Hypersexualisation : Agnès Maltais s'oppose aux concours de mini-miss

Les concours de mini-miss comme celui qui devait avoir lieu en novembre dernier au Québec rebutent la ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais.
«Ces petites filles que l'on modèle à l'image des Barbie dans le but de gagner des concours... Cette image est très forte. Elle nous rend parfois mal à l'aise, même si on dit, dans le fond, on se console en se disant qu'on n'en a pas ici. Eh bien ce n'est pas tout à fait vrai», a-t-elle affirmé, mardi, en référant au concours qui devait avoir lieu à Laval. Elle a tenu ces propos à l'occasion de l'annonce d'un forum sur l'hypersexualisation qui aura lieu à Québec, au Patro Roc-Amadour, le 28 février.
«Comment, après les luttes qui ont été menées, après toutes les actions entreprises pour atteindre l'égalité entre les hommes et les femmes, un concours comme celui-là pourrait se tenir au Québec?», a-t-elle demandé.
Auparavant, la ministre avait été plutôt réticente à rejeter ouvertement les concours de mini-miss parce qu'il est difficile pour le gouvernement d'intervenir dans la vie familiale. «On m'a demandé ce que je pouvais faire. Ma réaction a été de dire que c'est très difficile de réglementer la vie familiale. Ç'a été pris comme un refus de réagir. Mais je n'ai pas les outils pour intervenir dans une relation parentale. Mais il y a quand même des outils politiques sur l'égalité entre les hommes et les femmes et sur la protection des enfants», a-t-elle expliqué.
Mme Maltais s'est réjouie de l'opposition manifestée par les citoyens à la tenue de cet événement. Elle a rappelé que plus de 50 000 personnes ont signé une pétition pour s'opposer à la tenue du concours à Laval. Devant ce tollé, les organisateurs ont reporté la tenue de l'événement. «La tenue de ces types de concours n'est qu'une des manifestations les plus visibles d'un phénomène beaucoup plus large et beaucoup plus dommageable», a-t-elle dit.
Le forum à Québec sera une occasion de débattre des concours de mini-miss et de mobiliser la population contre de tels événements, qui correspondent, selon Mme Maltais, à une image réductrice de la femme. Environ 150 personnes y sont attendues.
Geneviève Quinty, du Projet Intervention Prostitution Québec, et Pierre Pouliot, de la commission scolaire des Premières-Seigneuries, y traiteront notamment de la prostitution juvénile. Les professeures Sarah Bouchard, de l'école secondaire La Seigneurie, et Guylaine Demers, du département d'éducation physique de l'Université Laval, feront également un exposé.
Le forum de Québec est le deuxième d'une série de quatre. Les endroits où se tiendront les deux autres forums n'ont pas été confirmés. La Côte-Nord, la Chaudière-Appalaches et l'Abitibi ont manifesté un intérêt pour organiser l'activité.