L’annonce du maire Régis Labeaume d’un investissement supplémentaire de 372 416 $ pour le projet d’Intervention multisectorielle de programmes d’accompagnement à la cour municipale (IMPAC) s’est vite transformée en cri du cœur.

Itinérance: les policiers et la Ville «au bout du rouleau», selon Labeaume [VIDÉO]

L’administration Labeaume double l’investissement pour son programme de justice adaptée. Pour les problèmes d’itinérance et de santé mentale, c’est le maximum qu’elle peut faire. La Ville de Québec et les policiers sont «au bout du rouleau».

«Nous, on fait tout ce qu’on peut, mais on est rendus accotés. Le Service de police est accoté», a lancé Régis Labeaume lundi matin en conférence de presse.

Il devait annoncer l’investissement supplémentaire de 372 416 $ pour son projet d’Intervention multisectorielle de programmes d’accompagnement à la cour municipale (IMPAC), mais la rencontre s’est vite transformée en cri du cœur.

«Il y a une augmentation des personnes itinérante à Québec, je le remarque surtout depuis que j’habite Saint-Roch. Il n’y a pas de réponse simple pour expliquer cette augmentation-là. […] On va investir. On est heureux de le faire, mais n’en demeure pas moins qu’on se demande où on s’en va avec tout ça. On a l’impression que ça ne diminuera pas.»

Policiers devenus intervenants sociaux

Le maire a expliqué qu’il avait atteint la limite de sa contribution pour les services sociaux. Le dossier ne revient pas au municipal, mais aux gouvernements supérieurs. 

«On investit 700 000 $ juste pour faire fonctionner le programme, normalement ça ne serait pas notre job», soulève M. Labeaume.

Il y aurait de moins en moins d’intervenants sociaux pour intervenir dans les cas d’itinérance, continue-t-il. Pour 70 % des appels reçus au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), il s’agit de problèmes de santé mentale.

«Les policiers sont au bout du rouleau là-dedans. Ils font du travail d’intervenants sociaux, ce n’est pas normal.»

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Le maire assure qu’il reviendra à la charge avec des demandes très précises pour les gouvernements provincial et fédéral. 

Notamment, avec IMPAC, les personnes en situation d’itinérance ne sont pas emprisonnées pour des amendes impayées. Les policiers remettent moins de billets de contravention pour des cas de santé mentale. Parfois, l’arrestation est nécessaire, sinon, les personnes rejoignent le programme. Une équipe les aide alors à sortir du cycle des amendes et des délits, à se trouver un logement, à se trouver un travail ou à se faire soigner.

IMPAC a été lancé en 2013 et le programme est devenu permanent en 2015. Le nouvel investissement permettra d’engager les ressources nécessaires à la création d’une deuxième équipe d’intervention, ce qui réduira les délais de réponse. Plus d’une centaine de personnes se retrouvaient sur la liste d’attente cette année.

Problème de logements ?

Pour les logements, le maire assure «qu’il peut régler ça».

«On est équipés pour fournir les toits, on a tout ce qu’il faut. Mais une fois que tu as fourni le toit, ça prend des services. Ce n’est pas parce que tu as installé quelqu’un dans une chambre neuve que ça règle le problème. On peut fournir le toit, mais on ne peut pas fournir le service.»