Juste pour la région de Québec, avant la longue fin de semaine de l’Action de grâce, une vingtaine d’établissements hôteliers avaient décidé de fermer leurs portes de façon temporaire pour une durée indéterminée. C’est le cas d'un fleuron local comme le Clarendon.
Juste pour la région de Québec, avant la longue fin de semaine de l’Action de grâce, une vingtaine d’établissements hôteliers avaient décidé de fermer leurs portes de façon temporaire pour une durée indéterminée. C’est le cas d'un fleuron local comme le Clarendon.

Hôtels: la ministre Proulx veut aider, mais pas tout le monde

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le gouvernement Legault n’est pas fermé à l’idée de débloquer plus d’argent pour aider les propriétaires d’hôtels, secteur affaibli par la deuxième vague de COVID-19. Mais juste ceux qui en ont vraiment besoin pour survivre à la crise actuelle.

Alors qu’une manifestation des hôteliers est prévue mardi matin devant l’Assemblée nationale, à Québec, la ministre québécoise du Tourisme continue de croire qu’une aide universelle et indifférenciée s’avérerait contre-productive.

«À l’heure actuelle, nous estimons que le bouquet de mesures proposées dans le Plan de relance touristique, combinées aux ajustements que nous y apporterons et à la prolongation de la subvention salariale d’urgence du gouvernement fédéral, devrait permettre à la majorité des hôteliers de traverser les prochains mois. Ceci étant dit, nous avons toujours maintenu que notre gouvernement était ouvert à poser des gestes additionnels si nécessaire : des gestes ciblés, responsables et pragmatiques», affirme Caroline Proulx au Soleil, par le biais de son attachée de presse.

En gros, l’idée serait d’éviter de remettre des deniers publics dans les poches de grosses compagnies aux reins solides, grands consortiums internationaux ou riches fonds d’investissement propriétaires de certains gros hôtels au Québec et ailleurs.

À l’Association hôtellerie Québec, un regroupement provincial, on estime que 87 % de ses hôtels membres sont «des propriétés indépendantes». La proportion serait la même pour l’ensemble des quelque 1400 hôtels ayant pignon sur rue à la grandeur du Québec. Sans empêcher qu’une part des 13 % «à chaînes» s’affichant sous les grandes bannières est aussi sous la gouverne d’investisseurs québécois.

Près de 400 millions $ demandés

Le gouvernement du Québec regarde d’abord pour ajuster les programmes déjà mis en place au printemps, comme le volet tourisme du Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE). Des discussions à ce sujet sont en cours avec des entrepreneurs et les associations hôtelières.

En mai, une analyse d’impact économique produite pour l’Association hôtellerie Québec et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec chiffrait à 396 millions $ le soutien aux frais fixes nécessaire pour le secteur de l’hôtellerie jusqu’au 31 mars 2021.

La semaine passée, le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a rappelé que son collègue aux Finances, Eric Girard, «avait un 3,4 milliards $ de jeu pour la deuxième vague» à l’intention de l’ensemble des entreprises du Québec.

Envisager la fermeture temporaire

Juste pour la région de Québec, avant la longue fin de semaine de l’Action de grâce, une vingtaine d’établissements hôteliers avaient décidé de fermer leurs portes de façon temporaire pour une durée indéterminée.

C’est le cas de fleurons locaux que sont le Clarendon, propriété du duo père-fils Michel et Marc-Olivier Côté, le Manoir du Lac-Delage, propriété d’André Gauthier, et le Capitole, qui appartient à un groupe de gens d’affaires locaux.

«Nous n’avons pas, à ce jour, été interpellés au sujet de fermetures permanentes imminentes», dit-on au cabinet de la ministre du Tourisme. «Mais on invite tout hôtelier qui est aux prises avec une situation alarmante à communiquer avec le ministère.»

«En l’absence de clientèle, l’idée de suspendre temporairement leurs activités est une question légitime que les entrepreneurs doivent se poser. Notre rôle comme gouvernement est de nous assurer que les entreprises qui étaient en bonne santé financière avant la pandémie puissent traverser la crise. Si un entrepreneur estime que la meilleure façon d’y arriver, malgré les mesures que nous mettons en place, est de suspendre temporairement ses activités, il s’agit d’une décision d’affaires qui lui appartient», lit-on dans les réponses du cabinet de Mme Proulx.

On y souligne de plus que parmi les provinces canadiennes, le «gouvernement du Québec est celui qui supporte le plus vigoureusement son industrie touristique ainsi que le secteur de l’hôtellerie».

Des rencontres virtuelles sont prévues cette semaine entre la ministre et les trois principales associations hôtelières du Québec.

Des mesures d’aide spécifiques au secteur de l’hôtellerie sont aussi attendues du gouvernement fédéral.