Québec 21 et son chef, Jean-François Gosselin, s’inquiètent des problèmes que l’absence d’un gestionnaire dans le projet du tramway pourrait engendrer.

Gestion du tramway: aucune soumission à la suite d’un appel d’offres

Aucune soumission n’a été déposée après un appel d’offres de la Ville de Québec concernant la gestion de risques du projet de tramway. L’opposition officielle exige des explications de la part de l’administration Labeaume.

Publié le 23 septembre, l’appel d’offres visait les services de professionnels pour «des conseils financiers, gestion de risques, assurances et garanties financières». La démarche a été annulée un mois plus tard après n’avoir reçu aucune soumission.

«Personne n’a couru le risque de vouloir s’occuper de la gestion de risques du projet de tramway. On fait quoi maintenant?» s’est interrogé Jean-François Gosselin. 

Québec 21 s’inquiète des problèmes que ce manque de services pourrait engendrer. Si les postes à combler de l’appel d’offres ne trouvent pas preneurs, est-ce que ça crée des problèmes «d’échéanciers, de coûts»?

«C’est préoccupant et ça amène de nouvelles interrogations, les rôles que les conseillers doivent jouer sont très importants et c’est maintenant qu’on a besoin de leurs services. Si on n’a personne pour jouer ce rôle-là, on fait quoi?» ajoute M. Gosselin, qui exige une réponse de la part de Régis Labeaume et ses conseillers. 

Et le rôle de Systra?

L’équipe de M. Gosselin s’interroge aussi sur le rôle de la firme Systra Canada, censée accompagner la Ville de Québec dans la réalisation de son projet de transport collectif structurant, dont la facture est estimée à 3,3 milliards $. 

«Systra est la firme qu’on paie 12,5 millions $ du côté de l’administration Labeaume pour les accompagner dans ce projet gigantesque. Eux ont de l’expérience. [...] Normalement, elle a certainement joué un rôle dans la rédaction de l’appel d’offres, pourquoi on n’arrive à aucun soumissionnaire, qu’est-ce qui s’est passé?»

M. Gosselin ajoute qu’il constate encore beaucoup «d’improvisation» de la part du maire. Il estime que les appels d’offres formulés par la Ville sont mal évalués. 

La Ville pourra encore modifier son appel d’offres en changeant quelques passages du document pour espérer un résultat différent. Ce n’est pas la première fois qu’un appel d’offres reste sans réponse. 

«Précisons que des entreprises ayant commandé les documents sur le portail d’appel d’offres ont été identifiées et que, selon le processus habituel, elles seront contactées afin d’effectuer un suivi et de valider les raisons pour lesquelles elles n’ont pas déposé d’offre», a expliqué David O'Brien, porte-parole de la Ville.

Un appel d'offres pourra donc être publié à nouveau pour les mêmes services recherchés. 

Une autre crainte de Québec 21 : si l’appel d’offres est revisé, et les coûts changent à la hausse, le montant investi pour le projet de réseau structurant pourrait encore augmenter.

«L’échéancier du projet demeure respecté et l’annulation n’entrainera pas de coûts supplémentaires, l’enveloppe globale du projet demeure la même», a répondu M. O'Brien à ce sujet.