Lors de son bilan de campagne, Anne Guérette a écorché le maire sortant, qui a joué de retenue tout du long alors qu’il est reconnu pour ses coups de gueule.

Guérette écorche Labeaume, qui écorche Gosselin

Bilan de campagne, appel aux électeurs et un petit crochet à l’adversaire. Anne Guérette et Régis Labeaume avaient le même programme vendredi.

«On ne pense pas que ce soit en changeant la tête de l’opposition à Québec qu’on va changer quoi que ce soit. Il faut changer le maire de la ville. Et la seule équipe capable de prendre la relève dès lundi matin, c’est nous», a lancé Mme Guérette en matinée. «L’équipe de [Jean-François] Gosselin, ils ne sont tout simplement pas prêts à gouverner», a-t-elle insisté.

La chef de l’opposition sortante a refusé de dévoiler son plan de match advenant qu’elle ne soit pas élue mairesse de Québec dimanche, mais que son colistier Jean Rousseau le soit dans son district de Cap-aux-Diamants. Prendra-t-elle sa place? «La décision n’est pas prise. Ça va dépendre de plein de choses», a-t-elle fini par échapper, après avoir répété ad nauseam qu’elle n’envisageait qu’un scénario victorieux. 

Mme Guérette s’est dite satisfaite du ton respectueux adopté par tous les partis politiques pendant la campagne électorale. La politicienne a tout de même écorché le maire sortant, qui a joué de retenue tout du long alors qu’il est reconnu pour ses coups de gueule. 

«On s’attendait justement à ce qu’il devienne un autre personnage pendant la campagne. Advenant qu’il soit réélu, c’est sûr qu’il va nous rentrer dans la gorge et qu’il va recommencer. Comme le dirait ma mère, un léopard ne change pas ses taches. On peut les camoufler pour un certain temps, mais il faut que les citoyens s’attendent à ce que le naturel revienne au galop», a-t-elle déclaré, provoquant les rires de ses coéquipiers.

Équipe Labeaume a décoré un autocar aux couleurs de sa campagne. Ses candidats y prendront place toute la fin de semaine pour sillonner la ville.

En après-midi, le maire sortant de Québec a quant à lui redemandé un «mandat fort» à la population de la capitale. «Ç’a été payant pour les gens de Québec dans les 10 dernières années», a insisté Régis Labeaume, soucieux de demeurer «incontournable» pour les gouvernements du Québec et du Canada. 

Ce dernier s’est dit surpris par «l’ignorance» de ses adversaires pendant la campagne électorale. «L’ignorance de la ville, de comment fonctionne une ville et des dossiers a souvent été manifeste. Ça m’a étonné», a-t-il confié. 

L’exemple qu’il a donné pour appuyer ses dires visait Québec 21 et ses projections de trafic dans Beauport après la construction d’habitations sur les terres des Sœurs de la Charité. Jean-François Gosselin prévoit 40 000 voitures de plus sur les routes alors que 6500 nouveaux foyers sont planifiés. 

«Quand je me suis présenté la première fois, j’ai essayé de faire mes devoirs. […] À un moment donné, il faut que tu sois crédible, c’est important», a comparé le politicien d’expérience. 

Équipe Labeaume a aussi publié in extremis les coûts des engagements pris pendant la campagne électorale. Il y en a pour 231 millions $. Exactement 134 millions $ serviront à des projets «Ville» et le reste est partagé entre les arrondissements. Les promesses ont été faites en fonction des besoins et non sur une base égalitaire, a spécifié le maire Labeaume. L’arrondissement La Cité-Limoilou est ainsi le plus gâté avec 24 millions $ d’engagements tandis que Charlesbourg ferme la marche avec 11 millions $. 

Les autres partis n’ont pas produit pareil bilan, donnant plutôt au fur et à mesure la valeur des investissements liés à leurs engagements. 

Lors d’une conférence de presse, le chef de Québec 21 a pour sa part indiqué qu’advenant une défaite à la mairie et l’élection de sa colistière Nancy Piuze, il n’hésitera pas à prendre sa place et à siéger au conseil municipal. «J’aimerais mieux être au pouvoir, mais si c’est dans l’opposition, je serai là pour poser des bonnes questions», a-t-il promis. «On n’a pas fait tout ce qu’on vient de faire là pour retourner chez nous!» a laissé tomber en riant le candidat à la mairie. 

***

Une petite dernière dans Beauport

Pour une de ses dernières sorties de la campagne électorale, Équipe Labeaume avait une annonce sur mesure pour le district de Sainte-Thérèse-de-Lisieux que lorgne le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, avec sa colistière Nancy Piuze. Le maire sortant Régis Labeaume et la conseillère municipale Marie-France Trudel, en poste depuis 12 ans, ont promis d’agrandir la salle polyvalente du Centre de loisirs Jean-Guyon, d’ajouter une salle polyvalente et de remettre aux normes le bâtiment et les équipements. M. Labeaume assure que ce n’est pas parce qu’il sent la soupe chaude dans Beauport, où Québec 21 met les bouchées doubles. «C’était prévu comme ça. On fait toujours un minimum de stratégie quand on prépare une campagne électorale», a-t-il lancé. Mme Trudel a pour sa part déclaré que le climat est «positif» sur le terrain, même «au-delà de ses espérances». «Mais il faut que les gens sortent voter, comme dans tous les districts», a-t-elle ajouté.