Les 71 résidents de la Villa des Basques ont été installés ailleurs rapidement et aucun n’a été blessé lors de l’incendie.

Intervention rapide lors d’un incendie majeur à la Villa des Basques de Trois-Pistoles

Presque six ans après la tragédie de L’Isle-Verte, le bilan plus que positif dressé après l’incendie majeur d’une résidence pour personnes aînées de Trois-Pistoles fait du bien. «On apprend de chaque catastrophe», confie le directeur du service incendie, Pascal Rousseau.

L’incendie majeur à la résidence Villa des Basques dans la nuit de samedi à dimanche a forcé l’évacuation et la relocalisation de ses 71 résidents. Le feu s’est déclaré vers 2h du matin dans le bâtiment de la rue Père-Nouvel.

Tous les résidents ont été évacués rapidement, des autobus les attendaient déjà à la sortie pour les réchauffer et les conduire en lieux sûrs. Heureusement, personne n’a été blessé. D’abord installés à l’hôpital de Trois-Pistoles, les résidents ont ensuite été dirigés dans leur famille, dans des résidences privées ou des CHSLD.

«L’évacuation était bien organisée, il faut comprendre que la nuit, c’est toujours plus difficile, on essaie de les réveiller et de leur expliquer rapidement. Considérant tous ces facteurs, ça a très bien été. Il y a eu une bonne collaboration des partenaires», souligne le directeur du service incendie de Trois-Pistoles, Pascal Rousseau.

Cette collaboration aura d’ailleurs été au centre de la réussite de l’intervention, selon le pompier. Le feu était de «bonne importance» et le travail de six casernes aura été nécessaire pour contrôler les flammes, cinq équipes de pompiers des municipalités voisines sont venues en renfort. 

«L’entraide, c’est ce qui a fait le résultat de cette nuit. En gang, on est forts et on l’a prouvé. Je suis fier de mes troupes. Je pense que tout le monde est très fatigué [dimanche soir], c’est parce qu’ils ont fait un bon boulot.»

Gicleurs en fonction

L’événement de la nuit dernière ne va pas sans rappeler la tragédie de L’Isle-Verte, municipalité voisine de Trois-Pistoles, où 32 personnes âgées avaient perdu la vie dans le terrible incendie de la Résidence du Havre. 

Plusieurs leçons avaient été tirées de cet événement du 23 janvier 2014. L’enquête publique avait entre autres recommandé l’installation de gicleurs dans toutes les résidences pour aînés, ainsi que l’amélioration de la formation des pompiers en région.

Une nouvelle exigence avait été adoptée : toutes les résidences de personnes âgées doivent se munir de gicleurs avant le 2 décembre 2020. 

«Les gicleurs, ça fait la job comme on dit. C’est prouvé que ça ralentit la propagation du feu. De notre côté, on travaille fort avec les propriétaires des résidences pour que tout soit conforme aux normes, même si c’est difficile. Un gros travail est fait en guise de prévention, ça se reflète en intervention», ajoute le directeur du Service incendie de Trois-Pistoles. 

Relocalisation rapide

Dès l’appel reçu cette nuit, les équipes du CISSS du Bas-Saint-Laurent se sont mises au travail pour s’occuper des résidents sinistrés. Des autobus ont été envoyés sur-le-champ, un service d’aide pour le soutien psychologique a été déployé et les médications ont été transférées. 

«Chaque sinistre amène son lot d’amélioration, c’est le cas pour Trois-Pistoles comme d’autres services incendie au Québec», indique Fanny Maltais, coordonnatrice des mesures d’urgences et sécurité civile pour le CISSS du Bas-Saint-Laurent, qui se réjouit du bilan positif de dimanche. 

Elle aussi met en lumière l’entraide entre les différents services d’urgences qui a rendu le travail efficace. Mme Maltais et toute son équipe insistent sur l’«excellent travail» réalisé par les différents acteurs du milieu dans la journée de dimanche, qui a été longue pour plusieurs. 

«Depuis cette nuit, on travaille à la prise en charge des aînés. On a travaillé tout l’avant-midi pour les relocaliser temporairement en fonction des profils de nos sinistrés», souligne-t-elle.

Vers midi et demi dimanche, les 71 aînés étaient installés ailleurs, avec tout ce dont ils ont besoin. Trente d’entre eux ont été pris en charge par leur famille, alors que les autres se retrouvent dans différentes institutions des alentours. Mme Maltais précise que tous se trouvaient en bon état, deux résidents ont été traités pour des blessures mineures liées à leur condition. 

Le partenariat bien tissé entre le CISSS du Bas-Saint-Laurent et le Service incendie de Trois-Pistoles a été la «clé du succès» dans cette gestion de crise.

«Chapeau à toute les équipes. Tout a très bien fonctionné, c’était une évacuation selon le protocole. Le système d’alarme a bien fonctionné et a bien transmis l’alerte à la centrale des pompiers qui ont très bien travaillé et sont venus en soutien à l’évacuation», ajoute Mme Maltais. 

Enquête en cours

Plusieurs dommages au bâtiment ont été laissés par le feu, la fumée et l’eau des gicleurs. 

Pour ce qui est des causes de l’incendie, une enquête est en cours avec la Sûreté du Québec (SQ). Deux techniciens en scène d’incendie et des enquêteurs sont restés sur place toute la journée dimanche pour déterminer les circonstances. La SQ n’exclut pas qu’il s’agisse d’un incendie criminel.

Les policiers ont indiqué que l’expertise de la scène prendra probablement toute la journée et qu’elle pourrait s’étirer jusqu’à lundi.