Sol Zanetti, candidat pour Québec solidaire dans Jean-Lesage (photo), et Nathaly Dufour, qui aspire à y être la candidate du Parti québécois, ont combattu côte-à-côte pour l’indépendance au sein d’Option nationale, en 2013.

Jean-Lesage: bagarre sur fond d’indépendance

Si l’indépendance du Québec continue d’unir Sol Zanetti et Nathaly Dufour, c’est aussi ce qui les divise. Et s’il n’en tient qu’à eux, les électeurs de Jean-Lesage vont entendre parler de souveraineté assez souvent lors de la prochaine campagne électorale.

Sol Zanetti, candidat pour Québec solidaire (QS) dans Jean-Lesage, et Nathaly Dufour, qui aspire à y être la candidate du Parti québécois (PQ), ont combattu côte-à-côte pour l’indépendance au sein d’Option nationale, en 2013. Pendant que Mme Dufour assurait l’intérim après le départ de Jean-Martin Aussant, Sol Zanetti faisait campagne pour se faire élire comme chef. 

Aujourd’hui, ces deux indépendantistes convaincus ne s’entendent plus. Ils ont le même objectif, mais pas la même vision pour y parvenir. 

Chef d’ON jusqu’à la fusion de son parti avec QS en décembre dernier, M. Zanetti a opté pour le camp solidaire, selon lui plus «audacieux» et plus déterminé à faire l’indépendance. Il ne s’explique pas comment sa potentielle adversaire ait pu choisir d’adhérer à la stratégie du chef du PQ Jean-François Lisée, pour qui un référendum sur la souveraineté du Québec n’est pas une option dans un premier mandat, et donc pas avant 2022. 

«Ce ne sont pas les idées pour lesquelles on s’est battu ensemble. Je trouve ça dommage», a-t-il exprimé en entrevue au Soleil, vendredi, réagissant à l’entrée en scène de Mme Dufour dans l’investiture péquiste. «Je pense que c’est une erreur de remettre l’indépendance à plus tard.» 

Son message serait le même s’il avait à affronter Jean-Martin Aussant, fondateur d’Option nationale en 2011 après avoir claqué la porte du PQ, maintenant de retour dans les rangs péquistes et candidat du parti dans Pointe-aux-Trembles en vue du scrutin du 1er octobre. 

À QS, M. Zanetti été séduit par la volonté de mettre en place, dans un premier mandat, une assemblée constituante chargée d’élaborer une constitution du Québec, qui serait ensuite soumise à un référendum.

Être «réaliste»

Nathaly Dufour réplique qu’il faut être «réaliste» et que le PQ demeure le lieu de rassemblement des forces souverainistes. «Pour faire l’indépendance, il faut prendre le pouvoir», a-t-elle lancé, laissant entendre qu’un gouvernement solidaire n’était pas pour bientôt. 

Mme Dufour continue de penser que l’indépendance doit se réaliser «plus vite que tard». Lors de la course à la chefferie du PQ, en 2016, elle avait donné son appui à Martine Ouellet, pour qui elle travaille d’ailleurs comme attachée politique à l’Assemblée nationale. Mme Ouellet, en opposition à Jean-François Lisée, proposait un référendum dans un premier mandat. 

À ce sujet, Mme Dufour a dit s’être «ralliée» au chef. Elle croit même que la stratégie péquiste est celle qui permettra d’atteindre le plus rapidement la souveraineté. «Le PQ demeure le véhicule pour rassembler, pour additionner. […] Le référendum, c’est un outil démocratique et ça vient concrétiser une démarche indépendantiste», a-t-elle expliqué, n’étant pas convaincue que QS pourrait compléter sa démarche dans un seul mandat.