Le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université est en grève depuis le 28 janvier.

Grève à la TÉLUQ: le syndicat crie aux briseurs de grève

Le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université, en grève depuis le 28 janvier, a très mal reçu l’appel d’offres lancé par l’employeur vendredi dernier afin d’embaucher des correcteurs externes pour que les étudiants encadrés par les tuteurs en grève puissent recevoir leurs notes.

«À notre avis, il s’agit de scabs», indique Guy Renaud, du conseiller syndical au conseil central Québec et Chaudière-Appalaches de la CSN auquel est affilié le Syndicat des tuteurs. Jeudi, les délégués au congrès du conseil central du Montréal métropolitain ont même manifesté devant les bureaux du premier ministre afin de réclamer son intervention.

«C’est un geste désespéré de la part d’un employeur s’acharnant à tenter de briser un syndicat, et maintenant de briser une grève, plutôt qu’à négocier avec ses enseignants. C’est plutôt incongru et scandaleux de la part d’un établissement d’enseignement public de cette envergure, surtout après des représailles envers la présidente pour ses activités syndicales», a déclaré Jean Lortie, secrétaire général de la CSN.

La CSN a rappelé que la TÉLUQ avait transféré en 2017 de l’encadrement d’étudiants à une entreprise privée, l’Institut Matci, et qu’elle tentait à nouveau de sous-traiter le travail de ses tuteurs. «C’est aberrant! Ce sont des personnes non employées par la TÉLUQ, n’ayant ni la formation ni l’expérience des tuteurs qui détermineront si ces étudiants obtiendront leur diplôme. Encore une fois, quelle sera la valeur de ce diplôme», s’interroge le vice-président et responsable du regroupement université de la Fédération nationale des enseignants du Québec de la CSN.

Le Syndicat, qui avait accepté une trêve médiatique en échange d’un blitz de négociation pour permettre aux étudiants de retrouver leur service d’encadrement et d’évaluation le plus tôt possible, se demande maintenant si la partie patronale souhaite réellement négocier. «Pour toute réponse, la TÉLUQ a décidé de confier notre travail à d’autres alors que nous sommes en grèves depuis presque cinq mois. Il est temps que la direction cesse de se moquer de nous et agisse comme un employeur responsable» termine Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université.