Il faudra du temps pour s'attaquer au racisme, dit Obama

Le président des États-Unis, Barack Obama, prévient qu'il faudra du temps et de la vigilance pour s'attaquer aux problèmes profondément ancrés dans la société américaine comme le racisme et les préjugés.
Il a aussi lancé un appel à la patience, en rappelant que le progrès vient habituellement en petites étapes.
Dans une entrevue qui sera diffusée lundi sur les ondes de BET (Black Entertainment Television), le président a décrit une conversation qu'il a eue avec un groupe de jeunes militants des droits civils qui incluait des leaders des protestations à Ferguson, au Missouri. M. Obama les a accueillis à la Maison-Blanche à Washington.
Les tensions raciales ont augmenté à Ferguson et à New York après l'impunité accordée par des grands jurys à des policiers responsables de la mort de deux jeunes Noirs non armés.
Barack Obama a mentionné aux jeunes militants que «c'est quelque chose qui est profondément enraciné dans notre société et profondément enraciné dans notre histoire».
Les États-Unis ont fait des gains, selon le président, en ajoutant qu'il «garde espoir» de voir encore d'autres progrès.
«Nous ne pouvons pas assimiler ce qui se passe maintenant à ce qui se passait il y a 50 ans. ... Et si vous parlez à vos parents, grands-parents, oncles, ils vous diront que les choses vont mieux, pas très bien à certains endroits, mais mieux», a ajouté le président.
Étapes par étapes
M. Obama a conseillé aux jeunes de continuer à être persévérants car l'avancement dans une société se fait par étapes.
En négociant avec quelque chose d'«aussi profondément enraciné que le racisme ou les préjugés dans une société, vous devez avoir de la vigilance, mais vous devez reconnaître que ça va prendre un certain temps et vous devez être persévérants afin de ne pas abandonner même si vous n'obtenez pas tout le chemin désiré», a déclaré le président.
L'entrevue complète sera présentée lundi soir sur les ondes de BET. Un extrait a été diffusé dimanche.
«Des siècles de racisme», dit le maire de Blasio
Le maire démocrate de New York a estimé dimanche que les bavures policières récentes aux Etats-Unis prenaient leurs racines dans «des siècles de racisme» dans le pays.
«Le problème est systémique et nous devons parler franchement des dynamiques raciales de notre histoire», a dit Bill de Blasio sur la chaîne ABC. «Notre police nous protège, et pourtant nous constatons des problèmes depuis des décennies, il y a une histoire de siècles de racisme qui expliquent cette réalité».
«On peut dépasser cela, et à New York, une nouvelle formation pour l'ensemble des policiers va faire la différence», a-t-il souligné.
Le maire de New York, qui est blanc et dont l'épouse et les enfants sont noirs, a été critiqué par un syndicat de policiers de New York après avoir expliqué qu'il avait éduqué son fils, Dante, en l'avertissant des «dangers» potentiels en cas d'interaction avec la police.
«C'est différent avec un enfant blanc, c'est la réalité de ce pays», a justifié dimanche Bill de Blasio.
«Avec Dante, mon fils, très tôt nous lui avons dit: «écoute, si un policier t'interpelle, fais tout ce qu'il te demande, ne fais pas de gestes brusques, n'essaie pas de prendre ton portable». Car nous savions, hélas, que ces gestes ont plus de risques d'être mal interprétés pour un jeune homme de couleur», a insisté le maire.
Un problème
«On ne peut pas ignorer le fait qu'il y a un problème, après les incidents du Missouri, de Cleveland dans l'Ohio, et à New York en l'espace de quelques semaines», a martelé Bill de Blasio.
Des manifestations ont lieu depuis mercredi à New York et dans plusieurs grandes villes américaines en réaction au non-lieu accordé à un policier blanc qui avait interpellé un homme noir à Staten Island, à New York, en le serrant au cou, ce qui a conduit à sa mort par asphyxie. La scène, en juillet, a été entièrement filmée.
La décision de ne pas poursuivre le policier a surpris une grande partie de la classe politique, démocrates comme républicains.
Décision «dificileà comprendre
La décision «est difficile à comprendre», a estimé dimanche l'ancien président républicain George W. Bush, qui a qualifié la vidéo de l'altercation de «très troublante». «Nous avons beaucoup progressé sur les questions raciales, mais ces incidents montrent qu'il faut en faire plus», a ajouté George W. Bush, sur la chaîne CNN.
D'autres affaires à New York, Ferguson (Missouri), et Cleveland (Ohio) ont relancé le débat sur le racisme dans la police et l'équité du système judiciaire.