qui n'ont pas l'accréditation et qui ne sont pas du personnel d'encadrement, raconte M. Daigle. On sait qu'il y a des gens qui sont arrivés de l'île d'Anticosti, qui ne sont pas des gens de la Sépaq [...] pour accomplir les tâches de nos membres. Il y a également des agents de conservation de la faune qui se sont fait demander de patrouiller sur le territoire de la Sépaq alors que ce n'est pas leur mandat principal.»

Du côté de l'employeur, on conteste la perception du syndicat. Joint au téléphone samedi, le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin, a assuré qu'aucun briseur de grève ne se trouve aux endroits touchés par la grève.

«Il n'y a que des employés-cadres, reconnus comme tels au sens du Code du travail, qui font du travail d'employés syndiqués qui sont en grève présentement», a affirmé M. Boivin.

«Le plan de contingence qui a été mis en place par la Sépaq pour s'assurer de garder l'accès au territoire respecte le Code du travail», selon le porte-parole de la Sépaq, ce que met en doute le syndicat.

«Présentement, tout cadre à la Sépaq ne peut pas accomplir les tâches dans les réserves fauniques parce que ça prend quelqu'un qui a les accréditations, qui fait déjà partie de l'équipe de la réserve faunique, rétorque M. Daigle. Un cadre dans un parc national n'a pas le droit d'aller dans une réserve faunique pour faire le travail, tout comme un cadre embauché après le 1er janvier 2019, donc après le début des négociations.»

Le débrayage amorcé par les syndiqués des réserves fauniques va se poursuivre jusqu'à jeudi matin, à moins d'une entente. D'autres moyens de pression ne sont pas exclus non plus de la part des 2000 autres employés syndiqués de la Sépaq, selon M. Daigle.

Les négociations entourant le renouvellement de la convention collective des employés de la Sépaq sont interrompues depuis mercredi soir, les positions des parties semblant irréconciliables.

Des demandes jugées «déraisonnables»

Plus tôt cet été, les deux parties semblaient pourtant près de s'entendre. En fait, une entente de principe avait même été conclue dans les heures précédant les vacances de la construction, mais celle-ci a été rejetée par les syndiqués qui estiment que leurs conditions salariales ne reflètent pas le coût de la vie. L'entente de principe rejetée prévoyait des augmentations d'un peu plus de 5 % sur cinq ans.

«Les nouvelles demandes viennent augmenter de 50 % le coût de ce qui avait été convenu à l'entente de principe qui était intervenue en juillet, déplore M. Boivin. Ces demandes ont été jugées irréalistes et déraisonnables par la partie patronale.»

C'est ce qui explique, selon lui, que les négociations soient rompues et qu'il n'y ait pas de date de retour prévue à la table de négociation présentement, même si un conciliateur est toujours impliqué dans le dossier.

Du côté syndical, Christian Daigle reconnaît que c'est le volet salarial qui est au coeur du litige. Il ne comprend pas que l'employeur n'a pas modifié son offre depuis le rejet de l'entente de principe, d'autant plus qu'il estime que cela va à l'encontre de ce que souhaite le premier ministre François Legault, lui-même.

«C'est pourtant ce que le premier ministre Legault disait lorsqu'il a dit que les syndiqués devraient s'attendre à avoir le coût de la vie et pas nécessairement plus», en référence à la prochaine ronde de négociations dans le secteur public.

«Si M. Legault offre le coût de la vie pour les employés de l'État, et bien nos membres en font partie», martèle le président du SFPQ qui souligne que la moyenne salariale se situe entre 16$ et 17$ de l'heure pour les employés de la Sépaq.

«Eux qualifient ça de déraisonnable! À travers les dernières conventions collectives, les membres se sont appauvris parce qu'il y a eu l'austérité libérale, la crise économique. Aujourd'hui, le gouvernement du Québec nage dans les surplus budgétaires», ajoute-t-il.

Il a justement été question des surplus budgétaires dans les couloirs de l'Assemblée nationale, jeudi, mais le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, répétait qu'il souhaitait toujours une entente qui respecte la capacité à payer des contribuables québécois.

«Il faut faire attention avec les surplus. Vous savez, il y a d'autres négociations qui s'en viennent, soulignait le ministre en mêlée de presse. On a des gens dans les zecs ou dans d'autres milieux qui nous demandent de respecter leur capacité de payer et si on vient déstabiliser tout le système, à un moment donné ça ne marchera plus.»

La Sépaq compte environ 3000 employés, dont quelque 2500 travailleurs syndiqués avec le SFPQ, et plusieurs employés saisonniers. Tous ces travailleurs sont encadrés par neuf conventions collectives qui font l'objet des négociations actuelles.

Actualités

Le Mont Wright victime de sa popularité

Le Mont Wright est victime de sa popularité. La municipalité de Stoneham-et-Tewkesbury a décidé de limiter l’accès au site afin de préserver la végétation et les sentiers, en plus de réduire le nombre de voitures stationnées dans le secteur.

À l’avenir, seulement 225 randonneurs à la fois pourront s’aventurer dans les pistes. 

«Pour appliquer cette nouvelle politique, un réaménagement de l’aire de stationnement a été déployé à la mi-août et il a été entendu qu’une fois le stationnement complet, la capacité maximale du parc sera atteinte», peut-on lire dans le communiqué diffusé par la municipalité. 

Le stationnement peut accueillir jusqu’à 125 véhicules. Des employés assureront la surveillance du site lors des heures d’ouverture. Ils aviseront les visiteurs lorsque le nombre maximal sera atteint. Ceux-ci devront attendre quelques minutes ou revenir à un autre moment.

La nouvelle a été partagée sur Facebook. Bien que plusieurs internautes se sont montrés déçus, ayant peur de devoir rebrousser chemin à leur arrivée, d’autres ont salué l’idée. 

«Il était temps qu’on fasse des interventions. Je suis soulagée de cette mesure et je trouve vraiment que c’est bien aussi pour la conservation du parc. Les gens vont peut-être être fâchés les premiers temps, mais le message va se faire assez vite», a commenté une résidente du quartier voisin à la montagne, qui déplorait les difficultés de circuler dans le secteur avec toutes les voitures. 

«C’est rendu une autoroute ce sentier... On est loin du temps où on pouvait espérer croiser trois ou quatre personnes sur la montagne dans toute la journée et aller faire de l’escalade sans attendre une heure qu’une voie se libère», a aussi indiqué un adepte de la montagne.

Élections 2019

Le Bloc québécois n'a pas l'intention de finir deuxième au Québec

REPENTIGNY — Contrairement à ses adversaires libéral et conservateur, le chef du Bloc québécois n'a pas pris congé de campagne, samedi. Yves-François Blanchet était en tournée dans Lanaudière pour parler d'économie d'énergie et d'agriculture, mais aussi pour convaincre davantage d'électeurs parce qu'il n'a pas l'intention de finir deuxième.

Selon les plus récentes données sur les intentions de vote des électeurs, le Bloc québécois se trouvait en deuxième place au Québec, à bonne distance des libéraux en tête, mais au coude à coude avec le Parti conservateur.

Ces chiffres semblent motiver le chef bloquiste.

«Notre début de campagne est bon. Mais je vous dirais que pour le bien des Québécois, il se pourrait que la seconde place ne suffise pas», a déclaré M. Blanchet en conférence de presse au parc Lajoie, samedi matin à Repentigny. Nous avons encore un mois, jour pour jour, pour arriver à convaincre, un par un, les Québécois des vertus de notre programme pour représenter et porter leur voix [...] à Ottawa.»

Selon lui, la priorité des électeurs du Québec est la lutte aux changements climatiques et c'est le principal thème sur lequel se déroule la campagne du Bloc.

«Pas l'environnement en tant que reproches, mais en tant que création de plus de richesse pour le Québec», a tenu à préciser celui qui en est à sa première campagne à titre de chef de parti.

Au cours des dix premiers jours de campagne, le Bloc Québécois a demandé un programme pour l'électrification de la flotte d'autobus scolaires, une aide pour rendre accessibles les véhicules électriques ou hybrides aux familles avec des revenus modestes, en plus d'exiger l'arrêt des subventions aux pétrolières pour rediriger les fonds vers les énergies renouvelables.

Élections 2019

Médicaments: Singh réitère son engagement pour une assurance universelle

ESSEX — Tous les Canadiens devraient avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin, a réitéré vendredi le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh.

Les néo-démocrates proposent de dépenser annuellement 10 milliards $ pour assurer la gratuité des médicaments et des appareils médicaux à partir de 2020.

«Nous savons que les gens sont aux prises avec le coût des médicaments», a déclaré M. Singh lors de son passage dans la région de Windsor, en Ontario. Il en a profité pour répéter l’une de ses maximes favorites : «Si on a besoin de médicaments, on doit utiliser sa carte d’assurance-maladie, pas sa carte de crédit».

Un gouvernement dirigé par M. Singh s’appuierait sur ce que les provinces dépensent déjà pour des médicaments et y ajouterait de l’argent. Le programme serait mis en œuvre par les provinces, a dit le chef néo-démocrate. Le NPD étudierait ce qui se fait ailleurs dans le monde et choisirait la formule qui permettrait de couvrir le plus grand nombre possible de personnes.

Le programme néo-démocrate en matière d’assurance-médicaments entrerait en vigueur avant l’échéancier recommandé plus tôt cette année par un groupe d’experts. Celui-ci proposait l’établissement, d’ici le 1er janvier 2022, d’une liste nationale de médicaments essentiels couvrant la plupart des principales maladies et représentant environ la moitié de toutes les ordonnances. Cette liste nationale complète des médicaments assurés devrait être prête au plus tard le 1er janvier 2027.

Selon ce Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, ce plan permettrait d’économiser environ 5 milliards $ par année d’ici 2027. Les Canadiens ont dépensé 34 milliards $ pour des médicaments d’ordonnance en 2018.

Élections 2019

Le Bloc veut que l’accès au REER et au RAP soit ouvert aux sinistrés

MONTRÉAL — Le Bloc québécois demandera au gouvernement fédéral de permettre aux sinistrés d’inondations imputables aux changements climatiques de puiser dans leur REER pour les travaux de réparation, de restauration ou de rénovation de leurs résidences endommagées, et ce, sans pénalité fiscale et sous réserve d’un remboursement dans les 15 ans.

De passage à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, vendredi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a aussi proposé que ceux dont les maisons sont condamnées à la suite de tels sinistres puissent avoir droit au Régime d’accès à la propriété selon les mêmes paramètres.

«Il s’agit d’une démarche qui est à la fois empreinte d’une grande compassion, dont nous avons grand besoin dans ce genre de circonstances et aussi d’un sens des responsabilités dont nous sommes convaincus qu’il saura interpeller tous les partis à la Chambre des communes afin que de telles mesures puissent être mises en œuvre rapidement», a-t-il dit après avoir rencontré des citoyens durement affectés par les inondations du printemps dernier dans cette municipalité.

Le Bloc demande également à ce que ces deux mesures soient rétroactives au 6 mai 2017 pour couvrir également les victimes des inondations d’il y a deux ans.

Sinistres et changements climatiques

La démarche amène toutefois la formation souverainiste fédérale sur un terrain glissant, c’est-à-dire que les sinistrés devront établir «de façon raisonnablement démontrable» que les dommages qu’ils ont subis sont liés aux changements climatiques.

Le chef bloquiste n’a pas cherché à éviter l’écueil. «On anticipe très bien les entourloupettes réglementaires qui pourraient apparaître. Il n’y a de besoin que d’une démonstration raisonnable et non d’une certitude scientifique qui n’existe pas à ce stade-ci», a-t-il tempéré.

Il souhaite aussi aller plus loin dans la lutte contre ces changements climatiques, évoquant la «certitude d’une probabilité élevée qu’il y a une augmentation dans l’intensité et la fréquence des événements [climatiques] extrêmes».

Loi sur les cibles de GES

Il propose donc une loi obligeant Ottawa à respecter ses propres cibles en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Pourquoi? Parce que les gouvernements ont la promesse plus facile que la réalisation en telle matière, dit-il.

«Ça fait 30 ans que le Canada se fixe des cibles et qu’il ne passe même pas proche de les rencontrer. Alors à un moment donné il faut faire quelque chose.»

Le chef bloquiste espère ainsi piéger le prochain gouvernement et les oppositions avec leurs promesses. «Je vois mal comment des partis à la Chambre des communes pourraient être contre l’inscription dans une loi d’objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés», a-t-il fait valoir.

Cette loi contiendrait une prescription pour qu’elle soit reconduite avec de nouveaux objectifs à tous les quatre ans «pour avoir des conversations à chaque campagne sur ce que fait ou ne fait pas le gouvernement canadien en matière de lutte aux changements climatiques».

Justice et faits divers

L’avocat de la présumée taupe à la GRC attend encore les détails des allégations

OTTAWA — L’avocat de l’employé de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) accusé d’avoir tenté de divulguer des informations secrètes «à une entité étrangère ou à un groupe terroriste» affirme qu’il attend toujours les détails des allégations de la Couronne.

Ian Carter a déclaré en Cour de l’Ontario, vendredi matin à Ottawa, qu’il ne disposait que du «synopsis initial» du dossier contre Cameron Jay Ortis. Me Carter a indiqué au tribunal qu’une fois qu’il obtiendra des informations plus complètes de la Couronne, il sera en mesure de fixer l’audience de remise en liberté sous caution de son client.

Cameron Jay Ortis, âgé de 47 ans, était directeur général du Centre national de coordination du renseignement de la GRC lorsqu’il a été arrêté le 12 septembre. Il est accusé d’avoir violé trois articles de la Loi sur la protection des informations ainsi que deux dispositions du Code criminel, dont celle d’abus de confiance.

La Couronne soutient qu’il a tenté de divulguer des informations secrètes à une entité étrangère ou à un groupe terroriste non précisé. L’acte d’accusation énumère sept chefs distincts contre M. Ortis, pour des incidents qui remonteraient au 1er janvier 2015 et qui se seraient déroulés jusqu’à son arrestation la semaine dernière.

M. Ortis, portant la combinaison orange de la prison, a comparu par liaison vidéo lors de l’audience de vendredi.

En arrivant au palais de justice, Me Carter a déclaré que lui et son collègue de la défense avaient demandé à la Couronne «une divulgation complète dans cette affaire».

«Nous ne l’avons pas encore reçue. Nous nous attendons à recevoir une partie de cette divulgation au début de la semaine prochaine», a-t-il dit. M. Ortis doit revenir devant le tribunal vendredi prochain.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, admettait cette semaine que les allégations, si elles étaient avérées, étaient «extrêmement perturbantes» étant donné que M. Ortis avait accès aux renseignements fournis par des alliés nationaux et internationaux. En conférence de presse, lundi, Mme Lucki n’a pas voulu commenter les possibles motivations de M. Ortis ni l’«entité étrangère» qui serait impliquée dans cette présumée affaire d’espionnage.

Elle a ajouté que les soupçons des enquêteurs s’étaient tournés vers M. Ortis à l’issue d’une enquête menée conjointement avec la police fédérale américaine (FBI), qui aurait révélé l’existence d’une taupe à la GRC.

La dirigeante de la police fédérale canadienne n’a pas voulu commenter les reportages de certains médias qui lient l’arrestation de M. Ortis au démantèlement d’une entreprise canadienne, Phantom Secure, qui vendait des téléphones permettant une communication indétectable.

Le FBI et ses partenaires internationaux, y compris la GRC, déclaraient en mars 2018 que le crime organisé et les cartels de la drogue avaient été durement touchés par l’élimination du service de communications cryptées.

La Capitale

Les guichets de retour dans le Vieux-Québec

Après un moment d’absence le temps d’un remplacement par des distributeurs nouvelle génération, les guichets automatiques sont de retour dans le Vieux-Québec.

Il y a une dizaine de jours, Le Soleil avait fait état de cette fermeture temporaire qui avait inquiété des utilisateurs des guichets restés après la fermeture en janvier de la caisse populaire située près de l’hôtel de ville. 

Les nouvelles machines étaient prévues pour le 20 septembre, voilà qu’elles sont apparues vendredi.

Élections 2019

Trudeau s’attaque aux armes d’assaut

TORONTO — S’il est réélu le 21 octobre, le chef libéral promet d’interdire toutes les armes d’assaut de style militaire et de restreindre l’accès aux armes de poing.

M. Trudeau a fait cette promesse à Toronto, vendredi matin, alors qu’il tentait de recadrer sa campagne après l’affaire des blackfaces. Toronto, théâtre de nombreuses fusillades meurtrières, est l’une des villes qui réclament l’interdiction des armes de poing, à l’instar de Montréal.

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Les armes de Bissonnette deviendraient interdites

L’annonce de vendredi a d’ailleurs été faite dans le quartier Greektown, où un forcené avait tiré dans la foule en juillet 2018, faisant deux morts et 13 blessés. Le contrôle des armes à feu est un enjeu important dans la métropole canadienne, une région par ailleurs cruciale pour les libéraux lors de ce scrutin.

L’ancien chef de police de Toronto Bill Blair, nommé après la tuerie de Greektown au nouveau portefeuille de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, avait reçu le mandat du premier ministre de se pencher notamment «sur la possibilité d’interdire complètement les armes de poing et les armes d’assaut au Canada, sans entraver l’utilisation légitime d’armes à feu par les Canadiens».

M. Blair a depuis mené diverses consultations à ce sujet, mais il a déclaré en juin dernier que s’il fallait en faire plus pour lutter contre la violence armée, toute initiative supplémentaire en matière de contrôle des armes à feu devrait faire partie de la prochaine plateforme électorale libérale. Un mois plus tard, Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique en 1989, claquait la porte du Comité consultatif canadien sur les armes à feu, se disant fortement déçue de l’incapacité du gouvernement Trudeau à s’attaquer aux fusils d’assaut.

M. Trudeau a annoncé vendredi qu’un prochain gouvernement libéral interdirait toutes les armes d’assaut de style militaire et qu’il mettrait sur pied un programme de rachat de ces armes. Le chef libéral a déclaré que la promesse d’interdire les fusils d’assaut incluait l’interdiction du AR-15 semi-automatique, l’arme utilisée lors de nombreuses fusillades de masse aux États-Unis.

«Nous savons bien que pour abattre un chevreuil, vous n’avez pas besoin d’une arme d’assaut de type militaire conçue pour tuer le plus grand nombre de gens possible dans le plus court délai possible», a déclaré M. Trudeau vendredi.

Des efforts insuffisants

Le chef libéral a affirmé que la violence armée au Canada avait fait 2500 victimes de plus en 2017 qu’en 2013, «et plusieurs de ces incidents impliquaient des conjoints». M. Trudeau a également reconnu que les efforts de son gouvernement pour remédier à ce problème étaient insuffisants.

Un gouvernement libéral travaillerait maintenant «de concert avec les maires et les premiers ministres de tout le pays pour leur donner la capacité de restreindre davantage — et même d’interdire — les armes de poing». Les Villes de Toronto et Montréal demandent de pouvoir interdire ces armes sur leur territoire.

Un gouvernement libéral adopterait aussi une loi pour suspendre temporairement les permis des propriétaires d’armes à feu qui représentent un danger pour eux-mêmes ou pour leurs proches. M. Trudeau a toutefois promis de protéger les droits des chasseurs respectueux de la loi et il s’est engagé à ne pas rétablir le registre des armes d’épaule, qui avait été supprimé par le gouvernement conservateur précédent.

Ces promesses libérales ont été plutôt bien accueillies par l’organisme PolySeSouvient, «même si l’on aurait pu s’attendre à ce qu’un gouvernement majoritaire élu il y a quatre ans sur la base de “débarrasser nos rues des armes de poing et des armes d’assaut” ait déjà adopté une telle interdiction».

L’organisme regroupant les étudiants et diplômés de Polytechnique pour le contrôle des armes estime toutefois qu’«en ce qui concerne les armes de poing, l’intention de transférer la responsabilité pour des restrictions supplémentaires aux municipalités est décevante».

«Comme nous l’avons répété à plusieurs reprises, l’interdiction de ces armes dans seulement certaines municipalités serait non seulement inadéquate, compte tenu des risques, mais également inefficace.» L’organisme doute par ailleurs qu’il y ait «beaucoup d’appétit au niveau municipal pour confronter le lobby des armes alors que le gouvernement fédéral préfère clairement éviter cette avenue, du moins en ce qui a trait aux armes de poing».