Un plésiosaure marin (Zarafasaura oceanis) provenant du bassin des phosphates de Khouribga», dans le centre du Maroc

Des Marocains veulent rapatrier le fossile de leur «monstre du Loch Ness»

Une association marocaine réputée a dénoncé mardi la mise en vente aux enchères en France début mars du squelette d'un dinosaure marin vieux de 66 millions d'années, déplorant le pillage d'un «trésor patrimonial unique».
L'Association pour la Protection du Patrimoine géologique du Maroc (APPGM), qui soupçonne une exportation illégale, a demandé le rapatriement de ce «plésiosaure marin (nommé Zarafasaura oceanis) provenant du bassin des phosphates de Khouribga», dans le centre du Maroc.
La vente de cette créature marine aux allures de monstre du Loch Ness «aura lieu à l'hôtel Drouot à Paris le 7 mars», avec une estimation de «ce fossile exceptionnel» à environ 450 000 euros (630 000 $CAN), selon l'APPGM.
Les plésiosaures, de grands reptiles marins fossiles, «faisaient partie des ''bêtes géantes'' primitives les plus emblématiques, qui ont intrigué les scientifiques et amateurs depuis plusieurs siècles», et ont certainement inspiré la légende du monstre du Loch Ness, rappelle la maison Drouot sur sa fiche de présentation du fossile.
Alertée par un article du quotidien français le Figaro annonçant la vente du squelette de ce dinosaure à «mi-chemin entre une tortue et un serpent», l'association marocaine a indiqué avoir «saisi le Directeur de la géologie pour savoir si ce spécimen a été autorisé à l'export».
«Si tel n'est pas le cas», elle demande aux autorités marocaines «d'intervenir auprès des organisateurs de cette vente pour la restitution du plésiosaure à son pays d'origine, le Maroc».
Selon la presse marocaine, qui cite un responsable au département de Géologie du ministère de l'Énergie et des mines, ce spécimen aurait été sorti illégalement du Maroc.
Sur son catalogue en ligne, la maison d'enchères parisienne Drouot affirme toutefois que «les vérifications préalables de conformité commerciale pour le dédouanement ont été effectuées et le spécimen a été inspecté et contrôlé par les douanes et les autorités du patrimoine en Italie, avant les opérations de préparation». Une équipe de spécialistes italiens a pris part à la restauration.
«Il a fallu presque deux années de préparation minutieuse» pour restaurer le squelette du reptile et «l'exposer dans une position et un environnement réalistes», précise Drouot, soulignant que «le seul spécimen comparable existant est exposé aux Etats Unis, au Wyoming Dinosaur Center à Thermopolis.