Lorsqu'il est devenu président et chef de la direction d'AQI, Gaëtan Gagné avait comme objectif que l'aéroport puisse recevoir deux millions de passagers en 2020.

Hausse des frais aéroportuaires retardée

Pour la première fois en cinq ans, il n'y aura pas d'augmentation des frais d'amélioration aéroportuaires (FAA) et des frais d'atterrissage à l'aéroport de Québec le 1er janvier. Les passagers et les transporteurs aériens n'y échapperont pas nécessairement pour autant. Le directeur des communications, Mathieu Claise, s'affaire d'ailleurs déjà à casser le lien suggéré entre ces frais et le prix des billets d'avion.
Aéroport de Québec inc. (AQi), la société privée qui gère l'aéroport international Jean-Lesage, publie habituellement à la fin d'octobre les augmentations qui entrent en vigueur au début de l'année. Il y a d'une part les FAA collectés sur chaque billet au départ de Québec et donc payés par les passagers. À 33 $, ils sont actuellement parmi les plus élevés au pays. Il y a d'autre part les frais d'atterrissage et d'aérogare assumés par les transporteurs aériens, aussi parmi les plus élevés au pays.
Après quatre années d'augmentations systématiques, aucune annonce n'a été publiée au cours des dernières semaines. Est-ce le statu quo pour 2017? Talonné par Le Soleil au cours des deux derniers jours, le directeur des communications d'AQi a fini par nous répondre par écrit que «l'information n'est pas publique» et qu'il en discutera quand elle le sera. 
Il faut dire que les principaux transporteurs aériens, réunis au sein du comité consultatif de l'aéroport, ont refusé à deux reprises en cours d'année le nouveau projet d'agrandissement de l'aérogare, considéré «trop gros». Le chantier de 225 millions $ est pourtant avancé. Selon le protocole signé avec l'Association du transport aérien du Canada, leur opposition empêche l'aéroport d'augmenter les FAA pendant deux ans, ce qui les gèlerait au moins jusqu'en novembre 2017. 
Le président et chef de la direction, Gaëtan Gagné, n'en était pas si sûr en septembre. Il avait alors fait part de son intention de faire passer les FAA de 33 à 35 $ dès 2017, puis de les augmenter graduellement jusqu'à 38 $. 
À couteaux tirés avec les transporteurs
Dans une entrée de blogue sur le site web de l'aéroport international Jean-Lesage et sur Facebook, jeudi, M. Claise réfute tout lien entre les frais chargés par les aéroports et le prix des billets d'avion. Il fait ressortir que le prix d'un voyage Québec-Toronto coûtait beaucoup plus cher au début des années 2000, alors que le prix du pétrole était pourtant plus bas et qu'il n'y avait pas encore de FAA sur les billets à partir de Québec. Quand ces frais ont été imposés, notamment pour financer le premier agrandissement de l'aérogare, la concurrence a augmenté et fait baisser le prix des billets, analyse le porte-parole. 
Plus loin, il renvoie la balle aux transporteurs aériens, avec qui l'aéroport est à couteaux tirés. «Il va sans dire que les compagnies aériennes ont un rôle à jouer dans le développement économique régional. Un rôle qui devrait indéniablement se traduire par une bonification de l'offre de vols directs à partir de Québec plutôt que de diriger le trafic aérien vers leurs plaques tournantes. Il est important que les aéroports, tels que YQB (Québec), soient considérés par les compagnies aériennes en offrant plus de routes directes pour faire gagner temps et argent aux gens de la région», plaide M. Claise dans son texte. 
En septembre, le patron de l'aéroport avait aussi rejeté sur ses partenaires la responsabilité d'offrir des billets moins chers au départ de la capitale. M. Gagné remet en question l'organisation des aéroports canadiens des 40 dernières années, basée sur une logique de transferts et la concentration des vols internationaux dans les grands centres. Il réclame plus de vols directs pour les gens de Québec.