La nouvelle de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a fait la une de journaux de partout sur la planète et les jeux de mots étaient nombreux.

Des bizarreries dans la foulée de l’incendie de Notre-Dame de Paris [PHOTOS]

Des bizarreries ou faits surprenants sont survenus dans la foulée de l’incendie de Notre-Dame de Paris. En voici quelques-uns.

YouTube relie par erreur Notre-Dame en flammes au 11-Septembre

SINGAPOUR - YouTube a diffusé par erreur dans la nuit de lundi un bandeau informatif évoquant les attentats du 11-Septembre sous des images de Notre-Dame de Paris en flammes.

Alors qu’affluaient sur YouTube les images en direct de l’incendie qui a ravagé le monument, un texte apparu sous certaines vidéos se référait à une entrée de l’Encyclopedia Britannica consacrée aux attentats jihadistes qui avaient frappé les États-Unis en 2001. Ces attaques avaient fait près de 3.000 morts, pour la plupart à New York dans l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center.

«Ces bandeaux sont générés de manière algorithmique et nos systèmes peuvent parfois se tromper», a expliqué à l’AFP un porte-parole de YouTube, qui appartient au groupe américain Google. Le bandeau erroné a ensuite été désactivé.

«Nous sommes profondément peinés par l’incendie à la cathédrale Notre-Dame», a ajouté le porte-parole.

Pour lutter contre la désinformation, YouTube diffuse depuis l’an dernier des liens permettant de contextualiser une information en les affichant sous des vidéos contenant potentiellement des contenus douteux.

Cette nouvelle fonctionnalité est pour l’instant «uniquement disponible aux États-Unis et en Corée du Sud», a précisé un porte-parole à l’AFP.

Ce système, qui puise dans d’autres sources de référence extérieures dont Wikipedia, a été mis en place après d’intenses critiques envers YouTube, accusé de manquer de vigilance sur la diffusion de contenus trompeurs ou complotistes.

Les bandeaux rappellent des faits historiques vérifiés pour tenter de combattre la propagation de théories complotistes en utilisant des images de grands événements, tels que les premiers pas de l’homme sur la Lune.

L’incendie - apparemment accidentel - de Notre-Dame de Paris, qui s’est déclaré lundi peu avant 17H00 GMT, a été totalement éteint, a annoncé mardi peu avant 08H00 GMT le porte-parole des pompiers. Construite entre le XIIe et le XIVe siècle au coeur de la capitale française, la cathédrale gothique est le monument historique le plus visite d’Europe. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1991.

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Le Amon N’Douffou V salue ses sujets lors d'une sortie publique.

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Un roi ivoirien veut participer à la reconstruction

ABIDJAN - Le roi de Krindjabo, capitale du royaume du Sanwi, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire, va faire un don pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, où avait été baptisé dans les années 1700, Louis Aniaba, un prince du royaume.

«Je suis en pleine consultation avec mes notables, nous allons faire un don pour la reconstruction de ce monument», a déclaré à l’AFP le roi Amon N’Douffou V.

«Les images (de l’incendie) ont troublé mon sommeil et je n’ai pas pu passer la nuit, car cette cathédrale représente un lien fort entre mon royaume (le Sanwi, un protectorat français depuis juillet 1843) et la France», a souligné le souverain du royaume akan - grand groupe ethnique qui s’étend de la Côte d’Ivoire au Togo.

À l’âge de 15 ans, le prince Aniaba, noble local, avait été emmené en France en 1687 par le chevalier d’Amon en gage de fidélité à Louis XIV. Il avait été baptisé par Bossuet et avait pris le prénom de son parrain : Louis. Il devint Louis Aniaba, avant d’être nommé officier dans le régiment royal, avec le grade de capitaine.

Louis XIV le distinguera de «l’Ordre de l’Étoile de Notre-Dame» et le 12 février 1701, il reçut les insignes de son ordre dans la cathédrale Notre-Dame avant de repartir en Côte d’Ivoire.

Des tabloïds serbes évoquent une «punition divine»

BELGRADE - L’incendie de Notre-Dame de Paris est une «punition divine», ont estimé deux tabloïds serbes en rappelant qu’un drapeau du Kosovo avait été hissé dans la cathédrale au moment du centenaire de l’Armistice de 1918.

«La punition divine les a rattrapés», ont titré à l’unisson les tabloïds Alo et Informer. Alo y voit une rétribution pour avoir «craché sur les victimes serbes» de la guerre du Kosovo.

Proches du pouvoir, les deux médias ont toutefois rapidement retiré ces articles lundi soir.

Dans le cadre des festivités du centenaire de la guerre de 1914-1918, l’intérieur de la cathédrale parisienne avait été pavoisé aux couleurs de tous les invités aux cérémonies, dont le Kosovo.

La Serbie, qui ne reconnaît pas l’indépendance de son ancienne province méridionale, avait crié au «scandale».

Les relations entre Paris et Belgrade s’étaient encore envenimées quand le président du Kosovo Hashim Thaçi avait été placé le 11 novembre dans la tribune d’honneur alors que son homologue de Serbie, Aleksandar Vucic, était installé dans une tribune secondaire.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup reprenaient la thématique initialement choisie par Alo et Informer.

«Que brûle quiconque a bombardé le Republika Srpska (entité serbe de Bosnie) et la Serbie innocentes et impuissantes», écrivait ainsi sur Twitter Rajko Vasic.

La Serbie commémore le vingtième anniversaire des frappes de l’Otan qui l’avaient forcée à retirer ses troupes du Kosovo, mettant de facto un terme au conflit contre les indépendantistes kosovars albanais. Cette campagne reste vécue comme une humiliation et un profond traumatisme par les Serbes.

D’autres opinions s’exprimaient toutefois. «Tous ceux qui se réjouissent ce soir devraient se demander quels sont nos péchés, après l’incendie qui a ravagé l’église (serbe) Saint-Sava» de New York en 2016, a écrit Alex Krstanovic.

Le président Aleksandar Vucic a exprimé son soutien à la France, affirmant que «tous les citoyens de Serbie sont tristes» et sont avec leurs «amis français». Il a assuré que son pays se tenait prêt «à aider la reconstruction de ce symbole de la civilisation française et mondiale».

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La cathédrale Notre-Dame de Hongrie, à Szeged, mardi

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Une ville hongroise redevable à Paris fait un don

BUDAPEST - La ville hongroise de Szeged, dévastée par une inondation il y a plus d’un siècle, a annoncé mardi un don de 10.000 euros pour aider à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, rappelant l’aide qu’elle avait elle-même reçue de la capitale française pour se relever.

«Il y a 140 ans, Paris avait fourni une aide à la reconstruction de Szeged après sa grande inondation; maintenant dans un esprit de solidarité européenne, Szeged aide Paris», écrit dans un communiqué cette ville du sud du pays, située à quelque 160 kilomètres de Budapest.

Le 12 mars 1879, la plupart des bâtiments de Szeged, construite au bord de la rivière Tisza - un affluent du Danube - avaient été détruits par une inondation dévastatrice qui a également coûté la vie à plus de 160 personnes.

De nombreuses capitales européennes, dont Paris, avaient alors envoyé une aide financière pour reconstruire la ville et par gratitude Szeged a baptisé plusieurs boulevards du nom des villes qui l’ont aidée, notamment Paris, Vienne et Londres.

La municipalité de cette ville de 160.000 habitants, troisième plus grande commune de Hongrie, indique également collecter les dons de particuliers pour la reconstruction de la cathédrale parisienne ravagée par les flammes dans la nuit de lundi à mardi.

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Alice Weidel, figure de proue de l’Alternative pour l’Allemagne

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L’extrême droite allemande évoque une attaque anti-chrétienne

 BERLIN - Une responsable de l’extrême droite allemande a dénoncé mardi les violences faites aux chrétiens après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, alors que la piste accidentelle est privilégiée par les enquêteurs français.

«Pendant la semaine pascale,  #NotreDame brûle. En mars: la deuxième plus grande église Saint-Sulpice brûle. En février: 47 agressions en France. L’Observatoire de l’intolérance et la discrimination des chrétiens en Europe dénonce une hausse significative.  #NotreDameCathedral», écrit sur Twitter Alice Weidel, figure de proue de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Publiant uniquement un lien vers un article datant du mois de mars sur l’incendie de Saint-Sulpice, Mme Weidel n’apporte aucune explication quant à ses raisons pour invoquer des discriminations anti-chrétiennes après le sinistre de Notre-Dame.

En France, une enquête a été ouverte pour «destruction involontaire par incendie». La piste d’un départ de feu accidentel depuis le chantier de rénovation en cours sur le toit de la cathédrale «retient l’attention des enquêteurs en l’état des investigations», a précisé une source proche du dossier.

L’incendie de l’Église Saint-Sulpice à Paris auquel se réfère Mme Weidel fait l’objet d’une enquête en France.

Quant à l’Observatoire qu’elle cite, il ne s’agit pas d’une instance officielle, mais d’une ONG enregistrée en Autriche qui n’était pas joignable dans l’immédiat par l’AFP. Mais cette organisation n’a pas évoqué de piste anti-chrétienne concernant Notre-Dame ni sur ses comptes Twitter ou Facebook, ni sur son site internet.

L’AfD et ses dirigeants présentent l’islam et les musulmans comme des menaces pour la culture chrétienne en Allemagne et en Europe.

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Un Canadair CL-415

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Un Canadair sur Notre-Dame ? Comme «jouer au bowling avec la cathédrale»

MARSEILLE - «Peut-être faudrait-il utiliser des bombardiers d’eau», conseillait lundi Donald Trump aux pompiers français pour éteindre les flammes qui ravageaient Notre-Dame. «Ce serait comme jouer au bowling avec la cathédrale, tout s’effondrerait», a répondu mardi le porte-parole de la Sécurité civile à l’AFP.

Un Canadair, c’est 6.300 litres d’eau embarqués. Au moins 3.000 litres en ne larguant qu’une des deux soutes. «L’équivalent d’un bloc de béton de 3 tonnes, lancé à 250 km/h, explique le lieutenant-colonel Michaël Bernier. Et là, ce sont les deux tours qui risquaient de s’effondrer».

«C’est techniquement impossible, irréalisable, et surtout ce serait totalement inutile», insiste ce gradé des sapeurs-pompiers, porte-parole de la Sécurité civile, encore étonné qu’une proposition aussi «risible» ait pu être reprise et envahir les réseaux sociaux lundi soir, alors que les soldats du feu luttaient contre le sinistre.

Réservés aux zones non habitées, de tels largages d’eau sont impossibles dans des secteurs urbanisés, et encore plus sur une ville d’une densité telle que Paris.

«Les immeubles voisins seraient touchés par les blocs de pierres projetés, sans compter qu’il faudrait au préalable évacuer la totalité du site», insiste M. Bernier. Impossible donc lundi soir à Notre-Dame, avec 500 sapeurs-pompiers mobilisés, dont certains sur l’édifice lui-même.

Même avec un hélicoptère bombardier d’eau qui ne transporte que 1.500 litres d’eau, loin donc des volumes embarqués par les Canadair, les dégâts seraient considérables: «C’est la nef qui s’effondrerait, il n’y aurait plus d’arcs-boutants».

«Le largage d’eau par avion sur ce type d’édifice pourrait entraîner l’effondrement de l’intégralité de la structure», avait tweeté dès lundi soir la Sécurité civile.

Aux États-Unis, l’idée de tels largages d’eau a été testée sur un camion en feu, sur une route, raconte le lieutenant-colonel Bernier: «Après, il ne restait plus rien, tout était broyé».

Autre paramètre qui rendait impossible lundi soir l’intervention de tels bombardiers d’eau, l’interdiction en France de largages de nuit, contrairement à ce qui se pratique en Australie par exemple: «Là-bas, ils vont intervenir dans des secteurs à 100 kilomètres de la première maison. Au pire, ils tuent un kangourou !»