«Ce que je demande au ministère de l’Environnement, c’est qu’on rehausse nos normes environnementales par rapport à la qualité de l’air», insiste le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti.

Incinérateur: Zanetti demande à la CAQ de sévir contre la Ville de Québec 

Le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, invite le ministre de l’Environnement caquiste à tenir la bride haute à la Ville de Québec dont l’incinérateur à déchets expulse toujours plus de pollution atmosphérique que le permet la réglementation étatique.

«Mon objectif, c’est qu’on en parle de plus en plus, pour pouvoir forcer le gouvernement à bouger là-dessus», explique l’élu de Québec solidaire, durant un entretien avec Le Soleil. «Pour l’instant, on n’a pas l’impression qu’il va bouger. Mais moi, ce que je veux, c’est qu’il finisse par le faire le plus rapidement possible parce que c’est vraiment les gens [des circonscriptions] de Jean-Lesage et Taschereau qui mangent la claque environnementalement parlant.»

Sol Zanetti ajoute : «Ce que je demande au ministère de l’Environnement, c’est qu’on rehausse nos normes environnementales par rapport à la qualité de l’air.» 

Il voudrait notamment que les tests de contamination effectués à la sortie des cheminées de l’incinérateur soient plus fréquents. Aussi, que la Ville de Québec soit forcée de trier les déchets avant de les brûler; piles, bonbonnes de propane, appareils électroniques et pneus devraient être retirés. «On se retrouve à brûler ces choses que les gens de Limoilou, Maizerets, de la Basse-Ville, respirent.»

Lui-même résident du Vieux-Limoilou, coureur foulant à l’occasion les sentiers de la rivière Saint-Charles, il dit s’inquiéter de la qualité de l’air qu’il inhale.

Vapeur

Le député Zanetti s’inquiète également de la vente annoncée de la vapeur produite par l’incinérateur au mégacentre hospitalier en construction sur le terrain de l’Enfant-Jésus. Ce projet énergétique est présenté avec un sceau «vert», note-t-il. 

«Qu’est-ce qui arrive avec le contrat de vente de vapeur à l’Enfant-­Jésus si on enregistre des dépassements des normes environnementales à l’incinérateur une fois que tout est installé? Une fois que le tuyau est fait, est-ce qu’il y a des mesures de suspension de l’entente en cas de dépassements ? Si ce n’est pas le cas, ça veut dire qu’on va mettre en danger la santé du monde en utilisant cette vapeur-là.»

40 millions $

Rappelons que la Ville a annoncé en novembre dernier vouloir dépenser 40 millions $ afin de relier l’hôpital et l’incinérateur par une conduite souterraine de 2,2 kilomètres. La nouvelle source d’énergie permettra de combler presque tous les besoins de chauffage et de climatisation de l’établissement de santé.

Ce projet réduira l’usage de combustibles fossiles par le nouveau complexe hospitalier, a souligné la Santé publique locale en donnant son appui… à condition que l’incinérateur réussisse à produire de la fumée non contaminée.

L’objectif est ambitieux. Récemment, Le Soleil a révélé que les investissements pour assainir les rejets des cheminées n’ont pas encore porté fruit : des contaminants sont toujours expulsés dans l’air, au-delà des cibles. Surtout du monoxyde de carbone, en bonne quantité; aussi des chlorophénols et chlorobenzènes, selon les données de 2019.

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Ces dépassements des cibles ne sont pas exceptionnels. Le ministère de l’Environnement du Québec a d’ailleurs mis à l’amende la Ville de Québec trois fois au cours des récentes années pour non-respect des normes environnementales de rejets toxiques. Et la quatrième contravention pourrait être envoyée bientôt, les données de 2019 n’étant pas réjouissantes. 

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