À l'Assemblée nationale, c'est le début des consultations particulières sur le projet de loi 100 visant à réglementer l'industrie du transport de personnes.

Guy Chevrette tire à boulets rouges sur Uber

Le porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), Guy Chevrette, a tiré à boulets rouges sur Uber, mardi, estimant que l'entreprise avait l'attitude d'un «criminel endurci».
Quelques minutes avant le début des consultations particulières sur le projet de loi 100 visant à réglementer l'industrie du transport de personnes, l'ex-ministre péquiste a prévenu qu'Uber, qui doit être entendu au cours de la journée, allait tenter de «gagner du temps» et empêcher l'adoption de la mesure législative.
«Regardez-les bien, a-t-il dit, en mêlée de presse. Ils vont essayer des trucs, ici et là. Ils vont dire au ministre qu'ils seraient prêts à envisager une (redevance) de 15 cents (sur les courses). Avant c'était 10 cents.»
Le projet de loi 100 vise à forcer les exploitants de la plateforme Uber à se conformer aux mêmes règles que leurs concurrents de l'industrie du taxi, soit avoir un permis spécial et payer les taxes requises.
«Voleur de taxes»
M. Chevrette a également estimé qu'Uber était un «voleur de taxes» qui gruge les revenus des quelque 22 000 travailleurs de l'industrie du taxi qui ont chèrement payé leur permis. Le gouvernement québécois estime perdre environ 20 millions $ par année en taxes - mais également en impôts sur le revenu - en raison du modèle d'affaires d'Uber.
«C'est un voleur (Uber), a lancé M. Chevrette. (L'entreprise) sait qu'on est dans une société de droit, qu'on a des droits et règlements. Ça m'insulte, ça m'injure et ça me rend honteux même que notre gouvernement prenne autant de temps pour arrêter un voleur.»
1,4 milliard $
Selon le CPCDIT, deux scénarios s'offrent au gouvernement provincial, soit l'application du projet de loi, qui pourrait entraîner le départ d'Uber, ou le rachat de l'ensemble des permis de taxis, une mesure évaluée à 1,4 milliard $ par leur porte-parole.
«S'ils abolissent le système de permis, qu'ils nous exproprient! a dit l'ancien ministre des Transports Ce serait mieux que de nous faire gruger à long terme.»