Près d’une centaine de citoyens ont participé à l’atelier participatif sur l’hébergement touristique organisés par les conseils de quartier Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline Parlementaire et Saint-Jean-Baptiste-Montcalm.

Hébergement touristique: objectif partagé, avis divergents

Pro-Airbnb ou anti-Airbnb? Plusieurs citoyens des quartiers centraux de la ville de Québec ont confronté leurs opinions parfois divergentes, mercredi soir, à l’occasion d’une plénière organisée par les conseils de quartier Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline Parlementaire et Saint-Jean-Baptiste.

Alors que la Ville de Québec souhaite réglementer l’hébergement touristique (comme Airbnb, une plateforme Web de réservation de chambres ou de logements), une centaine de citoyens ont répondu à l’appel pour échanger sur la question. 

Parmi les opinions communiquées, plusieurs résidents des quartiers centraux ont manifesté leur crainte de perdre l’authenticité de leur quartier, particulièrement celle du Vieux-Québec. «On a assez d’hébergement touristique dans le Vieux-Québec. Le Vieux a assez donné, les citoyens ont assez», a lancé Gilles Beaumont, un citoyen du quartier. 

Mais tous n’ont pas une opinion aussi tranchée. Si plusieurs ont manifesté leur préoccupation que le tissu social s’effrite en raison de la hausse du prix des loyers et de la perte de services de proximité causés par l’augmentation du nombre de logements disponibles pour la location touristique, d’autres ont tout de même souligné les aspects positifs des plateformes comme Airbnb. 

«Je pense qu’une vie de quartier ça se passe aussi avec les touristes. Je reçois chez moi des couchsurfers — mouvement communautaire où on accueille chez soi un ou plusieurs touristes qui participent à la vie du foyer — et je les amène à l’épicerie, au bar, même à la quincaillerie pour leur montrer c’est quoi la vie du quartier», a raconté au Soleil un jeune résident du quartier Saint-Jean-Baptiste. 

La majorité des citoyens militent pour l’atteinte d’un «équilibre» entre les fonctions commerciale, institutionnelle, touristique et résidentielle des quartiers centraux, affirme le président du conseil de quartier Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline Parlementaire, Alain Samson. «Ce qui fâche les résidents, c’est l’aspect illégal de la chose. Quand tu loues trois ou quatre appartements sur Airbnb, ce n’est plus de l’économie de partage, c’est de l’opération commerciale», a-t-il plaidé. 

Au terme de la plénière, un consensus semblait émerger autour de la nécessité de réglementer cette industrie nouvelle, qui gagne en popularité. C’est d’ailleurs l’objectif du comité de travail sur l’hébergement touristique mis sur pied par l’administration municipale.

«Présentement, on est ouvert à toutes les options. Il y a aussi un sondage en ligne et on est ici pour entendre les gens. Mais c’est sûr qu’on sait qu’il faut réglementer», a indiqué la vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec et responsable de l’aménagement du territoire, Marie-Josée Savard, qui était présente à l’atelier participatif. 

«Peu importe qu’on loue une chambre ou un appartement complet, il faut avoir une réglementation conséquente», a fait valoir Jasmine Maheu Moisan, une résidente du quartier Saint-Roch. Elle-même reconnaît que le débat ne porte pas tant sur le «quoi, mais plutôt sur le comment», c’est-à-dire sur la forme que devrait prendre la réglementation. À ce sujet, quelques citoyens ont proposé de limiter l’hébergement touristique aux artères commerciales. «Le zonage, par exemple, est un outil qu’on peut utiliser pour réglementer», a défendu la jeune femme. 

Elle donne l’exemple d’autres villes, comme Venise, où elle a utilisé la plateforme Airbnb. «J’étais à l’aise de payer une taxe additionnelle. Il y a une réglementation qui peut être mise en place sans mettre en péril l’expérience touristique», a-t-elle suggéré. 

Consultations à venir

Le président du conseil de quartier du Vieux-Québec, Alain Samson, était ravi de voir autant de gens rassemblés pour l’événement. Un signe, pense-t-il, que le sujet rejoint tous les types de citoyens, propriétaires comme locataires. «C’est un enjeu important parce qu’on veut tous conserver la qualité du produit touristique. La Ville voit le sérieux de la question», a-t-il avancé. 

Un autre atelier participatif, cette fois pour les résidents des quartiers Saint-Roch et Limoilou, a lieu jeudi soir, 19h, au Centre récréatif Saint-Roch. Des consultations publiques ouvertes à tous sont aussi prévues les 21 et 22 mars prochains.