Le MTQ a prévenu les automobilistes, lundi après-midi, des travaux d’inspections à venir sur les autoroutes Henri-IV et Félix-Leclerc. Les entraves à la circulation ont débuté dès 20h, lundi.

Inspections nocturnes: Québec ne peut pas forcer la main de ses ingénieurs

Le gouvernement du Québec ne peut faire reconnaître l’inspection générale de nuit de structures routières comme un service essentiel pour forcer la main de ses ingénieurs, a tranché le Tribunal du travail, lundi. Une entente pour l’inspection nocturne de certains viaducs et bretelles d’autoroute de Québec, lundi et mardi soir, évite toutefois pour le moment de gros embouteillages aux automobilistes de la région.

Ainsi, l’autoroute Henri-IV a été partiellement fermée dans les deux sens, dans la nuit de lundi à mardi, entre les autoroutes Félix-Leclerc et Charest, afin que des ingénieurs effectuent les travaux d’inspections de viaducs. Pour les mêmes raisons, le même tronçon perdra à nouveau une voie dans les deux sens à compter de 20h, mardi, et les bretelles liant Henri-IV à Félix-Leclerc seront momentanément fermées. 

Il y a une dizaine de jours, le ministre des Transports André Fortin craignait publiquement que les moyens de pression exercés par les ingénieurs de l’État, sans convention collective depuis trois ans, forcent l’inspection de structures routières durant la journée plutôt que la nuit, créant de gros bouchons de circulation. Tout en invitant l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) à négocier, le gouvernement du Québec avait demandé au Tribunal administratif du travail de reconnaître l’inspection générale de nuit de 39 structures routières importantes comme un service essentiel. 

Or, la décision du Tribunal du travail rendue lundi refuse la demande du gouvernement. C’est donc dire que le ministère des Transports (MTQ) ne peut forcer les ingénieurs à réaliser des inspections en dehors des heures de travail qu’en cas d’urgence ou d’imprévu pouvant compromettre la sécurité du public.

Des négociations menées durant la fin de semaine entre le MTQ et l’APIGQ ont toutefois permis de s’entendre sur l’inspection générale nocturne de 7 des 39 structures, dont celles inspectées lundi et mardi soir à Québec. 

«Ils nous ont démontré la notion d’urgence pour l’inspection de ces structures», a expliqué au Soleil le président de l’APIGQ, Marc-André Martin. Son syndicat s’est aussi entendu avec le gouvernement sur cinq structures «passablement éloignées des centres urbains» qui seront inspectées de jour. 

C’est le cas du pont Risi, à Lévis, qui perdra une voie entre 10h30 et 18h, les 20 et 21 novembre, a annoncé le MTQ. 

Par ailleurs, deux des structures visées dans la demande du gouvernement peuvent finalement être inspectées par des techniciens sans la présence d’ingénieurs. C’est donc dire qu’un litige persiste entre les deux camps pour 24 structures. 

Marc-André Martin affirme que les ingénieurs de son syndicat sont prêts à inspecter de nuit «tous les éléments qui peuvent mener à un risque de santé ou sécurité» sur ces 24 structures. 

Le gouvernement veut toutefois une inspection générale, une démarche plus longue.

«Si c’était seulement pour la sécurité, ça aurait été fait de nuit par les ingénieurs. Là, on assiste à une job de bras de relations publiques. Le gouvernement s’obstine à faire les inspections générales de jour pour nous faire mal paraître et atteindre ses cibles administratives», soutient le président de l’APIGQ.