Outre les enjeux de mobilité, Jean-François Gosselin entame sa seconde année à l’opposition avec l’intention de mettre à l’avant-scène les principes de saine gestion et l’amélioration des services de proximité.

Il y a un an, Québec 21 faisait son entrée à l’hôtel de ville de Québec

À l’automne 2017, un nouveau parti politique faisait son entrée à l’hôtel de ville de Québec. Bilan d’une première année d’apprentissage à «vitesse grand V» dans l’opposition officielle.

«Il faut travailler fort, avoir du plaisir et avoir confiance. C’est de cette façon que je fais de la politique et que j’ai grandi dans le sport de compétition. La première année, c’est ce qu’on a fait, mon collègue Stevens Melançon et moi», lance fièrement le chef de Québec 21 (QC21), Jean-François Gosselin.

Il y a un an jour pour jour, la formation fondée en juin 2017 faisait élire ses deux premiers conseillers à l’hôtel de ville. Son chef a eu une entrée en politique difficile. Il a fallu attendre jusqu’au 23 novembre le résultat d’un dépouillement judiciaire pour confirmer la victoire par 69 voix de la colistière de M. Gosselin dans Sainte-Thérèse-de-Lisieux.

«On est tombé dans le feu de l’action», se rappelle-t-il. C’était en pleine période de préparation budgétaire avant la période des Fêtes. Au printemps suivant, il devait apprivoiser le plus important projet jamais mis en chantier par la Ville : le réseau structurant de transport.

«Ça a passé vite. On a dû apprendre à la vitesse grand V. On a fait beaucoup d’apprentissage et de visites pour comprendre comment fonctionne la Ville de Québec. La quête de l’information, c’est toujours le premier défi pour poser les bonnes questions. En plus, on est tombé dans le mégaprojet du tramway.»

La promotion du troisième lien à l’est et l’opposition au tramway sont les deux étiquettes qui collent depuis un an à la peau de la formation de M. Gosselin. Y a-t-il un risque d’être perçu comme le parti de deux seuls sujets?

Proposer

«On l’entendait beaucoup au début, mais de moins en moins maintenant, à force d’amener des avis de proposition sur d’autres sujets», soutient le conseiller. Il donne en exemple la demande de maintien du marché public au Vieux-Port élaboré en collaboration avec le conseiller Jean Rousseau, de Démocratie Québec. Il a aussi travaillé pour trouver une autre solution que la passerelle aérienne pour vélos projetée par l’administration Labeaume à la Pointe-à-Carcy.

«Notre travail, c’est de proposer. On s’inspire des citoyens. C’est simple comme approche. Je suis convaincu qu’à force de proposer des choses, le maire va faire des modifications à certains projets.»

Vu la majorité d’Équipe Labeaume, il est impossible pour QC21 de faire adopter des propositions. Malgré tout, M. Gosselin juge avoir fait au moins une percée significative sur le front de la réorganisation du service de police, devenu un dossier délicat pour le maire.

«On a suggéré un comité plénier dans ce dossier et on l’a obtenu. On a dit qu’il fallait peut-être regarder un terrain plus grand que celui où est projetée la construction de la nouvelle centrale. C’est ce que le maire fait. On a l’impression qu’on fait des gains.»

Outre les enjeux de mobilité, M. Gosselin entame sa seconde année à l’opposition avec l’intention de mettre à l’avant-scène les principes de saine gestion de l’administration publique et l’amélioration des services de proximité.

«Il faut arrêter les dépenses folles, les gros projets. Il faut revenir à la base, à une gestion rigoureuse des deniers publics, insiste-t-il. Nous voulons que le déneigement soit meilleur, que la collecte des matières résiduelles soit meilleure, qu’il y ait plus de patrouilles policières dans les quartiers, de meilleurs loisirs, de meilleures infrastructures, d’entretien des parcs, faciliter la vie de nos entrepreneurs avec moins de réglementation. C’est de ça que les gens nous parlent. Nous voulons nous assurer que les citoyens en ont pour leur argent», conclut-il.

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DES SUIVIS EN MOBILITÉ

Même si le tramway est sur les rails et que la Coalition avenir Québec a pris en main le dossier d’un troisième lien à l’est, Jean-François Gosselin continuera à suivre de près ces deux dossiers. «La construction du tramway n’est pas prévue avant 2022. Nous pensons que nous pouvons aller beaucoup plus loin pour améliorer à court terme les dessertes en transport en commun avec plus de circuits et de fréquences et plus de stationnements incitatifs. Nous devons poursuivre nos représentations et nous assurer que ça continue.»  

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WHAT DID YOU SAY?

Contrairement au maire Régis Labeaume, le chef de Québec 21 ne croit pas nécessaire de miser sur une immigration francophone pour combler les besoins en main-d’œuvre dans la région. «Pas besoin de parler le français à l’arrivée. Ça s’apprend, le français. On rencontre des gens qui ont appris le français et aujourd’hui, on ne pourrait pas se passer d’eux. On doit s’arrimer sur les besoins des employeurs plutôt que d’ajouter une contrainte additionnelle en exigeant le français à l’arrivée.»  

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LE MAIRE ET LES AUTISTES

La plus récente insulte du maire a été de dire que «l’opposition est autiste», avant de s’excuser auprès des personnes autistes de les avoir comparées à l’opposition. Jean-François Gosselin veut continuer à faire fi de ces paroles outrageuses. «J’aime débattre avec des gens qui ne pensent pas comme moi. Je ne suis pas parfait et je n’ai pas la science infuse. Le maire peut me traiter de tous les noms, ça ne me dérange pas. Mais lorsqu’il est condescendant avec les citoyens, ça vient me chercher dans mes valeurs les plus profondes. J’aimerais que ça change, mais je n’ai pas de pouvoir sur la façon que le maire agit. Ça lui appartient.»