Guy Ouellette

Guy Ouellette crie au «coup monté»

«Dans une tentative d’intimidation sans précédent, j’ai été victime d’un coup monté par l’Unité permanente anticorruption [UPAC]», a affirmé le député Guy Ouellette devant ses collègues de l’Assemblée nationale mardi après-midi.

Dans son discours d’environ 4 minutes, le député de Chomedey n’a pas fait de nouvelles révélations ni apporté de précisions sur ce que l’UPAC pourrait avoir à lui reprocher.

M. Ouellette, qui n’est plus assis avec les libéraux, mais avec les indépendants, soutient toutefois que son arrestation du 25 octobre a un lien avec des témoignages qu’une commission parlementaire s’apprêtait à entendre. «Depuis les dernières semaines, des irrégularités dans l’application de certaines règles de gouvernance ont été portées à notre attention», a-t-il soutenu, sans donner plus de détails. 

Le député Ouellette soutient qu’il n’est pas normal qu’un parlementaire subisse une «pression indue» par des gens qui cherchent à «faire passer leurs intérêts personnels au détriment du bien collectif». 

Le député s’est ensuite appliqué à laver sa réputation entachée par son arrestation, en soutenant que «les faits qui me sont reprochés n’ont aucun fondement». Il a condamné la façon dont il a été arrêté, qu’il décrit comme «un piège» pour empêcher un élu de faire son travail. 

Selon lui, ces méthodes qui «dépassent l’entendement» sont nouvelles et elles «risquent d’ébranler les fondements mêmes de notre société». 

«J’ai été, je suis et je serai toujours un ardent défenseur de la justice sociale, des valeurs démocratiques, de la liberté d’expression et de la vérité», a clamé le député indépendant, avant de remercier ses collègues de tous les partis pour le support dont ils ont fait preuve à son endroit. 

«Qu’on accuse ou qu’on s’excuse»

Le président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon a senti le besoin mardi de se porter à la défense du député Guy Ouellette et de servir un avertissement aux forces policières. 

«Il m’est intolérable que la police ait arrêté un parlementaire, sans qu’aucune accusation n’ait été portée contre lui une semaine plus tard», a-t-il soutenu. En 32 ans de vie politique, M. Chagnon dit n’avoir jamais rien vu de tel. 

Il a averti l’Unité permanente anticorruption et tous les corps policiers que l’arrestation «n’est pas un caprice, ni un jeu». «Que des accusations soient portées ou que des excuses publiques soient faites», a-t-il réclamé. 

Selon M. Chagnon, un parlementaire doit être capable de faire son travail «sereinement et en toute tranquillité d’esprit». «Les corps policiers et leurs unités doivent être redevables à leurs responsables politiques et au parlement, sinon, on accroit de beaucoup les risques de dérives totalitaires», a-t-il soutenu. 

M. Chagnon souhaite que le Québec ne soit pas en train de verser dans l’intimidation des élus. «Je vois des États où ces choses existent, mais pas chez nous. Enfin, je souhaite ne pas mon tromper.»

M. Chagnon, tout comme M. Ouellette ont été chaudement applaudis par tous les députés présents à l’Assemblée nationale mardi.