Daniel Gélinas ne vise rien de moins qu’un «succès unanime», comblant à la fois le public et les médias. Un seul intouchable a été identifié par le consultant: Bonhomme Carnaval.
Daniel Gélinas ne vise rien de moins qu’un «succès unanime», comblant à la fois le public et les médias. Un seul intouchable a été identifié par le consultant: Bonhomme Carnaval.

Gélinas au Carnaval: «un mandat très clair de changement»

Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil
L’ancien directeur général du Festival d’été de Québec, Daniel Gélinas, devient le cerveau derrière le renouveau du Carnaval de Québec. Il veut «ramener le wow» dans la grande fête hivernale et cible d’abord la clientèle de Québec pour mieux propulser la fête à l’international.

Le mandat de consultant accordé aux Productions Daniel Gélinas inc. a été confirmé mercredi par le président du conseil d’administration du Carnaval de Québec, Alain April.

«Le mandat de Daniel n’est pas de sauver le Carnaval car, comme vous le savez, le Carnaval n’est pas en péril et nous avons déjà parcouru une partie importante du chemin pour le consolider et lui donner de l’aplomb», a déclaré M. April. Il a plutôt parlé «d’établir un plan d’avenir pour assurer la pérennité» de l’événement, le mettre «au goût du jour». 

Avec la directrice générale Mélanie Raymond, dont les services sont toujours requis et appréciés, M. Gélinas se voit ainsi confier «un mandat très clair de changement». «Le Carnaval doit passer à une autre étape», a insisté le président du C.A.

Daniel Gélinas a dit intégrer l’équipe du Carnaval avec le désir de faire rayonner «la plus grande fête hivernale au Canada». Pour cela, il est convaincu qu’il faut d’abord aller «rechercher l’adhésion complète du public de Québec, le public numéro un dont le Carnaval a besoin pour grandir». 

M. Gélinas désire ainsi «ramener le wow, frapper l’imaginaire», surprendre les gens, leur faire plaisir. Il vise rien de moins qu’un «succès unanime», comblant à la fois le public et les médias. Il souhaite que les gens de Québec disent à leurs parents et amis: «L’année prochaine, il faut que vous veniez au Carnaval parce que ça va être extraordinaire.» 

Bonhomme intouchable

Un seul intouchable a été identifié par le consultant et c’est bien évidemment Bonhomme Carnaval, qui est connu «from coast to coast». «Ça demeure le branding le plus fort de quasiment tous les évènements au Québec. Je ne pense pas qu’il y a un événement au Québec qui a une reconnaissance aussi forte que Bonhomme», a souligné M. Gélinas, admiratif. 

Ce dernier a aussi prévenu qu’il n’était pas question de transformer le Carnaval en festival de musique: «On ne m’a pas engagé pour amener des shows de Lady Gaga et des Rolling Stones. On est ailleurs.»

M. Gélinas dit avoir accepté le mandat parce qu’il prévoit «avoir du fun», mais aussi parce qu’il veut faire un «tour du chapeau». «Après le Festival d’été, après le 400e, j’aimerais ça pouvoir réussir le même genre de succès avec le Carnaval. […] Évidemment, l’objectif, le défi est grand. Mais des grands défis, j’aime ça. S’il était petit, je le ferais pas.»

Est-ce qu’il en coûtera cher au Carnaval? «Moins cher qu’un joueur de hockey!» a blagué le principal intéressé, qui ne travaillera pas à temps plein sur ce dossier. «Pour engager des experts, il y a toujours un montant, mais on est satisfaits de l’entente qu’on a avec Daniel, très satisfaits», a ajouté Alain April. 

À plus long terme, le président du C.A. espère bonifier l’enveloppe budgétaire du Carnaval qui tourne autour de 9 millions $ actuellement. «On va voir où le travail de Daniel va nous emmener, mais définitivement, si on veut gagner une Coupe Stanley ou que Daniel puisse faire un tour du chapeau, le budget qu’on a actuellement va devoir être majoré. Pour faire un événement que la population locale va vouloir s’approprier, il faut créer des nouveautés», a justifié M. April, qui regarde tant du côté de la commercialisation que des subventions. 

Pour arriver à ses fins, M. Gélinas entend travailler «en vase clos» avec une équipe de cinq ou six personnes «créatives», dont la directrice générale du Carnaval et quelques membres de son conseil d’administration, et accoucher d’un plan final d’ici le printemps. Les changements à l’organisation et à la programmation pourraient s’appliquer à partir de 2019 et après. 

Le maire de Québec a salué l’arrivée de l’ex-dg du FEQ au Carnaval. «Ils ont besoin d’un peu plus de créativité, de changement. Il faut que ça redevienne une fête», a commenté Régis Labeaume. «Il faut que les gens s’amusent là-dedans. Ce qu’on n’a pas vraiment senti dans les dernières années», a-t-il poursuivi.

André Roy, directeur de l’Office du tourisme de Québec et lui-même ancien président du Carnaval, partage l’enthousiasme du nouveau venu. Il veut lui aussi une programmation plus riche et diversifiée pour «amener des gens qui ne viennent pas dans le moment». «Ça ne peut plus être juste des activités de contemplation. Maintenant, il faut que les gens participent. C’est là que ça va faire wow», dit M. Roy.