Gaspésie: le train se fait attendre... plus longtemps

La population gaspésienne désireuse de regagner le service de train de passagers de VIA Rail à l'est de Matapédia devra patienter au moins quelques mois de plus, puisque Transports Québec juge que des réparations supplémentaires doivent être réalisées d'ici le retour des convois.
Transports Québec a pris connaissance d'un rapport d'inspection déposé le 24 janvier par la Société du chemin de fer de la Gaspésie, propriétaire de l'emprise entre Matapédia et Gaspé. Le rapport portait principalement sur 19 «structures», des ponts entre Matapédia et New Carlisle, la portion visée à court terme pour une reprise du service de VIA Rail.
«On recommande de différer la reprise du service [...] en raison de la fréquence [insuffisante] des inspections, de la nécessité de faire des études de capacité portante [des 19 ponts] et de faire des études d'ingénierie [sur ces ponts]», précise Sarah Bensadoun, porte-parole de Transports Québec. Elle ajoute que ce ministère conclut que le «degré de sécurité [est] faible» entre Matapédia et New Carlisle.
Plan d'action demandé
Le ministère des Transports demande conséquemment à la Société du chemin de fer de la Gaspésie d'établir «un plan d'action détaillé pour la période actuelle, jusqu'au 31 octobre».
C'est ce même ministère qui a octroyé 27 millions $ à la Société du chemin de fer de la Gaspésie en 2012 et en 2013 pour réaliser les premières phases de travaux de remise en état du tronçon Matapédia-Gaspé, dont les besoins avaient été évalués à 93,5 millions $ pour cinq ans, en 2010.
Le directeur de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, Olivier Demers, rappelle néanmoins que le même rapport indique «que tous les ponts ont la capacité de prendre le trafic de marchandises et VIA Rail, si on respecte certaines zones de marche au ralenti». Il ajoute qu'il faudra plus que les 2 millions $ restants dans le fonds de réparation des ponts de la SCFG pour répondre au mandat de Transports Québec.
Le député fédéral de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, croit que VIA Rail et Transports Québec ont pour le tronçon gaspésien des exigences qu'ils ne montrent pas ailleurs. «On oublie aussi que les trains de marchandises continuent de circuler sur ce tronçon, et qu'ils sont plus lourds que les trains de passagers.»