En ce 99e jour du Souvenir, le directeur scientifique de la Fondation Les Voltigeurs de Québec, le colonel Marcel Belleau, a tenu à rappeler la mémoire de trois généraux natifs de Québec qui ont joué un rôle majeur dans la bataille de la crête de Vimy.
En ce 99e jour du Souvenir, le directeur scientifique de la Fondation Les Voltigeurs de Québec, le colonel Marcel Belleau, a tenu à rappeler la mémoire de trois généraux natifs de Québec qui ont joué un rôle majeur dans la bataille de la crête de Vimy.

Jour du Souvenir: trois grands oubliés de Vimy

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Ils sont tous nés à Québec et ont joué un rôle important dans la bataille de la crête de Vimy, cruciale dans la victoire des Alliés lors de la Première Guerre mondiale. Pourtant, très peu de choses rappellent la mémoire des généraux Richard Ernest William Turner, Edward Burstall et David Watson dans la capitale.

En ce 99e jour du Souvenir, le directeur scientifique de la Fondation Les Voltigeurs de Québec, le colonel Marcel Belleau, a tenu à rappeler la mémoire de ces trois généraux natifs de Québec qui ont joué un rôle majeur dans cette bataille qui célèbre son centenaire cette année et à laquelle les quatre divisions canadiennes avaient participé.

Le lieutenant-général Turner, décédé en 1961 à l’âge de 90 ans, le lieutenant-général Burstall, décédé en février 1945, et le major général Watson, décédé en 1922, étaient tous nés dans des familles anglophones bien nanties et occupaient des postes clés dans l’armée canadienne lors de la première Grande Guerre.

«Ce sont un peu des héros oubliés!» explique le colonel Belleau. Le lieutenant-général Turner avait servi dans un régiment de cavalerie lors de la seconde guerre des Boers, où il avait reçu la croix de Victoria pour avoir été blessé en empêchant l’ennemi de prendre les canons canadiens.

«Durant la Première Guerre mondiale, il a commandé la deuxième division canadienne, qui comptait de 20 000 à 25 000 hommes et a ensuite été nommé lieutenant-général à Londres, devenant ainsi chef d’état-major des troupes canadiennes outre-mer durant la bataille de Vimy», raconte le colonel Belleau.

Quant au lieutenant-général Burstall, né au Domaine Cataraqui, il était un artilleur et a lui aussi commandé la deuxième division canadienne, dont il était à la tête lors de la bataille de Vimy. Il a aussi travaillé avec le général Andrew McNaughton à l’élaboration de la tactique des feux roulants qui permet aux troupes d’avancer sous le couvert d’un feu d’artillerie.

De son côté, le major général Watson était un journaliste au Quebec Morning Chronicle, l’ancêtre du Quebec Chronicle Telegraph. Il a fait partie des Royal Rifles of Canada et commandait la quatrième division canadienne à Vimy. «Il avait le travail le plus difficile, car l’endroit qu’il devait capturer était une colline où se trouve aujourd’hui le mémorial à Vimy, mais il a fini par y arriver après trois jours de combats», poursuit M. Belleau.

Après la guerre, le lieutenant-général Burstall s’est retiré au Royaume-Uni, où il est décédé en 1945. Il est inhumé au cimetière de Headbourne Worthy. Quant au lieutenant-général Turner et au major général Watson, ils sont tous les deux inhumés au cimetière Mount Hermon de Sillery.

20 000 personnes aux funérailles

«L’histoire du major général Watson est particulièrement intéressante. Il a déjà fait partie de l’équipe de hockey des Bulldogs de Québec et est devenu l’éditeur de son journal. Il a aussi été président du Port de Québec pendant quelques années», rappelle M. Belleau.

C’est quelques jours après avoir eu un malaise au Cercle de la Garnison qu’il est décédé en 1922. On raconte que près de 20 000 personnes s’étaient massées sur la Grande Allée pour assister à ses funérailles.

Malgré tout, rien ne rappelle la mémoire de David Watson à Québec. En fait, un seul des trois généraux, le lieutenant-général Turner, a été honoré par la Ville de Québec avec une rue à son nom (à Sainte-Foy, près du CHUL). 

«Le lieutenant-général Burstall a été honoré, mais dans l’Ouest canadien seulement. Une ville de Saskatchewan et une montagne albertaine portent son nom», indique Marcel Belleau. Rien ne rappelle la mémoire d’Edward Burstall dans la capitale.

Le colonel Belleau indique aussi que comme les trois vétérans n’ont eu que des filles comme descendants, le nom de leurs familles s’est un peu perdu dans le temps.