Concernant la tête des ponts, il faut s’attendre à trois ans d’études avant de commencer le réaménagement, selon le ministre des Transports, François Bonnardel.

Interconnexion avec Lévis: Bonnardel prêt à payer à l’est

Le ministre des Transports, François Bonnardel, payera l’interconnexion avec les autobus de Lévis à l’est dans l’éventualité d’un troisième lien. Pour celle du pôle d’échange Sainte-Foy, la Ville de Québec devra piger dans l’enveloppe du gouvernement du Québec de 1,8 milliard $ prévue pour le tramway et le réseau de transport structurant de transport en commun (RSTC).

C’est ce qu’a confirmé l’attaché de presse du ministre des Transports, Sébastien Lépine, lundi soir au Soleil. «L’interconnexion au tunnel Québec-Lévis à l’est, qui est un projet distinct, est une condition essentielle et que nous étudierons, en temps et lieu, les coûts que cela va représenter. La connexion à l’ouest devra se faire à l’intérieur de l’enveloppe actuelle», a écrit M. Lépine dans un échange de textos. 

«C’est nouveau pour moi, je vais voir avec eux autres, a réagi le maire de Québec, Régis Labeaume. On travaille avec le ministère des Transports et on est en train de développer tout ça. On va y aller étape par étape.»

Vendredi, la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, avait déclaré que le gouvernement du Québec «ne mettrait pas un sou de plus» pour l’interconnexion avec les autobus de Lévis au pôle d’échange Sainte-Foy. 

Mme Guilbault a également rappelé que l’«interconnexion avec la Rive-Sud qui devait être assurée avec le projet du Phare […] et le respect du budget faisaient partie des conditions pour l’obtention d’un financement du tramway. «On s’attend à ce qu’il y ait, que ce soit le Phare ou un autre endroit, un lieu pour accueillir les autobus de la Rive-Sud et pouvoir s’assurer de cette interconnexion dans le budget qui était prévu, dans la contribution budgétaire qui était prévue par le gouvernement du Québec, de 1,8 milliard $», avait-elle mentionné. 

Pour Mme Guilbault, le maire de Québec est le maître d’œuvre du RSTC. Il doit donc opérer à l’intérieur du montage financier. «Nous, on a toujours dit qu’on ne se mêlerait pas du tracé, des stations et tout ça.»

Selon le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, «ce sont les citoyens de Québec qui vont se retrouver avec la facture». Le conseiller municipal de Démocratie Québec, Jean Rousseau estime pour sa part «qu’il va falloir revoir le site d’une façon significative».

Tête des ponts

L’arrivée du tramway sur Laurier et le pôle d’échange vont complètement changer la configuration du secteur. Lundi matin, Le Journal de Québec révélait que l’étude sur le réaménagement de la tête des ponts à Québec, promise en 2010 et annoncée en 2011 par l’ancien ministre libéral Sam Hamad, n’avait toujours pas été lancée alors que les soumissions pour l’appel d’offres sont terminées depuis juin.

Selon le ministère des Transports du Québec (MTQ), il faut s’attendre à trois ans d’études avant de commencer le réaménagement. Interrogé lors du point de presse d’avant conseil, le maire Labeaume a semblé désabusé de l’inaction du gouvernement alors que cela fait 10 ans qu’il répète que «l’entrée et la sortie des ponts sont complètement dépassées». 

En 2018, M. Labeaume et M. Legault avaient discuté de ce réaménagement. M. Legault en faisait même l’une de ses trois priorités pour la région de Québec avec le troisième lien et le tramway. «Je l’ai dit à quatre premiers ministres et à 15 ministres des Transports. À un moment donné, il y a une limite à ce que je peux faire», a-t-il déploré. 

Pour M. Labeaume, il va falloir agir et prendre des décisions pour trouver des solutions, d’autant plus que l’autoroute Henri-IV va être élargie. «Il y a deux petites voies pour entrer sur le boulevard Laurier. On va élargir Henri-IV et on arrive dans ce spaghetti. Des fois, je me demande si on travaille pour rien.»

Le maire de Québec est convaincu de l’existence de solutions pour régler le problème et rendre la circulation fluide. «Il faut investir», a-t-il insisté. 

Mardi, la Ville de Québec va dévoiler le rapport du vérificateur général faisant état des résultats de la vigie exercée en 2019 sur le projet de RSTC. Le maire s’est dit complètement en accord avec le rapport.

+

TRAMWAY: DEUX PÉTITIONS RÉCOLTENT PLUS DE 19 000 SIGNATURES CHACUNE

Deux pétitions contre le tramway ont récolté chacune plus de 19 000 signatures depuis leur mise en ligne. Pour le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, le maire doit entendre les citoyens et faire un référendum sur le tramway. Québec 21 avait d’ailleurs lancé une pétition au printemps à ce sujet. M. Gosselin ne l’a toujours pas déposée à l’hôtel de ville. Il préfère laisser du temps aux citoyens pour la signer. «Elle a connu un regain de vie. Hier [dimanche], le nombre de signatures grimpait à vue d’œil. Les gens voient ça comme une façon de s’exprimer», a-t-il expliqué. Le maire a répliqué que les gens avaient le droit de créer des pétitions, mais que 70 % des électeurs ont voté en faveur du RSTC lors des élections municipales de 2017.   

+

LABEAUME A HÂTE DE TRAVAILLER AVEC JULIEN

Jonatan Julien deviendra ministre responsable de la Capitale-Nationale pendant le congé de maternité de Geneviève Guilbault.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a hâte de travailler avec Jonatan Julien qui deviendra ministre responsable de la Capitale-Nationale pendant le congé de maternité de Geneviève Guilbault. Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles sera amené à échanger régulièrement avec le maire Labeaume avec qui il avait eu une altercation au sujet du projet de la centrale de police. Régis Labeaume lui avait reproché les dépassements de coûts. Alors numéro deux de l’exécutif, M. Julien avait claqué la porte et démissionné de son poste de conseiller municipal du district Neufchâtel-Lebourgneuf. Il avait rejoint les rangs de la Coalition avenir Québec pour devenir candidat aux élections provinciales de 2018. «On a mis ça derrière nous. Ça arrive de ne pas se comprendre. On est des adultes. Je suis un peu sanguin, mais on s’est parlé depuis et c’est correct», a insisté M. Labeaume. Selon M. Labeaume, Jonatan Julien est le meilleur choix pour remplacer Mme Guilbault. «Je suis content. Si on avait le choix, ça serait Jonatan [Julien]. On va avoir du plaisir à travailler ensemble. Il connaît les dossiers. Mme Guilbault devrait accoucher de son deuxième enfant en janvier. Elle partira en congé maternité à la fin de la semaine.