Les consultants retenus devront évaluer les impacts économiques d'un troisième lien pour la région de Chaudière-Appalaches, mais aussi pour l'est du Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et même les provinces maritimes.

Impacts économiques d'un troisième lien: Lévis veut ratisser large

La Ville de Lévis ratisse large, mais n'abîmera pas sa calculatrice avec son étude sur un éventuel troisième lien routier Québec-Lévis. Les consultants retenus doivent évaluer les impacts économiques pour la région de Chaudière-Appalaches, mais aussi pour l'est du Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et même les provinces maritimes. L'analyse sera d'abord qualitative et «si possible, également quantitative».
Les impacts économiques d'un «bouclage routier inter-rives» pour «l'est du Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord de même que les provinces maritimes» constituent le troisième volet de l'étude commandée par la Table régionale des élus municipaux de la région de Chaudière-Appalaches et dirigée par la Ville de Lévis. Les deux premiers volets concernent justement Chaudière-Appalaches et Lévis.
Cette grande portée géographique est justifiée par le désir de bien documenter les effets réels de la congestion et les bienfaits anticipés d'un nouveau pont ou tunnel, explique Philippe Meurant, directeur du développement économique et de la promotion de la Ville de Lévis. 
«Quand vous parlez de matières dangereuses ou de camionnage, on ne peut pas se résumer strictement à regarder les intérêts de la seule région métropolitaine de Québec. Il faut vraiment penser beaucoup plus large parce que vous avez des entreprises, implantées peu importe la rive d'ailleurs, qui ont des fournitures, des biens et services qui leur viennent d'un peu partout» et qui livrent également un peu partout, fait valoir M. Meurant. 
Les élus de la rive sud ne cachent pas qu'avec leur étude, ils sont à la recherche d'arguments pour justifier la construction d'un troisième lien entre les deux rives dans le but d'améliorer la fluidité de la circulation et de stimuler le développement économique du secteur est.
En 2010, l'étude des retombées économiques d'un nouvel amphithéâtre à Québec, réalisée par Ernst & Young pour Équipe Québec, avait été critiquée pour avoir inclus les Maritimes dans le portrait, ce qui avait pour effet de bonifier les retombées économiques totales du projet. 
Plus de mots que de chiffres
M. Meurant réplique que l'étude sur le troisième lien ne se concentrera pas sur les retombées économiques. Elle décrira plutôt la réalité avec des mots plus que des chiffres, de façon qualitative plus que quantitative. 
Cette manière de procéder s'est imposée lors du processus d'appel d'offres, qui a dû être repris deux fois avant de trouver un consultant intéressé. 
Le premier appel d'offres sur invitation remonte à octobre. Il a été annulé avant la réception des soumissions car le document avait été coulé à un journaliste. Une seconde version a été lancée le 28 novembre. Le nombre d'entreprises invitées est passé de 5 à 7, mais aucun soumissionnaire ne s'est manifesté. 
La Ville de Lévis a réagi en consultant les deux firmes qui avaient appelé pour des informations sur l'appel d'offres. Il fallait comprendre ce qui les avait freinées, explique M. Meurant, pour retravailler le mandat. Les réponses tournaient autour des délais de réalisation trop courts et des données de départ pas assez travaillées sur fond de budget insuffisant. 
«Ça nous a amené à donner un peu plus d'air, un peu plus d'oxygène en termes de délais, à recentrer un peu plus notre livrable sur ce que nous souhaitions réellement avoir, donc expliquer clairement ce qu'il en était du point de vue qualitatif et ce que nous anticipions au niveau quantitatif», souligne le directeur. 
Il donne l'exemple des impacts de la congestion qui, au lieu de donner lieu au calcul des pertes économiques, devrait tourner autour d'une énumération d'entreprises affectées et des effets rapportés. Une liste d'impacts négatifs est d'ailleurs suggérée dans les documents d'appel d'offres. 
Pour l'emplacement du troisième lien, on ne parle plus d'une étude coûts/bénéfices, mais des avantages et inconvénients d'une construction à l'est ainsi que de l'option ouest privilégiée par la Ville de Québec. 
La troisième invitation a finalement permis d'obtenir une soumission, celle de Raymond Chabot Grant Thornton, une des deux firmes consultées, qui a décroché le contrat pour 86 000 $ plus taxes. 
Le sous-traitant a jusqu'à la fin du mois de mars pour déposer l'étude, dont la publication est prévue à la fin du mois d'avril. Considérant les délais encourus pour conclure l'appel d'offres, il n'y a pas plus de temps alloué pour la réalisation du mandat.