Étant donné l’âge du monastère, la rénovation du mur qui l’entoure sera une opération délicate.

Hôpital général de Québec: deux ans et 2 M$ pour retaper le mur d’enceinte

Les Augustines devront retaper le mur d’enceinte de leur monastère de la Basse-Ville, voisin de l’Hôpital général. Projet qui a signé l’arrêt de mort des dizaines de grands peupliers bordant la rue des Commissaires. Et qui pourrait réserver quelques surprises archéologiques.

«Les travaux vont débuter probablement au courant du mois de mai… si on peut avoir un printemps qui se pointe!» annonce Mélanie Tremblay, ingénieure et directrice des immeubles pour les Augustines. «Ils vont s’échelonner sur deux années. Il faut prendre le temps de faire les choses comme il faut étant donné qu’il s’agit d’un ouvrage historique.»

La barrière de pierres s’étirant sur 277 mètres, fermant les limites sud et ouest du grand terrain, sera donc restaurée. Une entreprise d’environ 2 millions $.

Selon l’état du mur érigé à la fin du XIXe siècle, il suffira parfois de refaire les joints de maçonnerie et de remplacer les pierres abîmées. Ailleurs, il faudra plutôt défaire complètement pour rebâtir à l’identique.

Les opérateurs de pelle mécanique devront cependant être minutieux, note Mme Tremblay. «Il y a une supervision archéologique qui va être effectuée pendant tous les travaux d’excavation compte tenu du fort potentiel de découvertes archéologiques sur le site.

Le Répertoire du patrimoine culturel du Québec souligne qu'il s’agit du «plus ancien établissement conventuel au pays. Il comprend entre autres la plus ancienne église, le plus ancien hospice encore en fonction et enfin, le plus ancien cimetière paroissial subsistant à Québec.»

Les Récollets se sont installés sur le lot dès 1615. Vers 1693, l’Église confia la gestion du «premier hôpital général de la colonie» aux Augustines, déjà installées à l’Hôtel-Dieu de Québec. Les religieuses y ont, entre autres, soigné les soldats blessés durant la guerre de Sept Ans (1756-1763).

Aujourd’hui, une partie de l’Hôpital général est gérée par le réseau de la santé qui y exploite une résidence pour les personnes âgées. Mais les Augustines de la Miséricorde de Jésus du Monastère Saint-Augustin demeurent propriétaires «d’une grande partie des bâtiments et des terrains qui se trouvent sur le site», fait valoir Mélanie Tremblay. «Il y a encore, grosso modo, 75 religieuses.» Des femmes d’un âge certain, dont plusieurs reçoivent des soins à l’infirmerie de la communauté.

Arbres à abattre

Et les arbres coupés? «La plupart des arbres se trouvent dans des zones où on doit excaver», explique Mme Tremblay. «Donc c’est sûr qu’on n’aurait pas pu les conserver en place pour faire les travaux.»

Elle ajoute : «Il était question d’en garder quelques-uns, mais la Ville en a profité pour faire une étude sur l’état des arbres. Et la plupart présentaient des signes d’affaiblissement.» Il semble donc qu’il valait mieux abattre tous les peupliers pour planter une nouvelle génération à l’issue du chantier.

Les Augustines sont propriétaires de six monastères, dont trois dans la capitale : Hôtel-Dieu du Sacré-Cœur; Notre-Dame-des-Anges (Hôpital général) et L’Hôtel-Dieu de Québec. Les trois autres sont au Saguenay–Lac-Saint-Jean : Chicoutimi, Roberval et Dolbeau.

La réfection du mur est financée à parts égales par la communauté religieuse ainsi que les gouvernements fédéral et provincial.