Habitudes sexuelles des jeunes: les Québécois plus actifs que la moyenne

Les jeunes Québécois s'aiment, et s'aiment beaucoup les uns les autres, selon un portrait de la sexualité des 15-24 ans au cours des années 2000 publié jeudi par l'Institut de la statistique du Québec. Mais leurs habitudes de contraception, sans être mauvaises, laissent encore un peu à désirer.
Plus des trois quarts (76 %) des jeunes de la Belle Province ont eu au moins une relation sexuelle au cours de leur vie, une proportion sensiblement plus élevée que dans le reste du Canada (63 %). La différence entre les «deux solitudes» est particulièrement marquée chez les plus jeunes, à 40 contre 27 % chez les 15-17 ans, et 86 contre 63 % chez les 18-19 ans.
En 2009-2010, la plupart, ou 65 %, disaient n'avoir eu qu'un seul partenaire au cours des 12 derniers mois, ce qui en laissait plus du tiers qui en déclaraient deux (19 %) ou plus(16 %), lit-on dans le document intitulé Relations sexuelles et contraception : un portrait des jeunes au cours des années 2000.
Bonne nouvelle, les deux auteurs de l'étude, Katrina Joubert et Danny Du Mays, ont trouvé que «90 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans sexuellement actifs utilisent habituellement au moins une méthode contraceptive», quelle qu'elle soit. Cette proportion est restée la même depuis 2003, année dont l'étude se sert comme point de comparaison.
Cependant, seulement 56 % des jeunes disent utiliser «habituellement» le condom, qui est le moyen de contraception le plus fiable en plus de protéger contre les infections transmises sexuellement, ce que d'autres méthodes, comme la pilule, ne font pas. En outre, quand la question porte sur la dernière relation sexuelle, l'usage du préservatif baisse à environ la moitié seulement (52 %).
Les ados plus prudents
Fait intéressant, les ados(15-17 ans) semblent à cet égard plus prudents que leurs aînés, étant65 % à avoir utilisé un condom au dernier rapport sexuel, contre 48 % des 20-24 ans.
«Rappelons que les données administratives portant sur les cas déclarés d'ITS montrent une hausse depuis 1997, particulièrement chez les jeunes; ce constat nous incite à faire l'hypothèse que ceux-ci auraient adopté plus de comportements à risque», suggère l'étude.
Mais si la question se pose, avertissent les auteurs, on doit se garder de sauter tout de suite aux conclusions. Leur étude montre plusieurs indicateurs qui suggèrent au contraire que les habitudes sexuelles des15-24 ans n'ont pas vraiment changé au cours des années 2000 - le port du condom n'a pas reculé, le nombre de partenaires est demeuré essentiellement stable, et l'âge moyen au premier rapport sexuel, un indicateur lié à divers comportements à risque à l'âge adulte, n'est pas plus hâtif. Il faudra d'autres études pour y voir plus clair.