Sur la Rive-Sud, la Société de transport de Lévis permet aux véhicules avec trois passagers de circuler dans la même voie que les autobus sur la route du Pont. Un privilège appelé à disparaître quand une voie réservée centrale, dite en «site propre», sera aménagée.

Gaudreault ne comprend pas le covoiturage, s'insurge Caire

Le député Éric Caire estime que tous les passagers d'un véhicule - «peu importe leur âge, leur sexe et leur religion» - doivent compter quand vient le temps d'emprunter une voie réservée au covoiturage.
Le porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de transport a réagi fortement, mercredi, aux propos tenus la veille par le ministre Sylvain Gaudreault.
En entrevue éditoriale au Soleil, le ministre des Transports a statué qu'un parent allant reconduire son enfant à la garderie ne fait pas du covoiturage. «Il faut que ce soit deux personnes qui seraient en voiture», a précisé M. Gaudreault, donnant l'exemple de voisins qui voyageraient dans un même véhicule pour aller travailler à l'Université Laval.
«Apprendre que mes enfants ne comptent pas comme des passagers à part entière, je trouve ça à la limite odieux», a répliqué Éric Caire sur un ton courroucé.
Disant pousser la logique du ministre, M. Caire demande : «Est-ce qu'on va imposer aux autobus d'avoir un minimum de gens qui possèdent un permis de conduire et une voiture pour avoir accès aux voies réservées?»
Il n'hésite pas à dire que le ministre Gaudreault se «couvre de ridicule» en démontrant qu'«il ne comprend pas le principe même du covoiturage».
Selon le député de La Peltrie, «le principe du covoiturage, c'est que plusieurs personnes circulent dans le même véhicule». Et ce, «peu importe leur âge, leur sexe et leur religion». Il juge d'ailleurs inapplicable la surveillance de corridors où le covoiturage serait permis à condition de répondre à une série de conditions. «Je ne pense pas qu'on doit catégoriser les gens qui utilisent les voies réservées, on doit les quantifier», dit le politicien.
Celui-ci milite pour l'ouverture des voies réservées au transport en commun sur l'autoroute Robert-Bourassa à tous les véhicules comptant deux personnes ou plus, «comme ça se fait couramment dans d'autres provinces et aux États-Unis». C'est aussi le seuil évoqué par le maire de Québec, Régis Labeaume.
M. Caire n'a pas manqué de lancer une flèche aux partisans du transport en commun. «Malheureusement, je trouve que dans ces milieux-là, il y a une guerre à l'automobiliste comme si c'était un mauvais citoyen. Je pense qu'il faut être en mode recherche de solutions et non pas en application d'une idéologie particulière», a-t-il déclaré.