Le gouvernement fédéral plaide que les retards du Guide de citoyenneté sont dus aux consultations qui ont lieu avec divers experts et intervenants.

Guide de citoyenneté: le fédéral a besoin de plus de temps

OTTAWA — Cela fait maintenant deux ans que le gouvernement fédéral travaille sur une nouvelle version du controversé guide d’étude pour l’examen de citoyenneté canadienne, mais Ottawa dit avoir besoin de plus de temps pour accomplir son travail et n’a pas fixé d’échéance pour dévoiler le nouveau document.

Selon des courriels internes du ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté qui remontent à 2016, les fonctionnaires espéraient lancer le nouveau guide la même année que les célébrations du 150e anniversaire de la fédération canadienne et du 70e anniversaire de la Loi sur la citoyenneté — des événements qui ont eu lieu il y a un plus d’an.

Mais ce guide ne s’est toujours pas concrétisé.

La porte-parole conservatrice en matière d’immigration, Michelle Rempel, croit que les fonctionnaires ont été ramenés à la planche à dessin après avoir remis une version préliminaire, qu’avait pu consulter La Presse canadienne l’an dernier.

Dans le document, le ministère avait retiré un avertissement selon lequel les «pratiques culturelles barbares», telles que les crimes d’honneur et la mutilation génitale, étaient considérées comme des crimes au Canada.

Cette section avait été ajoutée par les conservateurs de Stephen Harper en 2011.

«La réponse du ministre de l’Immigration à propos du retrait des termes sur la mutilation génitale des femmes comme étant une pratique très intolérable du guide de citoyenneté, le délai et sa réponse, je suppose que ça n’a pas bien passé au bureau du premier ministre», a déclaré la députée Rempel.

«Je crois qu’il a probablement tellement mal géré (le dossier) qu’ils reportent tout genre de sortie.»

Michelle Rempel a souligné que de l’argent public a été dépensé pour réviser le guide. Selon elle, les Canadiens ont le droit d’en savoir davantage sur son contenu.

Le gouvernement fédéral plaide que les retards sont dus aux consultations qui ont lieu avec divers experts et intervenants.

«Nous avons mené de vastes consultations avec plusieurs acteurs, un processus qui n’avait pas été fait lors des dernières mises à jour du guide», a fait remarquer Mathieu Genest, porte-parole du ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen.

«Nous voulons nous assurer que les Néo-Canadiens apprennent nos lois et notre histoire, y compris lorsqu’il est question des groupes qui ne sont pas bien représentés dans le guide actuel.»

Quant aux violences basées sur le sexe, dont la mutilation génitale, elles feront absolument partie du guide, a indiqué M. Genest.