Un nouveau radar photo doit être installé le long du boulevard Charest Ouest, à l'approche de l'avenue Saint-Sacrement.

Inconfort autour d'un nouveau radar photo

Le maire Régis Labeaume rejette sur le ministère des Transports du Québec (MTQ) la responsabilité du choix de l'emplacement du nouveau radar photo du boulevard Charest, qui promet d'être très lucratif.
Dans un communiqué de presse, le MTQ a annoncé la mise en fonction lundi de deux nouveaux radars photo. Ils contrôleront à la fois les feux rouges et la vitesse le long du boulevard Charest Ouest, à l'approche de l'avenue Saint-Sacrement, ainsi qu'à l'intersection de l'autoroute Henri-IV et de l'avenue Industrielle, dans le secteur Val-Bélair.
Dans le premier cas, la limite de vitesse passe de 100 à 70 kilomètres/heure sur une très courte distance, puis à 50 km/h juste devant le radar, situé à une large intersection. Les clichés - et les constats d'infraction - risquent donc d'être très nombreux.
Preuve que la soupe est chaude, le MTQ a précisé dans son communiqué de presse que l'emplacement a été choisi par la Ville de Québec.
Vendredi, le maire a plutôt renvoyé la balle au provincial: «C'est le gouvernement qui les installe. S'il nous demande les lieux qui sont les plus accidentogènes, on lui dit. Pour l'argent, nous autres, on ne s'occupe pas de ça. Nous autres, c'est les risques d'accidents. S'il nous demande quels sont lieux les plus accidentogènes, on lui donne les statistiques. Le reste, c'est sa décision.»
Lors de l'annonce du projet pilote de coopération municipale, à l'automne 2015, le radar photo fixe apparaissait dans la liste des sites soumis par la Ville de Québec et approuvés par décret gouvernemental. L'appareil de surveillance aux feux rouges était destiné à l'intersection de la rue Dorchester, mais il a été impossible de l'y installer en raison d'un sous-sol saturé par les infrastructures publiques. Le choix s'est donc porté vers l'approche de l'avenue Saint-Sacrement. 
Pour ses radars photo mobiles, la Ville de Québec a rompu avec la tradition et privilégié des secteurs où les policiers et les citoyens sont préoccupés par la vitesse plutôt que les sites où il y a le plus d'accidents.
Manque d'information
Benoit Charette, porte-parole en transports de la Coalition avenir Québec, a profité de l'occasion pour dénoncer ce qu'il considère comme un manque d'information sur le processus de sélection des emplacements pour les radars photo ainsi que la façon de calculer le nombre d'accidents avant et après une implantation.
«Lorsqu'il y a une implantation nouvelle, qu'on la justifie et qu'on nous démontre clairement que c'est pour améliorer le bilan routier. Et du coup, qu'on explique les dangers de tel ou tel tronçon pour qu'on soit doublement avertis et doublement prudents lorsque vient le temps de l'emprunter», a fait valoir le député de Deux-Montagnes.