Après un an de travaux au coût de 3 millions $, qu’il a payés de sa poche, Robert Chauvet a réalisé son rêve de construire un immeuble digne d’un conte de fées. Un service de garde loue d’ailleurs les locaux.

Une garderie digne d'un conte de fées

MORINVILLE — Il était une fois, dans une ville située au nord d’Edmonton, un homme qui rêvait de construire quelque chose de magique.

Son rêve est devenu réalité.

En investissant 3 millions $ de son propre argent, Robert Chauvet a transformé un terrain de stationnement de Morinville en un lieu digne d’un conte de fées. L’immeuble a une drôle de silhouette, un toit sinueux, des portes de bois et, si on en croit le propriétaire, une cheminée qui a été écrasée par un géant.

«J’ai toujours été fasciné par l’imagination et l’esprit créatif des enfants», raconte ce grand-père, ancien propriétaire d’une entreprise de construction, aujourd’hui à la retraite. Tout le monde peut construire des maisons. Et qu’on en bâtisse 10 ou 1000, on ne demeure qu’un simple entrepreneur. On ne laisse rien d’extraordinaire en héritage.»

L’homme âgé de 71 ans souhaitait que le cœur des enfants se remplisse de joie en regardant sa dernière œuvre construite dans la ville de 9800 habitants. Il l’a conçue comme si c’était une garderie.

D’ailleurs, l’immeuble est loué à un service de garde, le Fable Child Care Centre (la Garderie des fables d’enfant), qui a ouvert ses portes en juin.

«Les enfants semblent heureux ici», souligne le père Dave Brooks, tout en aidant la petite Hadley, une fillette de deux ans, à se débarrasser de son manteau.

Le religieux trouve que l’immeuble ressemble à une maison de Hobbit sortie du Seigneur des anneaux.

Les portes en arches sont de la taille d’un adulte, à l’exception d’une seule, qui mène à la salle des nouveau-nés. Les parents et les employés doivent se pencher pour y entrer. Une autre salle, la toilette des enfants, ressemble à une caverne. Sur un mur, on peut voir un pauvre raton laveur se tortiller comme s’il attendait son tour.

Des fées et des lapins sont dessinés sur les murs. Des branches s’étendent jusqu’aux nuages peints au plafond. Une ambiance idéale pour la sieste.

«C’est une bénédiction de venir travailler ici tous les jours, s’exclame la responsable de la garderie, Bonnie Provost. Les enfants et les familles adorent [cet endroit].»

Mariages sur place

La garderie peut accueillir 85 enfants, mais elle n’en compte qu’un peu plus de la moitié.

Et d’ici l’an prochain, de nouveaux mariés pourraient côtoyer les enfants.

L'immeuble est occupé par le Fable Child Care, service de garde qui a débuté ses activités en juin.

M. Chauvet et sa femme, Hien Ho, espèrent louer les espaces de l’étage supérieur et le jardin fleuri pour des noces et des séances de photographie.

Marchant dans une allée du jardin, le couple montre du doigt une cascade dissimulant une porte cachée derrière laquelle vit un gnome.

M. Chauvet se dit particulièrement fier des tuiles du toit que les ouvriers ont découpées à la main pendant sept mois. Il se réjouit aussi des dessins d’enfant que l’on peut admirer dans les vitraux et jusque dans les fondations en béton.

Il rappelle comment un ouvrier a passé des heures à dessiner à genoux des ours et des papillons sur le béton.

On peut aussi voir le long de l’allée des statues de sept enfants qui ont aidé M. Chauvet à réaliser son rêve.

«Les enfants ont construit la garderie avec l’aide d’un vieux charpentier», rigole-t-il.