Le premier ministre peut répondre aux questions posées par n’importe quel élu de l’opposition. Mais il le fait rarement lorsqu’elles proviennent d’un «simple député».

Hivon ignorée par Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard ignore les questions de la vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon.

Mme Hivon a été la première, mercredi, à s’adresser au premier ministre à la période des questions. D’habitude, c’est le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, qui lance les hostilités parlementaires.

Au Salon bleu de l’Assemblée nationale, la vice-chef du Parti québécois a réclamé au premier ministre qu’il exige d’Ottawa un échéancier clair pour l’octroi de contrats au chantier maritime Davie.

M. Couillard ne s’est pas levé pour lui répondre. C’est Jean D’Amour, le ministre délégué aux Affaires maritimes, qui l’a fait, comme il l’a fait aux deux autres questions qu’a lancées dans la foulée la vice-chef au premier ministre.

Philippe Couillard avait également ignoré les questions qu’elle lui avait adressées mardi.

Véronique Hivon a été nommée vice-chef du Parti québécois par Jean-François Lisée il y a 10 jours. Le PQ veut lui donner le plus de visibilité possible et Jean-François Lisée, davantage de place.

Le chef péquiste juge inélégant que M. Couillard n’ait pas lui-même répondu aux interpellations de sa vice-chef.

La pratique

Le premier ministre peut répondre aux questions posées par n’importe quel élu de l’opposition. Mais il le fait rarement lorsqu’elles proviennent d’un «simple député».

En revanche, il répond systématiquement ou presque aux questions posées par ses vis-à-vis, soit à Jean-François Lisée, ainsi qu’au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault. Il répond souvent aux questions des porte-parole de Québec solidaire, même si ce parti ne forme pas officiellement un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a vu une tactique dans le fait que Mme Hivon ait posé des questions à la place de son chef, Jean-François Lisée. M. Fournier a noté que M. Lisée était sur place à ce moment-là, qu’il était au Salon bleu. Il a laissé entendre que le premier ministre aurait répondu à la numéro deux de l’opposition officielle si M. Lisée avait été absent.

«Concret»

Sur le fond, Véronique Hivon a exigé un «échéancier concret pour les travailleurs» de la Davie.

Le ministre Jean D’Amour a fait valoir que son gouvernement réclame «que la Davie soit reconnue à l'intérieur de la stratégie nationale de remplacement des navires du gouvernement fédéral».