Georgette LeBlanc a l’intention de passer beaucoup de temps dans cette bibliothèque du Parlement, lieu rendu indispensable, selon elle, en cette ère numérique.

Georgette LeBlanc: le goût de la poésie

OTTAWA — En se promenant dans la magnifique bibliothèque du Parlement, à Ottawa, Georgette LeBlanc se rappelle qu’elle avait été la dernière de sa classe à quitter ce lieu splendide lorsqu’elle était encore une élève à l’école secondaire.

L’écrivaine acadienne passera beaucoup de temps dans cette bibliothèque lambrissée au cours des deux prochaines années: Georgette LeBlanc a été nommée fin janvier au poste de «poète officielle du Parlement du Canada». Mais elle ne se destinait pas particulièrement à cette fonction officielle lorsqu’elle a visité la bibliothèque du Parlement, adolescente. Elle voulait alors être choisie pour devenir page.

L’écriture, elle, a toujours fait partie intégrante de sa vie. Déjà, dans son journal de fillette, dans la communauté de baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, et plus tard dans des poèmes en vers libres, Georgette LeBlanc découvrait que la poésie aide à appréhender la vie, même si l’écriture peut parfois être exigeante, voire angoissante.

Dans son processus créatif, la poète met l’accent sur la musique des mots, dans sa langue acadienne de la Nouvelle-Écosse. Son recueil Prudent, finaliste du Prix littéraire du gouverneur général en 2014 dans la catégorie poésie, évoquait par ailleurs le sombre chapitre du Grand Dérangement.

De Belle-Baie à Radio Radio

Elle a aussi collaboré à la scénarisation du feuilleton dramatique Belle-Baie, diffusé à Radio-Canada, mais aussi à l’album Havre de Grâce, de Radio Radio — c’est elle qu’on entend chanter en boucle «bâtie pour veiller tard» sur la chanson Galope (2012).

Georgette LeBlanc est la huitième à occuper ce poste depuis sa création au Parlement, en 2001. Elle devra notamment marrainer des lectures de poésie et conseiller les bibliothécaires du Parlement sur les acquisitions. Elle doit aussi créer des textes poétiques qui seront utilisés en particulier par le Parlement lors de cérémonies officielles.

Mais Georgette LeBlanc souhaite surtout insuffler le goût de la poésie. «Au plaisir de continuer d’écrire et d’inspirer la poésie, dans toutes ses formes pendant ces deux prochaines années. De célébrer et de faire connaître la langue poétique, cette parole individuelle qui enchante et régénère les quatre coins de ce nouveau monde», disait-elle lors de sa nomination.

Et elle a l’intention de passer beaucoup de temps dans cette bibliothèque du Parlement, lieu rendu indispensable, selon elle, en cette ère numérique. Cela oblige à ralentir et à réfléchir aux petites choses, aux émotions, à l’expérience humaine.