Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, Jean-François Gosselin (à gauche)

Gosselin tape sur le clou des salaires à la Ville de Québec

Les salaires des employés de la Ville de Québec ont monopolisé l’attention du chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Jean-François Gosselin, lors de l’étude détaillée du budget, mardi avant-midi.

Pour chaque service de la Ville, l’équipe de Québec 21 a divisé la rémunération globale (qui inclut le salaire de base, mais aussi le temps supplémentaire et les avantages sociaux) par le nombre d’employés «équivalent temps complet» (ETC).

Aux directeurs qui défilaient devant les élus, le chef a donné systématiquement le résultat du calcul et demandé si cela correspondait bien à la réalité.

Jean-François Gosselin a d’ailleurs pris la peine de spécifier au directeur général, André Legault, qu’il allait «poser beaucoup de questions sur les salaires» et qu’il ne fallait pas «le prendre personnel».

M. Legault et les autres directeurs n’ont pu que confirmer les calculs, qui révélaient une rémunération globale moyenne dépassant les 100 000 $ par année. Après quelques répétitions, le maire Régis Labeaume a aussi tenu à dire que «ce n’est pas le salaire de l’employé, c’est faux» car le concept de rémunération dans le budget inclut aussi la contribution de l’employeur au régime de retraite et aux assurances, par exemple.   

À plusieurs reprises, M. Gosselin a aussi questionné les gestionnaires de la Ville de Québec sur la façon dont sont déterminés les salaires. Il s’est fait répondre qu’il y avait des conventions collectives à suivre pour les syndiqués et des échelles prédéterminées aussi pour les cadres. Ces échelles ont été élaborées par benchmarking ou comparaison avec des postes comparables dans les autres grandes villes du Québec et le secteur privé.

Le maire a encore une fois défendu sa philosophie de payer les cadres «comme l’entreprise privée». «On veut avoir des gens compétents et on veut les conserver», a-t-il justifié.

À M. Gosselin qui demandait si les salaires des dirigeants de PME étaient considérés dans l’opération, le maire a répondu que non sur un ton laissant poindre son exaspération. «On prend des entreprises comparables avec un chiffre d’affaires de 2 milliards $ avec 5000 employés.»

Le chef de l’opposition est revenu à la charge auprès des ressources humaines pour savoir s’il y avait une stratégie pour réduire le nombre de salariés de 100 000 $ et plus, dont le nombre a plus que triplé depuis 2010 selon des chiffres dévoilés par Le Soleil. «L’idée d’avoir une volonté politique de couper les gens qui gagnent 100 000 $ et plus, c’est ridicule», une «tactique politique», a répliqué M. Labeaume.

Après avoir spécifié que la majorité des hauts salariés étaient des policiers et des pompiers, qui échappent aux comparaisons avec le privé, il a répété qu’il fallait être concurrent avec le marché régional. «C’est pas une tabagie, c’est pas une petite compagnie de 4-5 employés, c’est pas ça qu’on gère. Il faut être capable de s’ajuster et comprendre comment ça marche une grande compagnie», a martelé le maire.  

Jean-François Gosselin a voulu avoir le dernier mot. «Juste pour que ce soit clair, je ne suis pas d’accord avec tout ce que le maire vient de dire», a-t-il conclu.