Insolite

Un ours sème la pagaille au centre-ville d’Ottawa

OTTAWA - Les habitants d’Ottawa se sont réveillés jeudi en état de siège: la police pourchassait un ours noir égaré qui semait la pagaille en plein centre de la capitale canadienne, à deux pas du parlement fédéral.

Le plantigrade a été repéré dans la nuit au coeur du Marché ByWard, quartier très touristique où se trouve notamment l’ambassade des États-Unis, par des passants qui ont aussitôt averti les forces de l’ordre.

La police a cerné les alentours, à un jet de pierre de la colline du Parlement, et a appelé les habitants à rester chez eux le temps d’appréhender cet animal sauvage qui a rapidement eu son compte sur Twitter (@bywardbear).

Traqué, l’ours s’est ensuite caché dans un petit parc, se réfugiant dans un arbre et, vers 9h, il a été endormi par des gardes forestiers, selon des photos diffusées par les médias locaux.

«Les gardes forestiers de la capitale ont pu administrer un sédatif à l’ours du Marché ByWard pour le sortir de la ville», a tweeté la police d’Ottawa, notant que la circulation avait été rouverte.

Il s’agit du second incident de ce genre en 24h à Ottawa, a noté la télévision publique CBC: un autre ours noir avait déambulé mercredi matin aux alentours de l’hôpital de Gatineau, banlieue francophone de la capitale, avant de prendre la fuite vers la forêt.

Les plantigrades de la côte est canadienne sont dénommés ours noirs et sont plus petits, et bien plus inoffensifs, que les grizzlis ou les ours polaires du Nord et de l’Ouest de l’Amérique du Nord.

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Insolite

La Marine française plonge dans la bataille des coquilles Saint-Jacques

PARIS - La Marine française est «prête à intervenir» pour éviter des «heurts» entre pêcheurs français et britanniques, en conflit sur les zones de pêche de la coquille Saint-Jacques, a déclaré mardi le ministre français de l’Agriculture et de la Pêche Stéphane Travert.

La marine française est prête à intervenir en cas de heurts», et pour «éviter» que la situation «s’envenime» sur une zone de pêche que se disputent pêcheurs français et britanniques au large de la Normandie, a dit le ministre.

Il a indiqué qu’il ne pouvait parler au nom de la Marine britannique, également annoncée sur les lieux par les médias français.

Un patrouilleur basé à Cherbourg (Manche, ouest) est en mer, a précisé le porte-parole de la Marine nationale française, tout en soulignant qu’il effectuait une mission de routine et n’avait pas été envoyé en renfort.

«Il y a un patrouilleur en mer, dans le cadre des missions naturelles de la Préfecture maritime, qui assure une surveillance sur zone pour veiller à la sécurité des personnes et des biens en mer», a déclaré le capitaine de vaisseau Bertrand Dumoulin à l’AFP.

En cas d’incident, les bâtiments de la Marine disposent d’une palette de moyens d’intervention, de l’avertissement sonore à l’inspection à bord et l’interception.

De son côté, une source gouvernementale britannique a souligné que les incidents s’étaient produits dans les eaux françaises. «C’est aux autorités françaises de répondre. Selon le droit international, c’est absolument à eux de répondre», a affirmé cette source, précisant que la British Navy était «disponible» au besoin, mais n’avait «pas été sollicitée».

Mardi dernier, les pêcheurs des deux pays avaient échangé jets de pierres et insultes et mené des manoeuvres dangereuses en haute mer, donnant des airs de bataille navale à cette guerre au long cours autour du précieux mollusque.

Une réunion entre pêcheurs français, britanniques et industriels est prévue mercredi, a rappelé le ministre français Stéphane Travert, qui s’est entretenu la semaine dernière avec son homologue britannique George Eustice.

Il va falloir «trouver un accord» pour parvenir à «une gestion durable et efficace de la ressource en coquilles Saint-Jacques», a estimé M. Travert. «On ne peut pas continuer dans cette situation-là, on ne peut pas avoir des heurts comme cela».

Sur le plan légal, la pêche par les Britanniques dans les eaux françaises hors des saisons de pêche «n’est pas illégale proprement dite puisque ce sont les Français qui ont déterminé un calendrier pour pouvoir mieux gérer la ressource», a-t-il reconnu.

Mais «les pêcheurs anglais sont plutôt des Brexiters, et il faut reconnaître que les tensions se ravivent à l’approche du calendrier de sortie du Royaume-Uni», a ajouté M. Travert.

Pour lui, un accord global sur la pêche doit être trouvé avec le Royaume-Uni.

«C’est le travail que mène aujourd’hui Michel Barnier au nom des 27. Nous avons souhaité faire quelque chose de global, et ne souhaitons pas que la pêche soit traitée à part, car la pêche ne veut pas être la variable d’ajustement du Brexit» a-t-il souligné.

Mike Park, responsable de l’association écossaise de pêcheurs Scottish White Fish Producers Association, qui participera à la réunion de mercredi, espère que celle-ci «aboutira à un accord», tout en jugeant «vraiment difficile d’être optimiste». Il a appelé les pêcheurs français à «venir à la table des négociations avec quelque chose».

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La prison pour trafic d'armes via la bibliothèque de Stanstead, sise sur la frontière avec les États-Unis

BURLINGTON — Un homme originaire de Montréal a été condamné à 51 mois de prison, mardi, pour avoir illégalement introduit une centaine d’armes de poing au Canada.

Plusieurs des armes en question avaient été laissées dans la salle de bain de la bibliothèque Haskell, qui chevauche la frontière entre Derby Line, au Vermont, et Stanstead, au Québec.

Lire aussi: Trafic d’armes via la bibliothèque Haskell : un Montréalais plaide coupable

Alexis Vlachos a aussi admis avoir lui-même franchi la frontière canado-américaine avec d’autres armes. Cette contrebande aurait pris place entre les mois de juillet 2010 et d’avril 2011.

L’homme dans la quarantaine a pris connaissance de sa peine dans la cour de district des États-Unis de Burlington, au Vermont.

Il avait été arrêté au Canada avant d’être extradé aux États-Unis. Les 43 mois passés en détention préventive lui seront crédités.

Il devait connaître sa peine le mois dernier, mais son prononcé avait été reporté parce que les avocats et le juge ne parvenaient pas à s’entendre sur le calcul de sa sentence. Les procureurs réclamaient une peine pouvant atteindre 108 mois d’emprisonnement.

Vlachos, qui avait plaidé coupable en janvier dernier, a tenu à présenter ses excuses en cour, mardi. Il assuré que son passé criminel était bel et bien derrière lui.

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La plus haute statue de la planète érigée en Inde

BARRAGE SARDAR SAROVAR — Dans un coin reculé d’Inde, une armée d’ouvriers érige la plus haute statue de la planète, représentant un héros de l’indépendance du pays. Un emblème non dépourvu de symbolique politique — à l’instar d’une autre effigie colossale en projet.

En proie à un accès de nationalisme et de gigantisme aux mains des nationalistes hindous, l’Inde est engagée dans la construction de deux statues titanesques. La première est en cours d’achèvement dans le Gujarat (ouest), bastion du premier ministre Narendra Modi. La seconde, annoncée pour 2021, figurera un célèbre roi guerrier hindou dans la baie de Bombay.

Chacune mesurera le double de la statue de la Liberté de New York. Coût de ces chantiers: environ 800 millions d’euros (1,2 milliard $CAN).

Le taille de ces statues et le choix des personnages qu’elles représentent— tous deux emblèmes nationalistes hindous — ne sont cependant pas anodins, alors que l’Inde entre en campagne électorale en vue des élections législatives de l’année prochaine.

Le Bharatiya Janata Party (BJP), parti au pouvoir depuis 2014 à New Delhi, «s’approprie des icônes depuis quelque temps», note Sudha Pai du Indian Council of Social Science Research.

Au Gujarat, la Statue de l’Unité, en l’honneur de l’un des personnages-clés de l’indépendance, Sardar Vallabhbhai Patel, culminera bientôt à 182 mètres de haut au barrage Sardar Sarovar.

Sur ce chantier, des milliers de travailleurs s’affairent actuellement à poser le revêtement en bronze en vue de l’inauguration programmée pour le 31 octobre, date anniversaire de la naissance du premier ministre de l’Intérieur de l’Inde post-coloniale.

Aussi appelé «l’homme de fer de l’Inde», pour la façon dont il a négocié le ralliement d’États princiers à la nation fraîchement émancipée, Patel est une figure politique révérée par les nationalistes hindous.

Ceux-ci considèrent que l’Histoire l’a injustement oublié au profit de Jawaharlal Nehru, premier chef de gouvernement du pays et issu des rangs du parti du Congrès, formation actuellement dans l’opposition.

«Patel a été utilisé pour effacer l’héritage de Nehru. Le BJP veut changer la façon dont l’Histoire est perçue et montrer que la droite était tout aussi importante dans la lutte de l’Inde pour la liberté» contre le colon britannique, analyse Sudha Pai.

Aéroport Shivaji, gare Shivaji...

Les positions de Patel, socialement conservateur et économiquement favorable aux milieux d’affaires, sont assez proches de celles du BJP d’aujourd’hui, explique Ghanshyam Shah, ancien professeur à l’université Jawaharlal Nehru de New Delhi.

«Chaque Indien regrette que Sardar Patel ne soit pas devenu le premier premier ministre» d’Inde, avait déclaré M. Modi en 2013.

En mettant en avant la place de Patel dans l’histoire indienne, la droite hindoue cherche à contrecarrer le legs de Nehru et sa famille, qui ont dirigé l’Inde moderne durant plusieurs décennies.

«Modi a énormément utilisé le legs de Patel dans ses campagnes électorales. Il utilisera très vraisemblablement la Statue de l’Unité durant la campagne à venir, mais je m’inquiète de la façon dont cela influencera les électeurs», estime Ghanshyam Shah.

En 2016, le premier ministre indien a également posé à Bombay la première pierre d’un mémorial controversé du roi marathe Chhatrapati Shivaji, le montrant chargeant épée au vent sur son cheval.

Prévue pour s’élever sur un affleurement rocheux en pleine mer face à la mégapole, la structure du Shivaji devrait dépasser celle du Patel de 30 mètres — en prenant en compte les piédestaux.

Notoire pour avoir combattu l’empire musulman des Moghols au XVIIe siècle, ce chef de guerre hindou est un héros régional au Maharashtra, État dont Bombay est la capitale. L’aéroport de la ville, la principale station ferroviaire ainsi qu’un parc sont déjà baptisés d’après Shivaji, dont le nom est souvent invoqué par le personnel politique local.

Les travaux préliminaires de la statue ont débuté pour récupérer des terres à la mer. Le complexe devrait notamment accueillir un musée, un amphithéâtre, un cinéma et des activités pour touristes.

Défenseurs de l’environnement et pêcheurs locaux s’opposent au projet en raison des dégâts que le chantier pourrait causer à l’écosystème.

Mais une facture d’ores et déjà faramineuse — 36 milliards de roupies (440 millions d’euros), peut-être davantage — et une date butoir rapprochée font que nombre d’habitants de la capitale économique doutent toutefois que le Shivaji soit achevé en 2021 comme prévu.