Afin de bien marquer l’importance qu’un gouvernement caquiste conférerait au poste de vice-première ministre, la titulaire s’installerait dans l’édifice Honoré-Mercier, sur la Colline parlementaire.

Il y aurait un duo à la tête d'un gouvernement de la CAQ

EXCLUSIF / Un gouvernement caquiste conférerait davantage de poids à la fonction de vice-premier ministre, indique un volet du «plan de transition» de la Coalition avenir Québec (CAQ) obtenu par Le Soleil — ce plan qui correspond en quelque sorte à la feuille de route de l’installation d’une nouvelle équipe gouvernementale.

D’après ce plan, ce vice-premier ministre serait en fait une vice-première ministre. C’est une promesse couchée noir sur blanc et une annonce en soi, même si depuis quelques années, c’est devenu la norme.

La titulaire serait vice-présidente du Conseil exécutif, qui est le ministère du premier ministre québécois. Elle «remplacerait» aussi le premier ministre en son absence. Jusque-là, rien de totalement nouveau.

Elle serait cependant autorisée à parler «au nom du gouvernement dans tous les dossiers, y compris sur la scène internationale», peut-on lire dans la note interne. Son champ de parole et d’intervention serait donc élargi par rapport à la situation actuelle. 

L’éventuelle titulaire assumerait de plus des «responsabilités ministérielles importantes», promet-on.

Elle présiderait par ailleurs le «Comité de suivi des engagements électoraux», une nouveauté à bien des égards.

De plus, et afin de bien marquer l’importance qu’on veut conférer au poste, la titulaire s’installerait dans l’édifice Honoré-Mercier, sur la Colline parlementaire, là où le premier ministre du Québec a ses bureaux principaux.

«Symbolique»? 

La fonction de vice-premier ministre du Québec a été créée en 1960 sous le gouvernement de Jean Lesage. Elle est devenue officielle en 1994.

Elle a pendant longtemps été attribuée à un «poids lourd» du gouvernement, lit-on dans le document interne de la CAQ. «De Georges-Émile Lapalme à Paul Gérin-Lajoie en passant par Jacques-Yvan Morin, les titulaires du poste ont été des figures de proue de leur parti politique.»

Trois d’entre eux, Jean-Jacques Bertrand, Bernard Landry et Pauline Marois, sont même devenus premier ministre après avoir été vice-premier ministre. «Durant le règne des libéraux, depuis 2003, peu d’attributions et de responsabilités ont cependant été rattachées à ce poste, de sorte que les commentateurs y ont vu une fonction essentiellement symbolique, surtout durant le passage de Lise Thériault [qui, de surcroît, n’avait pas de responsabilités ministérielles importantes]», analyse l’auteur de la note.

Depuis octobre 2017, le poste de vice-premier ministre est occupé par Dominique Anglade. La vice-première ministre sortante a été et demeure également, jusqu’au 1er octobre, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

Les duos ont la cote

À la direction de la Coalition avenir Québec, on ne confirme pas que ce poste de vice-première ministre échoirait à Sonia LeBel, candidate dans Champlain et ex-procureure en chef de la Commission Charbonneau — si le parti forme le gouvernement le 1er octobre et si elle-même l’emporte dans sa circonscription. À ce stade-ci, ce n’est rien de plus qu’une possibilité, indique-t-on.

Remplumer le poste de «vice»? Les directions bicéphales semblent être une tendance dans les partis politiques au Québec. Les duos ont la cote en politique québécoise.

Des libéraux estiment d’ailleurs que leur gouvernement a déjà remplumé le poste de «vice» en nommant en 2017 Dominique Anglade à la place de Lise Thériault. Au Parti québécois, on a déjà une «vice-chef» en la personne de Véronique Hivon. Et chez Québec solidaire, on a deux «co-porte-parole».