Sein Maung working s’entraîne dans son gymnase de Rangoun, en Birmanie, le 7 février dernier. 
Sein Maung working s’entraîne dans son gymnase de Rangoun, en Birmanie, le 7 février dernier. 

À 91 ans, un culturiste birman continue de soulever ses poids sans craindre la COVID-19 [PHOTOS]

AFP
Agence France-Presse
RANGOUN — Tout fier, Sein Maung bande ses biceps et ses pectoraux devant son miroir. Ancien champion national de culturisme, ce bodybuilder birman soulève encore de la fonte à 91 ans.

Son sport, il a commencé à le pratiquer il y a environ 70 ans, quand les militaires n’étaient pas encore au pouvoir dans le pays d’Asie du Sud-Est.

C’est à la fin des années 50 qu’il s’est illustré par ses performances. En 1958, il remporte le concours «Mr Olympic» puis, l’année suivante, il est couronné «Mr Birmanie» dans ce pays où les concours de culturisme attirent les foules.

«Tous mes frères sont morts vers 70 ans, mais moi, je suis toujours là», raconte-t-il crânement à l’AFP.

Sein Maung working prend la pose pour le photographe durant son entraînement, dans son gymnase de Rangoun, en Birmanie, le 7 février dernier. 

Il attribue sa longévité à son mode de vie discipliné, avec pratique religieuse, alimentation saine... et beaucoup d’exercice physique.

Avant chaque entraînement, il récite des prières bouddhistes. Puis il s’oint le corps et se met à pratiquer sur les machines.

Sein Maung raconte qu’il s’amusait déjà, adolescent, à soulever de lourds blocs de bois dans son petit village de la région rurale d’Ayeyarwaddy.

Il ne savait même pas que le culturisme était un vrai sport.

C’est lors de son passage sous les drapeaux, en 1950, qu’il assiste à sa première démonstration de bodybuilding.

Sa carrière décolle quelques années plus tard. Dans les années 60, il joue dans deux films et prodigue ses conseils sportifs à des aspirantes au concours de beauté Miss Birmanie.

Contrairement à la grande époque, où elle comptait quelque 200 inscrits, la salle d’entraînement de Sein Maung ne compte plus qu’une poignée d’adeptes, dont beaucoup de femmes âgées. Mais c’était avant la fermeture forcée par la pandémie de coronavirus. 

Et en 1962, l’année où l’armée prend le pouvoir, il ouvre à Rangoun, la plus grande ville du pays, sa salle de sport.

Elle est toujours ouverte aujourd’hui ; mais contrairement à la grande époque, où elle comptait quelque 200 inscrits, seule une poignée continuent d’y venir, dont beaucoup de femmes âgées.

Il prend son sport tellement à coeur que cela éloigne les nouveaux aspirants, reconnaît-il.

«Je m’énerve et dis aux gens de partir s’ils ne prennent pas le culturisme au sérieux. Je ne peux pas contrôler ma colère», dit-il.

La salle de sport est actuellement fermée pour éviter de propager le nouveau coronavirus.

Mais Sein Maung continue inlassablement sa routine de chez lui : prières, régime hyper-protéiné et sport, convaincu d’entretenir ainsi son système immunitaire.

A-t-il peur du coronavirus? «Je sais que ce sont surtout des personnes âgées qui en meurent. Mais ce n’est pas parce que j’ai plus de 90 ans que je suis inquiet. Je n’ai pas peur de la mort», tranche-t-il.

Sein Maung continue inlassablement sa routine de chez lui: prières, régime hyper-protéiné et sport, convaincu d’entretenir ainsi son système immunitaire. 
Cette photo prise mardi montre un gymnase déserté par ses habitués. 
Sein Maung