Le major Simon Mailloux a perdu sa jambe gauche en Afghanistan en 2007.

Jeux Invictus: «Revivre par les sports»

Huit ans après être reparti en mission en Afghanistan, où il avait perdu sa jambe gauche deux ans plus tôt, le major Simon Mailloux du Royal 22e Régiment codirigera la délégation canadienne aux troisièmes Jeux Invictus qui auront lieu à Toronto du 23 au 30 septembre.
Créés en 2014 à l'initiative du prince Harry, les Jeux Invictus permettent aux militaires et vétérans blessés au front, à l'entraînement ou en service, incluant ceux qui souffrent du syndrome de stress post-traumatique, de se dépasser dans diverses épreuves sportives.
«J'avais déjà participé au Jeux Invictus à Orlando en 2016 au 100m, au 200m, à l'aviron et au volley-ball assis. Cette année, on m'a offert d'être co-capitaine de l'équipe canadienne [NDLR : avec la Gatinoise Natacha Dupuis]. Nous aurons l'une des plus grosses délégations avec 90 athlètes», explique le militaire de 33 ans au Soleil.
De cette délégation, 14 athlètes sont du Québec, dont trois qui sont toujours en service : le major Mailloux, le sergent Jeremy Meyer de Lac-Brome et le soldat Jean-Philippe Plamondon de Valcartier. «Cette fois, je participerai au 100m, au 200m, au 400m et au 1500m de même qu'au volley-ball assis. Je n'ai pas vraiment d'attentes, car la compétition est quand même féroce et, disons-le, je ne suis pas un athlète né», avoue bien humblement le major Mailloux. 
Celui-ci indique d'ailleurs que l'accent est davantage mis sur la participation que sur les médailles. «Même si ça ressemble aux Jeux paralympiques, ce n'est pas les paralympiques. 
Pour plusieurs, le chemin qu'ils ont fait pour se rendre à la ligne de départ est tout aussi important», explique le major Mailloux, qui insiste sur le fait que plusieurs militaires blessés ont ainsi pu «revivre par les sports». 
«Il y en a que ça faisait deux ans qu'ils n'avaient pas sorti de leur sous-sol. Et à travers un camp d'entraînement, on les aide à revenir à la vie sociale», poursuit-il.
Blessé par une mine
Même s'il avoue que les processus de réhabilitation sont tous différents et qu'ils sont difficiles à comparer, Simon Mailloux apprécie le fait de contribuer à voir des collègues et ex-collègues persévérer.
Blessé quand son blindé a explosé sur une mine artisanale en Afghanistan en 2007, Simon Mailloux a perdu sa jambe gauche. Il était cependant de retour avec la mission canadienne moins de deux ans plus tard après plusieurs mois de réadaptation avec une prothèse.
«Je me suis bien adapté à cette nouvelle situation. Les prothèses qu'on m'a offertes m'aident énormément. Elles sont faites sur mesure pour le monde militaire», explique-t-il.
Simon Mailloux avait été déployé en Afghanistan pour la dernière fois de novembre 2009 à l'été 2010. En mai, il était à Laval quand l'armée canadienne a été appelée à donner un coup de main lors des inondations.
Promu major en juin, il retournera en théâtre d'opérations d'ici un an puisque la compagnie d'infanterie qu'il commande au Royal 22e Régiment entame une montée en puissance en vue d'un déploiement potentiel.