La grande maison détient une valeur patrimoniale classée supérieure en raison de son intérêt historique et architectural.

Incendie majeur à la Villa Livernois: la Ville taxée de négligence

La Villa Livernois, un bâtiment patrimonial situé sur le boulevard Masson à Québec, a été détruite par le feu dimanche. Des citoyens blâment la Ville de Québec, qui avait laissé l’état de la maison se dégrader.

Le feu s’est déclaré en avant-midi dimanche, les services d’urgences ont été contactés vers 10h30 et l’intervention aura duré toute la journée. À un moment, ils étaient 65 pompiers pour combattre les flammes de la grande maison désaffectée, dont le service en électricité est interrompu.

À l’arrivée des pompiers, le feu était éclaté, il y avait présence de fumée noire et les flammes pouvaient être visibles sur le toit. 

À 14h15, les pompiers estimaient peu probable que l’incendie ne s’aggrave. Ils ont ensuite eu recours à une pelle mécanique pour éteindre les derniers foyers d’incendie. La structure était devenue trop faible et instable pour intervenir sécuritairement à l’intérieur.

Le Service incendie de la Ville de Québec (SPCIQ) aura cependant évité la propagation aux bâtiments voisins. Le boulevard Masson est demeuré fermé à la circulation pour toute la durée de l’intervention entre les boulevards Père-Lelièvre et Wilfrid-Hamel

Pour ce qui est de la cause de l’incendie, le dossier a été transmis au Service de police de Québec. Le porte-parole du SPCIQ, Bill Noonan, indique que l’hypothèse d’un incendie criminel est considérée. 

Un bâtiment patrimonial

La Villa Livernois détenait une valeur patrimoniale classée supérieure en raison de son intérêt historique et architectural. L’endroit avait été construit en 1905 et a appartenu à Jules-Ernest Livernois, photographe et homme d’affaires aisé de Québec. Le style néo-Renaissance italienne de la maison faisait tourner les têtes, il s’agissait d’un rare exemple de ce type architectural dans la ville de Québec.

Depuis 2015, la Villa Livernois était laissée à l’abandon, les portes et fenêtres étaient d’ailleurs placardées. 

En décembre 2018, Radio-Canada rapportait qu’un groupe de citoyens mobilisés voulait sauver la villa. Il aurait d’ailleurs demandé l’intervention du SPCIQ pour protéger l’endroit et limiter l’accès. Les citoyens craignaient que les promoteurs laissent le bâtiment se dégrader jusqu’à ce que la démolition soit la seule option.

«Je ne suis pas étonnée, mais je suis choquée. Je sais qu’il y avait encore des jeunes qui allaient là, il y en avait hier. Ça peut juste être un mégot de cigarette ou un accident», exprime Valérie Martel, qui était à l’origine du groupe de citoyens.

Son groupe Facebook pour sauver la Maison Livernois rassemble d’ailleurs plus de 200 membres.

«Selon moi, la Ville a 99 % de la responsabilité de ce qui s’est passé [dimanche], peu importe comment le feu s’est déclenché. J’ai communiqué avec la conseillère du quartier, j’ai monté des dossiers, j’ai parlé avec l’opposition, j’ai tout essayé. Ils auraient pu faire quelque chose bien avant. C’est dommage, bientôt on n’aura plus rien pour parler de notre passé.»

Bien que la maison soit reconnue patrimoniale, les efforts d’entretien étaient moindres depuis plusieurs années. La maison avait subi une importante détérioration.

Des condos

Plus tôt cette année, les Immeubles Vivo avaient manifesté leur intérêt de construire un complexe de 40 logements sur le terrain, leur projet impliquait la conservation de la villa centenaire.

«J’aimais leur projet, ils avaient l’intention de conserver la structure extérieure intacte même si ça coûtait cher. Ils avaient de belles intentions, mais les propriétaires ont tout fait pour que l’endroit s’écroule. Le terrain, c’est une mine d’or. Ils sont là pour l’argent ces gens-là. Ils se fichaient du côté patrimonial», déplore aussi Mme Martel

La propriété et ses terrains sont à vendre sur le site d’Immeubles Tandem, qui en sont les actuels propriétaires. Le coût est évalué à plus d’un million $.