Jean-Marie Vollant est le nouveau chef du Conseil des Innus de Pessamit, défaisant René Simon, qui sollicitait un neuvième mandat, un cinquième consécutif.
Jean-Marie Vollant est le nouveau chef du Conseil des Innus de Pessamit, défaisant René Simon, qui sollicitait un neuvième mandat, un cinquième consécutif.

Jean-Marie Vollant nouveau chef du Conseil des Innus de Pessamit

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
BAIE-COMEAU - À sa deuxième tentative, Jean-Marie Vollant a été élu lundi soir chef du Conseil des Innus de Pessamit, défaisant par 200 voix René Simon, qui sollicitait un neuvième mandat de deux ans, un cinquième consécutif. Le nouveau chef mise sur la transparence pour se démarquer de son prédécesseur.

«Mon objectif est de consulter la population et de la faire participer à la prise de décision. Il faut informer les gens avant que le conseil prenne de grandes décisions», a soutenu M. Vollant, qui a récolté 625 voix contre 424 pour M. Simon, 282 pour Jimmy Bacon et 29 pour René Rock. «Dans l’équipe qu’on a présentée, c’était la vision qu’on avait, que la population soit partie prenante de la décision.»

Toutefois, aucun membre de l’équipe Vollant n’a accédé à la table du conseil. Les cinq conseillers sortants qui se représentaient ont tous été réélus, le sixième n’ayant pas présenté sa candidature. Le nouveau chef assure qu’il n’aura aucun problème à travailler avec les gens en place.

«L’important est de travailler en collaboration, peu importe qui est là, qui était là avant et qui sera là après. Il peut sûrement y avoir des dissensions au niveau des discussions, mais il faut tous apporter de l’eau au moulin pour tenter d’obtenir des consensus», fait valoir celui qui a déjà complété quelques mandats comme conseiller à Pessamit.

Pour revenir sur la transparence, Jean-Marie Vollant assure que les membres de la communauté innue située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Baie-Comeau seront tenus au courant du contenu des dossiers chauds avant qu’ils n’arrivent à leur terme.

«Par exemple, s’il y avait une entente à conclure, avec Hydro-Québec ou une autre entreprise, je veux informer les membres avant de signer afin d’ajuster le tir au besoin et avoir une entente qui satisfait les membres», a-t-il lancé en faisant notamment référence sans la nommer à l’Entente Pipmuakan, signée entre Pessamit et Hydro-Québec pour régler plusieurs différends entre les deux parties, mais rejetée deux fois par référendum par les citoyens.

Le nouveau chef se dit aussi préoccupé par l’éducation, particulièrement auprès des jeunes en difficulté. «C’est malheureux qu’ils n’aient pas tous les services dont ils pourraient avoir besoin ici. Des parents sont obligés d’aller à Baie-Comeau, Chicoutimi ou même déménager à Québec pour que leurs enfants aient les services dont ils ont besoin», a-t-il clamé.

La protection du territoire est également un enjeu important aux yeux de Jean-Marie Vollant. En conséquence, il entend poursuivre la politique de revendications auprès d’Hydro-Québec, politique amorcée il y a plusieurs années déjà par la communauté innue.

Pour revenir à René Simon, les lendemains du scrutin ont été durs pour lui. En plus de devoir encaisser la défaite, il a appris mardi matin que son procès pour agression sexuelle s’ouvrira le 18 février 2021 au palais de justice de Baie-Comeau. Les gestes qui lui sont reprochés remonteraient à 1984. L’accusation à son endroit a été déposée en décembre 2019.