Les opérations massives d’asphaltage réalisées au cours des dernières années ont permis de ramener le pourcentage de désuétude assez bas (12 %) étant donné qu’il était à 27 % en 2013, signale le directeur du service de l’ingénierie à la Ville de Québec, Daniel Lessard.

Infrastructures à Québec: rattrapage de 539 M$

La Ville de Québec doit investir près de 2 milliards $ sur 10 ans dans ses infrastructures, dont 539 millions $ uniquement en rattrapage pour remplacer et réhabiliter celles qui sont désuètes. Pour y arriver, l’administration Labeaume demande une aide financière substantielle et constante des gouvernements fédéral et provincial.

Le directeur du service de l’ingénierie, Daniel Lessard, a dressé, mardi, un bilan exhaustif de l’état des infrastructures de la Ville dont l’actif s’élève à 11,5 milliards $. Grâce à des outils de pointe, il s’agit d’un premier état de la situation aussi détaillé depuis les fusions de 2001, avance-t-il. Tellement précis, que la Ville désire faire connaître sa méthode pour que d’autres villes profitent de cette expertise.

Au fil des ans, le long inventaire fait des conduites d’égout et d’aqueduc, des trottoirs, des rues, des stationnements, des ponts et viaducs, des lampadaires et autres permet d’établir que 92 % des infrastructures sont en bon état. Il reste que, toutes structures confondues, 8 % sont en mauvais état. 

C’est beaucoup ou peu? Toujours trop, pourrait-on dire, tenant compte des coûts élevés pour les remplacer ou les réhabiliter (prolonger leur durée de vie). Par exemple, 3 % des conduites d’eau sont jugées désuètes. Cela représente 66 des 2550 km de conduites répertoriés. Pour la chaussée, le pourcentage atteint 12 % de désuétude, c’est-à-dire 292 des 2360 km de rues.

À ce chapitre, M. Lessard précise que les opérations massives d’asphaltage réalisées au cours des dernières années ont permis de ramener le pourcentage de désuétude assez bas (12 %) étant donné qu’il était à 27 % en 2013.

La Ville a l’ambitieux projet de ramener à zéro le pourcentage de désuétude de ses infrastructures et investir par la suite juste ce qu’il faut pour investir dans le maintien des infrastructures, sans devoir les remplacer en urgence d’ici 2050. Elle se donne 10 ans pour réaliser son plan. Elle doit investir chaque année jusqu’en 2030, 198,6 millions $ dont 53,9 millions $ en rattrapage.

Financement inconstant

Cependant, elle rencontre un problème : le manque de financement des paliers de gouvernement supérieurs. «Comment peut-on planifier [nos travaux] quand une année on est à 17 % de subventions et une autre année à 56 %? questionne Régis Labeaume. Les gouvernements sont imprévisibles et inconstants et il est difficile de planifier», ajoute-t-il. La moyenne de financement des gouvernements des 10 dernières années s’élève à 37,8 % du total des investissements. 

«Ils devraient payer entre 50 et 55 % et conclure des ententes de cinq ans pour savoir où on s’en va», renchérit le maire, soulignant que la Ville a toujours profité des années généreuses en programmes d’aides pour investir davantage dans ses infrastructures. De 2008 à 2019, la Ville a injecté 1,7 milliard $ dont 654 millions $ proviennent de subventions. L’investissement annuel moyen s’élevait alors à 155 millions $, dont 144,7 millions $ pour le maintien en bon état et 10 millions $ en rattrapage.

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EN CHIFFRES

  • 54 000 regards (trous d’hommes) ont été soulevés pour y insérer des caméras et engins téléguidés pendant l’inventaire des infrastructures en sous-sol.
  • 60 000 relevés d’arpentage et 30 000 plans papiers ont été inventoriés à la suite des fusions municipales.
  • 2,6 % du réseau d’égout était jugé désuet en 2013 alors que ce taux est de 12 % en 2019. Cette différence s’explique par l’inexactitude des données de 2013 plus que par une détérioration du réseau.
  • 246 millions $ est le montant de l’actif des 52 425 lampadaires. 
  • 22 ouvrages d’art seulement sont désuets sur les 1936 répartis dans la ville.