:Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, répond aux journalistes au terme du congrès extraordinaire du parti à Trois-Rivières. À ses côtés se tiennent le nouveau président du PQ, Dieudonné Ella Oyono, et la présidente de l’aile jeunesse du PQ, Frédérique St-Jean.

Indépendance: le PQ repart à neuf

TROIS-RIVIÈRES — «Nous demandons aux Québécois de nous juger non pas sur le passé, mais sur ce que nous sommes maintenant, aujourd’hui, et sur ce que nous proposons pour demain.»

Le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé a ainsi mis un terme, dimanche, à Trois-Rivières, à un congrès du Parti québécois (PQ), qui espère ainsi se relancer après sa débâcle électorale historique de l’an dernier.

Le PQ a adopté une déclaration de principes afin de faire campagne pour l’indépendance, sans tomber dans la mécanique référendaire. Il a également simplifié ses règles de fonctionnement.

Plus besoin de provoquer des crises avec le gouvernement fédéral pour raviver la flamme souverainiste : les choses ont changé depuis 25 ans, a argué M. Bérubé.

«Relevons la tête, n’ayons plus peur de perdre, la nation québécoise se réveille et bientôt, les Québécois se diront oui, parce qu’ils auront recommencé à rêver de ce qu’ils pourraient être dans un Québec indépendant», a affirmé le nouveau président du PQ, Dieudonné Ella Oyono, devant les 400 militants.

Élu par acclamation, ce Gabonais d’origine devient le premier président du PQ issu de la diversité.

Il se donne notamment comme mission de prendre le bâton de pèlerin pour parler d’indépendance dans les communautés issues de la diversité.

«Dans ces communautés, il y a beaucoup de gens qui sont favorables à notre mouvement politique», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Quant aux accusations de racisme qui accablent souvent le PQ depuis le débat sur la Charte de la laïcité, M. Ella Oyono a dit : «C’est parce qu’ils ne nous connaissent pas. Quand ils vont découvrir le nouveau Parti québécois, il n’y a plus personne qui va nous traiter de racistes.»

Valeurs

Dans sa nouvelle déclaration, le PQ énonce des valeurs de liberté, de justice, d’équité, de nationalisme, de protection de l’environnement.

Sur ce dernier enjeu, la présidente de l’aile jeunesse péquiste, Frédérique Saint-Jean, soutient que sa formation a ce qu’il faut pour rallier les jeunes, parce qu’elle a confectionné l’offre «la plus sérieuse» dans la lutte contre les changements climatiques, bien plus que celle de Québec solidaire, selon elle.

Autrement, le PQ a plutôt évité d’attaquer ses adversaires, autant le gouvernement caquiste que les autres partis. Pascal Bérubé a évoqué la nécessité de changer de ton et d’inspirer les gens.

«On a parlé en mal de personne, on a parlé que de ce qu’on a à offrir, n’est-ce pas là ce que les gens nous demandent?»

Le chef péquiste n’a pas frappé le clou concernant le cafouillage du gouvernement caquiste, qui a dû retirer son dernier projet de règlement sur l’immigration.

«Ce sont des enjeux provinciaux, nous, on veut l’indépendance», a-t-il rétorqué, en plaidant que les arguments en faveur de la souveraineté sont toujours aussi actuels.

Par exemple, les gens réalisent que le fédéral peut décider de passer un pipeline au Québec sans son accord, ou encore Ottawa peut faire invalider une loi sur la laïcité adoptée par le Québec, ou s’opposer aux règles du Québec sur l’immigration.

C’est le gouvernement Legault qui exposera rapidement «les limites d’une province», a argué le chef péquiste.

Qui?

Maintenant que le PQ a réglé le «quoi», il s’attaquera au «qui», a résumé le chef intérimaire. En effet la course à la direction du parti est déjà commencée officieusement, mais des règles seront définies en février avant son lancement officiel l’an prochain.

Une source proche du dossier a laissé entendre qu’il serait favorable à un système de primaire dans chaque région, un peu comme les primaires qui se déroulent aux États-Unis.

Le PQ a par ailleurs décidé de permettre non seulement aux membres, mais aussi à des «sympathisants» de voter pour le prochain chef, selon des modalités qui restent à déterminer.

Déjà, des candidats pressentis, comme le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et l’ancien candidat à la course de 2016, Paul Saint-Pierre Plamondon, s’activaient dans les corridors durant la fin de semaine.

Les deux ont par ailleurs qu’ils allaient observer le travail des militants sur l’enjeu des changements climatiques.

«Je pense que le Parti québécois doit devenir le joueur de référence en matière d’environnement en amenant des réponses crédibles», a dit M. Saint-Pierre Plamondon.