«Je suis très inquiet» de la manière «dont les choses ont été faites dans les reportages» et aussi en ce qui a trait «à la vie privée des gens», a déclaré samedi l'ancien premier ministre Jean Charest.

Jean Charest se dit injustement traité par les médias

Jean Charest affirme être injustement traité par les médias. Il soutient qu’ils l’accusent à tort. Ils mettent une insoutenable pression sur l’UPAC pour qu’elle le traduise devant les tribunaux, dit-il.

«Je suis très inquiet» de la manière «dont les choses ont été faites dans les reportages» et aussi en ce qui a trait «à la vie privée des gens».

M. Charest dit avoir lu sur des déplacements qu’il aurait faits, mais qu’il n’a jamais effectués et pour lesquels il n’a jamais été interrogé par les policiers. «On a eu une espèce de spirale d’informations coulées à mon sujet.»

Il a évoqué l’«affaire de M. Sicotte». Le comédien Gilbert Sicotte a récemment été suspendu du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en raison d’allégations de harcèlement psychologique et de violence verbale. Cette affaire ne relève pas de la politique, mais elle illustre une manière de faire des médias, selon lui.

«L’UPAC a beaucoup de pression médiatique. “Ils” ont une pression terrible», a-t-il répété. Il appelle à faire «les choses en respectant la vie des gens; la mienne — parce que ça m’affecte et que ça affecte ma famille aussi — et en respectant les règles».

Les «informations coulées sont gonflées à l’hélium», a-t-il déclaré.

L’enquête Mâchurer de l’UPAC sur le financement passé du PLQ cible entre autres Jean Charest et le collecteur de fonds Marc Bibeau. Aucune accusation n’a encore été portée contre l’ex-chef libéral après des années d’enquête. Celle-ci se poursuit.

Si la présence de Jean Charest a fait le bonheur des délégués, Philippe Couillard a pris un certain risque politique en l’invitant, croient le Parti québécois et la Coalition avenir Québec. Ils espèrent en tirer un profit politique. 

Pour eux, sa présence à ce congrès démontre qu’il n’y a pas d’«avant» ni d’«après» au PLQ.

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CHAREST SOULÈVE LES LIBÉRAUX

Jean Charest a soulevé le 33e congrès du Parti libéral du Québec samedi soir. Il a été chaudement et longuement ovationné par les quelque 1400 délégués présents.

L’ex-premier ministre a lancé un message d’unité. Et il a appelé les militants, ainsi que les Québécois en général, à élire Philippe Couillard aux prochaines élections générales.

L'ancien premier ministre a appelé les militants, ainsi que les Québécois en général, à élire Philippe Couillard aux prochaines élections générales.

Jean Charest s’est dit inquiet de la tendance à la démagogie en politique; au populisme et au dénigrement. Il a évoqué Donald Trump, Marine Le Pen, le Brexit, sans oublier les partis d’opposition à l’Assemblée nationale. Il s’en est particulièrement pris à la Coalition avenir Québec de François Legault.

«Les Québécois n’ont pas besoin de la CAQ pour déprimer. Ils sont capables de faire ça tout seuls avec l’aide des médias québécois», a-t-il lancé en faisant allusion aux reportages de presse le concernant. «Moi aussi, j’apprends ce que je fais dans les journaux», a-t-il laissé tomber en faisant rire son auditoire.

«Préparer l’avenir»

La politique, la vraie, «permet de préparer l’avenir. Et c’est vrai depuis 150 ans pour le Parti libéral du Québec». Un parti, a-t-il dit, attaché au Canada et lié au Québec, un parti chérissant les libertés individuelles, la démocratie et l’équité entre les citoyens.

«En une trentaine d’années de vie publique, je n’ai jamais vu l’économie du Québec en aussi bonne forme que cette année. Nous devons ça à une équipe. Nous devons ça à un gouvernement. Ce que Philippe Couillard a réalisé, c’est historique.»

Sur scène, Philippe Couillard a poursuivi dans la même veine : «Il n’y a rien de plus ancien que la division. Il n’y a rien de plus poussiéreux que la peur de l’autre.»

En ce 150e anniversaire du Parti libéral du Québec, le premier ministre a fait valoir que le parti qu’il dirige a toujours fait face à des adversaires qui préconisaient le statu quo.

Il a évoqué la mémoire du premier ministre libéral Adélard Godbout. Il a évoqué la lutte contre le nazisme.

M. Couillard a exhibé des gants de boxe pour montrer qu’il est prêt pour la bagarre électorale.