L’opposition officielle à l’hôtel de ville a dévoilé à la presse mardi une étude réalisée par IBI/DAA, firme spécialisée en planification, développement et aménagement urbain et régional. 
L’opposition officielle à l’hôtel de ville a dévoilé à la presse mardi une étude réalisée par IBI/DAA, firme spécialisée en planification, développement et aménagement urbain et régional. 

Grand-Marché: le site d’ExpoCité ne partait pas favori en 2010 [VIDÉO]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Québec21 remet en question une fois de plus «le choix politique douteux» de l’administration Labeaume d’avoir implanté le Grand Marché à ExpoCité. Cette fois, le parti politique brandit une étude de 2010 dans laquelle ExpoCité ne figure pas parmi les premiers sites recommandés.

L’opposition officielle à l’hôtel de ville a dévoilé à la presse mardi une étude réalisée par IBI/DAA, firme spécialisée en planification, développement et aménagement urbain et régional. 

«On refusait de nous la remettre en vertu d’un article de la Loi sur l’accès à l’information», précise le chef de Québec21, Jean-François Gosselin, qui avait essuyé plusieurs refus avant que le délai de prescription de dix ans arrive à échéance.

L’étude avait été présentée au comité exécutif de la Ville le 24 mars 2010, sans jamais être rendue publique. À l’époque, 11 propriétés municipales étaient à l’étude. Chacune était analysée en fonction de différents paramètres comme sa superficie, sa centralité et sa visibilité. 

Le site de la Pointe-aux-Lièvres arrive en première position. Suivent en seconde position, ex-aequo, le Centre récréatif Saint-Roch, rue Prince-Édouard, le garage municipal de la rue Marie-de-L’Incarnation et ce qui est identifié dans l’étude comme un stationnement municipal de la 3e Avenue.

Toujours ex-aequo, en troisième position, on retrouve le Parc Victoria et le secteur du Bureau d’arrondissement des Rivières, près du boulevard Pierre-Bertrand.

Au quatrième rang, 7e position pour Québec21, le site d’ExpoCité prend enfin place. Parmi les facteurs défavorables, ou qui n’apportaient aucune plus-value au choix du site, l’étude prenait en compte l’ambiance, l’absence d’un lieu de rassemblement public et la non-disponibilité du terrain.

Évidemment, dix ans plus tard, la donne a changé, diront plusieurs. En 2010, il n’y avait pas de place publique, ni amphithéâtre. N’empêche, le chef Gosselin se questionne.

«Le maire Labeaume doit nous expliquer pourquoi ils n’ont pas suivi les recommandations de l’étude. C’est un choix politique douteux et non un choix logique», soutient-il.

«Aujourd’hui, le maire proteste que les résultats du Grand Marché ne sont pas au rendez-vous. Le plan de redressement demandé au printemps doit être rendu public», conclut-il.

Cette sortie coïncide avec le congédiement la semaine dernière de Daniel Tremblay, directeur général de la Coopérative des horticulteurs, gestionnaire du Grand Marché. 

En juillet, la Ville accordait un prêt de 300 000$ pour aider le Grand Marché affecté par la COVID. Elle acceptait aussi de rayer de l’ardoise 1,7 million $ en redevance que devait lui remettre la Coopérative des horticulteurs jusqu’en 2022. Le maire Labeaume lui-même avait demandé plus d’animation sur le site.


« Le maire Labeaume doit nous expliquer pourquoi ils n’ont pas suivi les recommandations de l’étude. C’est un choix politique douteux et non un choix logique »
Le chef de Québec21, Jean-François Gosselin

En 2015, le rapport d’un comité dirigé par Daniel Gélinas sur l’avenir d’ExpoCité recommandait la démolition du vieux Colisée et l’installation d’un marché public ainsi que la démolition de l’Espace K, la présence d’une grande roue, de patinoires et de jeux d’eau sur le site entourant le nouvel amphithéâtre. 

L’exercice visait à dynamiser le site composé notamment du futur amphithéâtre, du Centre de foires, du Pavillon du commerce et de la jeunesse et d’Espace K.

Le maire réagit

Au bureau du maire, on a une toute autre version. «Les résultats de l’étude sur la localisation du marché ont été rendus publics par Richard Côté, alors responsable du dossier, en décembre 2009», commente Régis Labeaume. Richard Côté est actuellement chef de Cabinet de Québec21.

Après vérification, les médias avaient effectivement relayés l’information selon laquelle le Vieux-Port était le meilleur site pour un marché public, devant même les autres sites proposés.

«Les problèmes de contamination du site du Vieux-Port se sont avérés par la suite trop importants pour permettre le développement ou l’expansion du marché sur ce site. De plus, il était impossible d’agrandir le stationnement dont les difficultés d’accès causaient des problèmes de congestion», poursuit le maire.

Selon lui, si la même grille d’analyse que celle de l’étude de 2009 avaient été utilisée en 2015, le site d’ExpoCité aurait terminé au premier rang en raison des développements qu’il a connus entretemps.