La carte Pulse, qui est accessible gratuitement en ligne, a une résolution d’environ deux kilomètres sur deux kilomètres.
La carte Pulse, qui est accessible gratuitement en ligne, a une résolution d’environ deux kilomètres sur deux kilomètres.

GHGsat dévoile une nouvelle carte des concentrations de méthane

Jean-Benoit Legault
La Presse canadienne
MONTRÉAL — La firme montréalaise GHGSat a dévoilé mercredi ce qui serait la carte la plus précise des concentrations mondiales de méthane jamais réalisée.

La carte Pulse, qui est accessible gratuitement en ligne, a une résolution d’environ deux kilomètres sur deux kilomètres. Elle est produite à partir des données générées par les satellites de GHGSat, conjointement avec des informations fournies par des partenaires comme l’Agence spatiale européenne.

Une version payante encore plus précise, avec une résolution de 25 mètres par 25 mètres, est aussi disponible.

«Nous espérons que Pulse mobilisera l’attention, stimulera les discussions et incitera les gens à poser des questions», a expliqué lors d’une présentation virtuelle, plus tôt cette semaine, le président et fondateur de la compagnie, Stéphane Germain.

Chaque pixel de la carte gratuite correspond à une zone d’environ quatre kilomètres carrés et est rafraîchi chaque semaine, de manière à présenter les émissions moyennes du mois précédent.

En comparaison, a dit M. Germain, la résolution des autres cartes est dix fois plus grosse, et les décideurs et scientifiques ne disposaient jusqu’à présent que de données vieilles d’un an ou deux pour travailler.

La carte animée permet de voir l’évolution des concentrations de méthane au cours des six derniers mois.

«Les concentrations montrées sont dans l’atmosphère, pas seulement au niveau du sol, a expliqué M. Germain. Les concentrations dans une région proviennent donc peut-être d’émissions dans une autre région.»

L’exemple du Grand Nord

Lors d’une présentation à la presse, il a notamment été possible de voir les fluctuations des concentrations de méthane au fil du temps dans le Grand Nord canadien.

«On sait qu’il n’y a pas beaucoup d’activité industrielle dans le nord du Canada, a dit Sarah Gallagher, une conseillère scientifique de l’Agence spatiale canadienne qui assistait au dévoilement de la carte.

«Les zones rouges (sur la carte) sont des sources naturelles de méthane. Une des conséquences importantes des changements climatiques est l’impact sur la fonte du pergélisol, ce qui peut influencer les émissions de méthane.»

En avril et en mai, quand la région est encore largement recouverte de glace et de neige, on voit essentiellement des zones vertes ou même bleues, qui correspondent à de faibles concentrations.

«Mais quand on entre dans l’été - juin, juillet, août - les couleurs commencent à changer vers le rouge, a dit M. Germain. Il est raisonnable de penser qu’il y a plus de méthane en raison de la fonte du pergélisol.»

Environ 40 % des émissions mondiales annuelles de méthane sont de source naturelle, a-t-il ajouté.

Des zones rouges sont aussi visibles là où elles sont prévisibles, par exemple dans l’ouest du Canada, au Texas et dans la péninsule arabique en raison des activités d’exploitation des hydrocarbures.

«Le potentiel de réchauffement climatique du méthane est 84 fois plus important que celui du dioxyde de carbone, le gaz à effet de serre que nous connaissons peut-être le mieux, a dit Mme Gallagher. Il est important de savoir où, quand et comment le méthane entre dans l’atmosphère. La réduction des émissions de méthane est un outil important dans la lutte aux changements climatiques.»

Une version prochaine de Pulse, encore plus sophistiquée, présentera non pas les concentrations de méthane, mais bien les émissions de ce puissant gaz à effet de serre.

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Sur internet:

https://pulse.ghgsat.com/