Plusieurs citoyens réclament un engagement du fédéral afin que le pont de Québec cesse de se dégrader.

Harper déplorait la rouille du pont de Québec... en 2005

En 2005, devant la Chambre de commerce de Québec, Stephen Harper se moquait d'un ministre des Transports «même pas capable de faire peinturer un pont», le pont de Québec. Devenu premier ministre du Canada depuis, le chef du Parti conservateur remontera sur la même tribune jeudi avec en fond de scène... le même vieux pont tout rouillé.
Le ministre des Transports victime des railleries du chef conservateur était le libéral Jean Lapierre. C'est lui qui entamé les poursuites judiciaires contre le CN, propriétaire du pont de Québec, après que l'entreprise ferroviaire eut abandonné les travaux de peinture, en 2005 justement.
Stephen Harper, qui a arraché un premier mandat minoritaire le 23 janvier 2006, un mois après son discours devant la Chambre de commerce de Québec, a conservé la même stratégie que les libéraux.
Se sont succédé au poste de ministre des Transports Lawrence Cannon, John Baird, Chuck Strahl, Denis Lebel et maintenant Lisa Raitt. Tous, ils ont refusé de se mêler du dossier du pont de Québec en raison des procédures judiciaires en cours. Un premier procès doit débuter en mai à Montréal.
En janvier, le gouvernement provincial et le CN ont annoncé une entente de 95 millions $ sur 10 ans pour retaper le pont de Québec. Il n'y a toutefois pas de peinture au menu. Des citoyens réclament un engagement du fédéral pour que le pont cesse de se dégrader et retrouve un air de jeunesse.
«Réévaluer ses options»
C'est le Nouveau Parti démocratique (NPD) qui a retrouvé les vieilles notes d'allocution de Stephen Harper en 2005. «Il se moquait des libéraux, mais dans ce dossier comme dans d'autres, il n'a fait que [les] suivre», critique Denis Blanchette, député de Louis-Hébert et porte-parole régional du NPD.
«M. Harper voulait enlever le pinceau à Jean Lapierre, mais aujourd'hui, il l'a donné à qui? Il est temps qu'il regarde l'inaction de son propre gouvernement et qu'il fasse quelque chose pour le pont de Québec», poursuit-il. L'opposition officielle demande au gouvernement de «réévaluer ses options» et de discuter avec le CN pour arriver à une entente hors cour qui prévoirait des sommes pour repeindre l'ouvrage inauguré en 1917.