Jean-François Gosselin et Stevens Mélançon, de Québec 21, croient qu’un inspecteur général pourrait enclencher des enquêtes et surveiller de plus près les contrats publics octroyés et les chantiers.

Intégrité et éthique: Québec 21 demande la création d’un bureau

À l’aube de la mise en place du plus grand projet de transport en commun avec le tramway, Québec 21 souhaite la création d’un bureau de l’intégrité des contrats et de l’éthique publique (BICEP) pour surveiller les contrats publics. Une demande rejetée par le maire de Québec.

Les deux élus de l’opposition à l’Hôtel de Ville, Jean-François Gosselin et Stevens Mélançon ne soupçonnent pas de la corruption à la Ville de Québec, mais un inspecteur général pourrait enclencher des enquêtes et surveiller de plus près les contrats publics octroyés et les chantiers.

«L’idée, ce n’est pas de dire qu’il y a de la collusion à Québec. C’est d’être en mode proactif. On s’embarque dans de gros projets à Québec et d’autres villes l’ont fait, c’est un incontournable», a expliqué Jean-François Gosselin. 

Lundi, lors du point de presse d’avant conseil, Québec 21 a présenté les avantages d’un tel bureau en rappelant quelques évènements survenus dans le passé comme les cartels dans l’industrie du béton en 1995, la collusion entre 2006 et 2011 par huit firmes de génie-conseil révélée par la commission Charbonneau en 2013 et la transmission à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) d’un projet de métro aérien. 

«On pourra avoir un effet dissuasif pour que tous ceux et celles qui voudraient enfreindre les règles ne puissent pas le faire. C’est un outil de plus pour assurer la confiance des citoyens dans la gestion des deniers publics», a-t-il justifié.

Au Québec, seulement cinq villes possèdent ce genre de bureau, Montréal, Laval, Saint-Jérôme, Longueuil et Terrebonne. Aux États-Unis, il en existe plus de 200. Le budget de fonctionnement du BICEP est évalué à 1,5 million $ par l’opposition.

Complémentaire

Québec 21 ne remet pas en cause le travail du vérificateur général avec la ligne de signalement, mais selon M. Gosselin, «on doit aller encore beaucoup plus loin». «La ligne de signalement, ce sont des citoyens qui appellent, et le VG peut enquêter, mais l’inspecteur pourra aller visiter des chantiers, comparer des prix. Le vérificateur c’est un comptable, il arrive avec un certain angle et l’inspecteur général, c’est un enquêteur. C’est vraiment un outil de plus. À Mont­réal, les deux collaborent», a-t-il mentionné.

Selon M. Gosselin, la création du bureau engendrera des économies. Il donne l’exemple du cartel de l’industrie du trottoir à Montréal. Avant 2014, la Ville payait 150 $ à 200 $ le mètre carré. Depuis 2016, Montréal paye 100 $ à 120 $ du mètre carré.  

Fin de non-recevoir 

Avant la tenue du conseil municipal, M. Gosselin a confié aux médias que personne, ni même le maire, ne pouvait être contre ça, même si la majorité des propositions de Québec 21 ont été rejetées par l’administration Labeaume jusqu’à présent lors des conseils municipaux. «Si le maire n’a rien à cacher, il sera d’accord avec notre proposition et nous aurons un Bureau de l’inspecteur général à Québec», a-t-il fait valoir.

Comme il fallait s’y attendre, le maire de Québec a rejeté la proposition de l’opposition. Selon M. Labeaume, Laval et Saint-Jérôme ont connu beaucoup de fraudes, ce qui n’est pas le cas de Québec. «Il n’y a jamais eu d’interventions politiques au service des approvisionnements. Et la surveillance des chantiers, Québec est spécialisée dans le domaine», a-t-il insisté.

M. Labeaume pense que l’opposition cherche à semer le doute et à impressionner avec l’inspecteur, mais cela ne sert pas à grand-chose parce que la Ville de Québec a engagé, le meilleur vérificateur général disponible et que la Ville n’a rien à se reprocher. «Il fait un travail extraordinaire et il a tous les pouvoirs d’un inspecteur général. Il peut aller sur les chantiers, il peut tout faire, a-t-il martelé. Dès qu’on a un doute, on appelle l’UPAC et on lui envoie le dossier.»

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MISSION ÉCONOMIQUE: LABEAUME EN FRANCE JEUDI

Le maire de Québec se rendra en France du 22 novembre au 2 décembre pour une mission économique afin d’aider les entreprises de Québec à recruter des immigrants pour pourvoir les 15 000 postes disponibles à Québec en vendant les attraits de la ville.

Régis Labeaume se rendra à Rennes, Nantes, Saint-Nazaire et Saint-Malo pour dire aux jeunes Français qui ne trouvent pas de travail de venir à Québec vivre leur première expérience sur le marché du travail. 

Puis, il rejoindra Paris pour les Journées Québec organisées par le gouvernement du Québec où Québec sera en concurrence avec Montréal et Drummondville. M. Labeaume aura comme mission de vendre Québec aux 1500 personnes présélectionnées pour des entrevues avec des entreprises québécoises, dont 15 de la capitale nationale et trois de Lévis.

«La présence de monsieur le maire, cette année, va être encore plus facilitante pour nous, pour faire bien connaître la ville de Québec parce qu’on a de la compétition d’autres villes. Montréal, pour ne pas la nommer», s’est réjoui Annie Belisle, directrice principale de Fujitsu à Québec, lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville, lundi matin.

Une revendication qui ne convainc pas le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin. «On va leur donner le bénéfice du doute, mais quand on parle de pénurie de main-d’œuvre, l’immigration, c’est une des solutions. Je demande à être convaincu que les missions en France, ça apporte quelque chose de plus aux citoyens de Québec. Le maire aurait peut-être plus avantage à aller dans les arrondissements de Québec plutôt que de se promener en France.»