Selon l'article publié sur le site de VICE par son journaliste Simon Coutu, «la plupart portaient des masques aux couleurs du fleurdelisé» lorsqu'ils ont investi les bureaux du média.

Intrusion de l'extrême droite chez VICE: une arrestation

MONTRÉAL — Les policiers ont arrêté un homme de 34 ans soupçonné d’avoir participé à l’intrusion d’un groupe d’extrême droite dans la salle de rédaction de Vice Québec, à Montréal, en mai.

Une porte-parole du Service de police de Montréal (SPVM), Véronique Dubuc, a confirmé mardi que le suspect devrait faire face à des accusations d’introduction par effraction, de méfait public, de harcèlement criminel et d’intimidation.

L’homme a été arrêté lundi à Québec, à la demande du SPVM, et a ensuite été libéré sous promesse de comparaître en cour à une date ultérieure.

Selon Mme Dubuc, l’enquête se poursuit et d’autres arrestations pourraient avoir lieu.

Le rédacteur en chef de Vice Québec, Philippe Gohier, a révélé en entrevue que l’individu arrêté est Raphaël Lévesque. Un individu qu’il présente comme l’un des leaders du groupe anti-immigration Atalante.

Il serait aussi le chanteur d’un groupe de musique du mouvement «skinhead». Les journalistes de Vice l’auraient rapidement reconnu lors de l’intrusion.

Selon M. Gohier, le suspect arrêté était le seul individu non masqué lorsque six membres de l’organisation ont fait irruption dans la salle de nouvelles du média numérique le 23 mai. Leur objectif semblait être d’intimider les journalistes.

Vice Québec a rapporté que la plupart des individus étaient masqués, et qu’ils avaient lancé des nez de clown et des feuillets de revendication partout dans la salle de nouvelles.

Philippe Gohier soutient que l’intérêt de son équipe pour le groupe d’extrême droite est journalistique et non policier. Les reporters s’intéressent à son discours «dangereux et antidémocratique», a-t-il expliqué.

«Décider si ce qu’ils font est criminel ou non, ce n’est pas vraiment digne d’intérêt pour nous», a-t-il commenté, en ajoutant que le média n’a pas reçu d’autres communications de la part du groupe en question.

L’intrusion du groupe a été condamnée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et par le premier ministre Philippe Couillard, qui ont qualifié le geste d’acte d’intimidation.