Les personnes, organisations et entreprises qui le souhaitent pourront contribuer au démarrage de coopératives de solidarité par l’entremise de la plateforme Web coopmonjournal.com ou lors de sollicitations qui se dérouleront dans les régions où sont implantés les journaux de Groupe Capitales Médias.

Groupe Capitales Médias lance une campagne d'appui à sa coop

Inspirés par la vague d’amour et les nombreux appuis des communautés pour leurs journaux, les employés des six quotidiens du Groupe Capitales Médias (GCM) lancent une campagne coordonnée de démarrage de coopératives de solidarité.

Au départ, le comité de relance pour les six journaux de GCM pensait à une coop de travailleurs associés.

«Avec le soutien moral qu’on a eu dans chacune des communautés, qui nous disait que leur quotidien était important pour la vitalité économique et sociale de leur milieu, on s’est rendu compte que ces gens-là, ils pouvaient aussi nous soutenir financièrement», indique Jean-François Néron, membre du comité provisoire du projet de relance et journaliste au Soleil.

Le comité de chaque journal s’est donc dirigé vers une coop de solidarité, dans laquelle les travailleurs de l’entreprise participent financièrement et où toute la communauté est appelée à contribuer au projet. Ce comité provisoire chargé de développer le projet représente tous les employés, qu’ils soient syndiqués ou non. Il est composé de représentants provenant des journaux Le Quotidien, La Voix de l’Est, Le Nouvelliste, Le Soleil, Le Droit et La Tribune.

«La campagne s’adresse à tous les établissements, sociétés ou institutions qui se sentent interpellés par la vie sociale, économique et politique de leur milieu ou pour qui la diversité des voix dans l’information est importante. On va aller chercher le soutien de la communauté et on va leur demander de participer à cette relance-là, pour chacun des quotidiens.»

La campagne intitulée «Je coopère pour mon journal» se déploie dès cette semaine. Les personnes, organisations et entreprises qui le souhaitent pourront contribuer via la plateforme Web coopmonjournal.com ou lors de sollicitations qui se dérouleront dans les régions où sont implantés les journaux.

Lettres d’engagement

Les représentants des journaux de GCM demandent aux communautés respectives de signer des lettres d’engagement comportant des montants de contribution volontaire pour le démarrage de la coopérative de leur journal. L’objectif est de déposer une offre de reprise cohérente soutenue par un plan d’affaires viable sur un horizon de cinq ans.

«On demande présentement des lettres d’engagement, plutôt que de l’argent. On agit de cette façon-là en raison du temps très court qu’on a pour ramasser un montant important. Notre plan doit être déposé au plus tard le 25 octobre», précise M. Néron.

Les parties intéressées à reprendre les journaux ont jusqu’à cette date pour déposer une offre. Le comité provisoire est soutenu entre autres par le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité ainsi que par la Fédération nationale des communications de la CSN.

Au plus tard le 6 novembre

Il y a deux semaines, le syndic PricewaterhouseCoopers a fait savoir que les intéressés à GCM devront mettre certaines de leurs cartes sur la table s’ils déposent une offre visant à acquérir une partie ou l’ensemble du groupe de presse à l’abri de ses créanciers depuis août. Chaque acquéreur potentiel devra notamment indiquer le nombre d’emplois qui seront vraisemblablement maintenus et le traitement envisagé des accréditations syndicales.

Le syndic devrait présenter au plus tard le 6 novembre à la Cour supérieure du Québec l’offre jugée la plus avantageuse.

En août, GCM a reçu une aide d’urgence de 5 millions $ du gouvernement du Québec. Il traîne des créances approximatives de 26 millions $.

Le groupe de presse est aussi confronté à un déficit actuariel du régime de retraite des employés qui atteint 65 millions $ d’après la plus récente évaluation qui remonte à la fin de la dernière année.  Avec La Presse canadienne