Les organisateurs de la Traversée de la Gaspésie annulent la traversée «à bottines», qui devait débuter samedi.
Les organisateurs de la Traversée de la Gaspésie annulent la traversée «à bottines», qui devait débuter samedi.

Gaspésie: impacts «énormes» de l’annulation des grands événements

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
À la vue de flambée des cas de COVID-19 dans l’Est-du-Québec, les organisateurs de la Traversée de la Gaspésie annulent la traversée «à bottines», qui devait débuter samedi. L’annulation d’événements d’envergure est nécessairement une déception pour les participants, mais a aussi des impacts importants sur les entreprises étroitement liées à ces activités.

Hôtellerie, restauration, transport, etc. Nombreux sont les secteurs de l’économie gaspésienne qui sont intimement liés aux grands événements organisés année après année dans la péninsule. Pandémie oblige, bon nombre d’entreprises se sont vues privées d’une partie importante de leurs revenus provenant des touristes participant à ces événements à la suite d’annulations, notamment pour la période automnale. 

«C’est sûr que ça nous brise le coeur, mais c’est la bonne chose à faire», explique la présidente de la Traversée de la Gaspésie (TLDG), la femme d’affaires Claudine Roy, qui préfère annuler plutôt que de risquer d’être la source d’une éclosion en territoire gaspésien, jusqu’ici peu touché par la COVID-19. «La traversée donne du souffle à plusieurs entreprises de la région, on parle d’au moins 500 000$ de retombées partout en Gaspésie, c’est important», ajoute-t-elle.

Si elle salue la décision «difficile, mais nécessaire» de l’organisation de la TDLG, la présidente de la Chambre de commerce et de tourisme de Gaspé, Catherine Brilland, ne cache pas que plusieurs commerces et entreprises ressentiront les contrecoups des nombreux événements annulés ou reportés dans les derniers mois. «On parle d’annulations majeures dans le secteur hôtelier et dans la restauration, mais aussi d’impacts importants pour les commerces qui ont pignon sur rue, explique-t-elle. Normalement, ces événements-là, en fin de saison touristique, aident à passer au travers l’hiver en amenant des gens en ville», ajoute Mme Brilland.

Pour le directeur général d’Événements Gaspésia, qui a dû annuler plusieurs rendez-vous sportifs au cours de l’été et de l’automne, l’impact est majeur pour son entreprise, tout comme pour ses fournisseurs. «On a dû annuler 95% de notre chiffre d’affaires cette année, se désole Jean-François Tapp. Juste pour l’Ultra Trail Gaspésia 100, c’est environ 1500 personnes qui viennent à Percé. On parle d’au moins 500 000$ de retombées pour la région», précise-t-il. 

«Normalement, on achète pour au moins 10 000$ de nourriture et de bière, notamment chez la microbrasserie Pit Caribou, et on sait que les gens se rassemblent là le soir. Évidemment l’impact sera important pour eux, mais aussi pour les commerces de proximité comme les pharmacies et les épiceries», note M. Tapp. Ce dernier, qui est aussi propriétaire de l’auberge «Le Camp de Base», situé près de Percé, ajoute que l’annulation d’activités a des conséquences drastiques sur les taux d’occupation. «C’est clair que les événements et les hôtels sont étroitement liés. Quand on a annulé l’Ultra trail, je suis rapidement passé d’une occupation de 100% à 0%», se rappelle-t-il. 

Un été record, mais….

Même si la Gaspésie a eu un été record en termes d’achalandage, le bilan de la dernière année est loin d’être aussi positif, rappelle la présidente de la Chambre de commerce et de Tourisme de Gaspé. «Il ne faut pas oublier que, même si les hôtels affichaient complet pendant l’été, la saison touristique a commencé beaucoup plus tard que d’habitude à cause des barrières régionales. On a eu une période très, très creuse et ce n’est pas tout le monde qui peut tirer un bilan positif des derniers mois», note Catherine Brilland. 

Celle-ci est aussi inquiète pour les saisons à venir, particulièrement comme la clientèle automnale habituelle est surtout composée de touristes américains et européens. «On ne sait pas comment ça va se passer. C’est vraiment un gros point d’interrogation», conclut Mme Brilland, inquiète de voir certains commerces souffrir de l'achalandage plus que réduit par la fermeture de la frontière canado-américaine et la quatorzaine obligatoire imposée aux touristes étrangers.